Divers recueils

Éclats du Deuil

Ce poème prochain, présence à l’œuvre
poches, que tout ailleurs évide
pieds qui s'assemblent
que son souffle se glisse entre les feuilles mortes

L'écriture à venir
écorce de nos doigts
étoffe du silence
sur nos doigts presque bleus l'écriture à venir
de tout ce qui chuchote héberge la promesse

Le silence est à vendre
toutes taxes comprises!
Pulsations médiatiques en boucles
c'est du bonheur à prix cassé!
Emballages sous vide, emballages trop beaux
c'est qu'on a rempli nos âmes de grands chariots inoxydables!
Nuit et jour, sept sur sept, on teste
on gratte
le code-barres du désir livrera-t-il son secret?

Ces momies sous la cendre
comme une armée de l'ombre et d'étrange portée
ces momies sous la cendre
bandelettes antiques, sarcophages sans doute
vois leurs yeux enfoncés, paupières endeuillées
sur de sombres tisons qu'une mémoire inquiète

Jambes en l'air, pour célébrer cet enthousiasme
tout un cocktail à fleur de peau...
Jambes en l'air, pour célébrer cet enthousiasme
puis nous accosterons :
volières d'ombres
leurs ailes emplumées
                                                                                                           mais quelle étoile est sans chimères?                                                                                                           

Comme des funambules on s'adresse aux étoiles
accrochant des rêves souples
sur la corde givrée du Temps
creuser, chercher...
l'espoir est transparent, gonfle notre besace...
Enfin notre légèreté s'avance:
plus besoin de perfusions
ni de tente à oxygène!
Alors notre légèreté s'avance
nudité de son rythme
déhanchement ravi vers mille précautions...
c'est que la Terre tourne à l'infini
axe penché
beau miracle qu'attise un doute imberbe et fou!

Oreilles pleines de papier mâché 
on y célèbre la messe et même les yeux fermés!
Oreilles pleines de papier mâché
C'est que la fabrication des glissières de sécurité
flux tendu
permet d'envisager cet avenir et ce fracas!
Alors entendez le car c'est pour votre bien:
la mastication prolongée des coquelicots produit d'insoupçonnables
particules

On marchait sans savoir les rêves d'à côté
chagrins en chasse
nuages en réserve
pour que brûles encore
dans l'épaisseur mystérieuse des murs
nos traces...

Rien dans les mains, rien dans les poches
que quelques grains du sable où je m'efface
Peaux mortes du Temps qui passe...
Rien dans les mains, rien dans les poches
qu'un paquet d'insolence où briser en cadence
tant de rêves en rade, tant de rêves opaques...
Rien dans les mains, rien dans les poches
qu'une étoile filante où dérober le Ciel!
Ticket de caisse express!
dix mille points gagnants!
C'est pourquoi si je tendais les bras, plus haut
j'embaumerais l'Azur au-dessus des oiseaux!
C'est pourquoi si je tendais les bras, plus haut
carillons de ma chair, provision d'envergure
vous y verriez danser l'aile d'une hirondelle

Vrai bourdon sans espoir
Qu'en survivent les traces
Vrai bourdon sans espoir qu'on en suive les traces
Car la cendre est sonore aux archers du Désert...
Et je reste mains nues:
tête d'oiseau givré, les écoutant me dire
n'enterrons-pas ce rêve d'ocre!
Cécité de la Terre aux arches dépouillées
n'enterrons pas ce rêve d'ocre!
Car
C'est alors que viendront, barricades fertiles
mutations en couleurs, récépissé du Doute...
Car
éplucher une pomme au bout de chaque doigt
car déjà le Soleil en dessine les ombres
et ta main sur mes yeux referme son mystère

Escarcelles aux doigt, pupilles endurcies des succès de l'hiver
on naviguait au Ciel et sur du papier calque...
escarcelles aux doigts, pupilles endurcies des succès de l'hiver
pour que, surgies de nulle part:
bissectrices légères, épingles du compas
médiatrices sévères
qu'on trace à main levée
et ce double foyer des coniques parfaites!
Alors je sais le Temps mettra des circonflexes
couvrira nos insolences
alors je sais le temps mettra des circonflexes
juste au-dessus de nos impatiences...
ritournelle fragile en approche d'Amour
j'y recueille, sonore
cette salve est le chant des oiseaux migrateurs...

Brins de paille autour des yeux
et nos hanches tressées
la machine ronronne
nous épelle déjà...
Pas d'éclaircies prévues 
d’accalmie sur la Terre 
de répit face au doute...
alors on a plongé
un arc-en-ciel au bout de chaque doigt

Doigts de givre et poutres qui gémissent
l'orgueilleuse charpente du Doute
de mon rêve en secret suce les pieds tremblants...

Des olives noires on nourri ma colère
ton sexe en pressera les fruits!

Liberté surveillée, passagers sur écoute
liberté surveillée, ficelles électriques
les caméras sont aux aguets:
L'obligation de santé fait partie du cadeau!
Alors on ouvrira des pistes, des chemins de traverse
des passages secrets, des risques enflammés...
Maladroits de naissance on trace avec nos doigts
les jouets de l'enfance
écumes à venir
pour qu'à l'Amour s'ajoute
l'heureuse indifférence des pierres



Crémaillère du Doute, divine Vacuité
cette étoile ensemence une arche vagabonde
Pourrait-on prendre pieds?
Pourrait-on perdre pieds?
Déjouer nos racine?
Chemins en friche, margelles solitaires
et
si ta main les assemble au chevet du Grand Art
plus d'un oiseau guetteur!

J'ébrècherai c'est sûr
ce socle étroit de nos idoles blêmes!
Car la vapeur au-dessus des centrales
n'indique aucun chemin
car la vapeur au-dessus des centrales
m'indique son destin!
Alors
dans nos cuisses légères
ce bonheur de la marche a dépassé les bornes

J'ai creusé la Lumière ignorant le Désert
j'ai creusé la Lumière en marge d'une Absence...
Rares issues
qu'une haine de glace a rendu plus étroites
violence extrême
compression de douleur incarcérant le Doute
pourtant je reprendrai mon souffle
pourtant je reprendrai l'écoute
pieds à plat, mains légères
Perspectives anciennes
Qu'on tracera les yeux dans la lumière
Cercle du vrai
Et ces voix d'un Horizon que rien n'efface...

Division cellulaire, je veux mettre à la voile
emporter mes alarmes
division cellulaire, je veux mettre les voiles
forcer le tiroir caisse!
C'est qu'on n'est pas les enfants du par-cœur
c'est qu'on n'est pas les enfants du bonheur
un rêve est sous séquestre!
Et c'est qu'un paysage nous habite
plus précieux que nos yeux
guetteurs...
Les prisons surpeuplées seront vendues moins chères
taguées de rose
préfabriqués de verre, électronique en prime!
Alors
division cellulaire on s'étire la peau
division cellulaire on s'enroule aux étoiles
Et ta main sur mes fesses 
nous accroche l'ivresse
et ma main sur tes fesses
cette souplesse est dans nos cœurs
racines à l'envers

Une prière est dans ta paume
pollen microscopique
et volatile
et maintenant c'est sûr
la cible du bonheur est courbe

J'accours et je franchis les murs
les murmures de sel, marmonnements de fer
j'accours et je franchis les murs:
cette langue est du feu qu'on jette aux chats perchés!
J'accours et je franchis les murs
les murmures de sel, marmonnements de fer
ne pas vendre la mèche!
On se serre les coudes, on se lèche parfois
humides, fauves et droits
quand bien même à genoux ce serait plus facile

Mais le vent sans égal bousculera c'est sûr
nos armes
fusée clinquante l'air
refait sa transparence
mais le vent sans égal assèchera c'est sûr
nos larmes...
Abeilles d'or, abeilles laborieuses
tirez-vous vite
de tous ces murs amoncelés

Si le Temps nous accueille
arrondissant la jambe du compas
si le Temps nous accueille
Demain?
c'est quand demain déjà?
on grattera le dos des anges...

Mères des étoiles givrées
pères des vertiges féconds
entre vos cuisses
m'absout ce lait!

Les mains qui nous attendent au grand jamais ne sont
des prières en l'air...
Les mains qui nous guérissent au grand jamais ne sont
des étoiles filantes...
Les mains qui nous assemblent au grand jamais ne sont
des chagrins sous la cendre...

Traces de leurs doigts dans les champs de coton
cicatrices visibles, cicatrices obscènes
encore qu'à retaper l'Azur on voudrait bien se dire
les yeux pleins de charbon
c'est déjà de l'Histoire ancienne...
Traces de leurs doigts dans les champs de coton
l'hélicoptère est bleu
Traces de leurs doigts dans les champs de coton
L'hélicoptère est bleu
nuit!
Vol stationnaire d'insecte
prédateur aveuglant, prédateur aveuglé
assourdissant et sourd!
Mais dans le soir on découvre un silence
notre silence
on espère déjà
on espère quand même
douceur humide des racines...

Aux génoises du Ciel, incrustations sonores
j'accroche l'impossible...
d'une vie qui s'enroule aux anneaux de Saturne...
Satellite du Doute, souffler n'est pas jouer
on se dit qu'on résiste aux rêves automates
à la vie calculée, neurones en séries:
y croire et seulement y croire
l'hirondelle est en feu son nuage l'appelle!

C'est aux cris des oiseaux
moqueurs
qu'on accroche l'Ivresse!
Raccommodant l'Azur, leurs ailes
au jeu divin jamais
fidèles...
Et les mots nous encerclent c'est sûr!
Et les mots nous enroulent c'est sûr!
car c'est paupières accordées qu'on approche à tâtons
ce grand Vide à l'envers où claque l'espérance

A tes mais en absence j'envoie
des spirales de verre...
spirales ajourées
bleues!

Un chapeau de varech et les dents aiguisées
sous des soleils d'impatience
épandage du Doute
Un chapeau de varech et les dents aiguisées
on se donne des airs
ressembler à l'Indien qui rendait à la Terre
ce qu'elle lui avait donné!
Vivantes chevauchées, corps nus
corps peints
hiéroglyphes du Ciel
cette transe à nouveau s'enflamme et c'est le Chant
l'impossible calcul de toutes nos errances

Un coucou qui s'obstine
amours facultatifs
Un coucou qui s'obstine
intermittentes algues
rien
ni dans les mains, ni dans les poches
n'augure de la suite...