Le café du matin : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre... Nouveau départ Que tout puisse recommencer!
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Sur chaque table sa nappe vichy serviettes assorties moules, frites, steaks de taureau grillés feu d'bois et retraités bronzés à point...
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Chérissons nos jardins, fleurissons nos maisons... Vite! Sans attendre demain, l'Amour nous y invite Depuis la nuit des temps sa présence fait signe Sûr! déjouons le destin, enchantons-nous du reste
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Cette langue m'habite et rehausse d'un bloc chu de nos mains expertes leur douceur attentive au miracle scellé dans ces ombres sauvages dansantes et trouées... Caresse d'un Mystère où l'on s'avancerait paupières accordées, paupières abaissées... Puis me courbant ça et là j'ai glané quelques bois flottés dispersés sur un sable accueillant pour un temps l'empreinte de mes pas... Me courbant ça et là j'ai glané quelques bois qui flamberont sous peu dans le poêle allumé puis me suis avancé sur un amas crissant! Minuscules coquilles, coquillages anciens par milliers entassées inexorablement séchées, vidées, brisées ou concassées... Car les eaux du printemps reculant peu à peu peu à peu s'effaçant, peu à peu s'absorbant aux rayons du Soleil les auront sacrifiées
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Je tiendrai ce carnet de mes pas de travers de mes pas de côté, de mes pas escomptés pour y coucher l'odeur du fumier qu'on épand sur les champs alentours espérance d'avril, étirement des jours du Silence d'un dieu caché Seul dans ma tête au fracas du torrent qui largue ses amarres... Je tiendrai ce carnet de mes pas de travers de mes pas de côté, de mes pas escomptés pour y noyer l'émoi que nous offre l'oiseau filant à tire d'ailes son seul cri sans appel partageant notre Ciel en deux moitiés égales!
Passages obstrués, alvéoles secrètes, cavernes oubliées la musique déplie cet espace intérieur où dorment enfouis mais les yeux grand ouverts tant d'amours au secret sous leurs ombres portées
J'élargis la dépense énergique et fluviale en quête du passage et franchirai la ligne où les eaux se partagent en chagrins égaux
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De Lascaux à Rothko les bisons sont offerts de Lascaux à Rothko les bisons sont à l’œuvre, de Lascaux à Rothko les bisons sont en rut! Les voici par milliers qui font trembler la terre leur puissance au galop fait voler pour longtemps le sable et la poussière grondements inhumains de sabots déferlant par milliers dans la plaine formidable nuage effaçant peu à peu le disque du Soleil quand au fond d'une grotte au moindre courant d'air ont vacillé les flammes... De Lascaux à Rothko la force d'un esprit s'empare du sujet déforme l'évidence dilate ces objets qui font nos habitudes tissent des souvenirs, retiennent nos élans pour repousser leurs bords jusqu'au-delà du cadre où ils étaient tenus immobiles et cois serrés contre leur grès les uns contre les autres... De Lascaux à Rothko la force d'un esprit s'empare du sujet déforme l'évidence pour n'en garder bientôt qu'une unique couleur intense et magnétique qui vibre et nous absorbe nous projette bientôt, tournant et tournoyant jusqu'au fond d'un réseau de cavernes immenses où règnent un à un, où règnent au galop ces bisons rehaussés d'une lumière étrange
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J'ignore la sortie d'où l'on échappe au doute ni ne puis être sûr de la trouver un jour... Je ne veux pas savoir qui a lâché les chiens, ni comment, ni pourquoi... Mais ne puis écarter venus d'un peu partout leurs aboiements furieux! Je ne pourrai jamais te feindre d'ignorer le désastre à venir mais j'apprends toujours mieux à regarder de près ce sourire à tes lèvres cette couleur de peau, ce galbe de ton sein, cet éclat dans tes yeux ce Jardin parfumé qui m'attire et m'absorbe en sa moiteur exquise... Je n'ai pas le secret du moment qui pour moi sera "l'heure de l'étoile" définitive et sûre. Au clairon de midi? Un soir de clair obscur? Au mitant de la nuit? Mais je sais qu'elle viendra sans recourt ni sursit intraitable et si douce en me fermant les yeux...
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A genoux sous un drap de fortune je prie pour qu'échappe en riant, pour qu'échappe en dansant aux idiots de service, aux imbéciles heureux, aux doctes satisfaits la raison d'un vieux fou qui ne tient plus en place!
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Tes lèvres sont un fruit qui m'attirait hier qui m'attire aujourd'hui, m'attirera demain... Tes lèvres sont un fruit magnétique et vois-tu? Ma boussole s'affole et j'ai perdu le nord!
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J'ai retourné tes mains comme ces coquillages qu'on trouve sur le sable où la mer se retire... J'ai regardé à l'intérieur de l'une, j'ai regardé à l'intérieur de l'autre puis les ai réunies pour les mettre au secret d'une poche percée!
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Phonèmes enfilés sur le fil du rasoir chapelets qu'on égraine en son for intérieur paroles virtuelles, paroles en puissance, paroles imminentes d'un chant qui, en secret, prépare son envol! Accouplant l'ouverture avec son occlusion... aux variantes d'un son jouant sur sa hauteur son timbre ou sa couleur succèdent chuchotis, raclements, sifflements d'un organe qui recule, se ramasse, vient frôler le palais, se pousse vers les dents... Phonèmes enfilés sur ce fil du rasoir suite qui nous épate, nous déroute et nous perd nous donne le vertige en boucles et loopings mille bifurcations, autant d'alternatives approche d'un futur non encore advenu l'hésitation passant d'un côté puis de l'autre chaque mot s'essayant, s'éprouvant, s'absorbant dans l'écoute des autres préparant son départ, amorçant son envol, adoubant ce mystère d'un sens qui paraît en s'échappant de soi. Phonèmes enfilés sur ce fil du rasoir l'écriture en silence attendais ce moment pour les saisir au vol, les ramener au sol en fixer l'ossature, les rythmes et les sons, nouvelle partition! Entêtement d'un chant qui a beau se débattre, clamer son innocence pris au piège d'un trait, d'une marque ou d'un geste quand sur le papier blanc des lettres on jetés leurs filets d'encre noir... Entêtement d'un chant qui a beau se débattre, crier son innocence pris au piège d'un trait, d'une marque ou d'un geste belle forme arrêtée d'une lettre qui frappe! Enfermé dans l'espace d'un livre ce chant invisible et couché, immobile et muet conserve le secret de sa résurrection...
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La Chance du panda nous offre ce Courage d'aller dans la patience abaisser nos défenses relevant notre herse enlevant nos épines, nos échardes anciennes, amertumes d'hier... Sacoche en bandoulière ou larguant les amarres vent arrière, vent debout on veut hisser les voiles loin d'un flot continue d'images arrangées pour capter l'attention assiéger nos cerveaux pénétrer sans façon nos âmes égarées nos âmes affligées... La Chance du panda nous offre ce Courage d'aller dans la patience adoucir nos écailles réparer nos entrailles, cicatriser nos plaies souvenirs enfermés dans de lourds sarcophages...... Chemins creux de l'exil on s'est enfui très loin de l'orage qui gronde ce fracas d'explosions surgi sans prévenir des bouches de l'enfer supprimant pour longtemps toute trace de vie, tout élan spontané, tout signe avant-coureur... On est parti très loin n'emportant avec nous qu'un rêve d'avenir de fuite sans retour et d'oubli sans remord. Courir à perdre haleine, ne savoir où aller, foncer tête baissée s'écrouler dans les bras d'un repos qu'on savoure à l'ombre des grands arbres qu'on lance jusqu'au Ciel, ramures emmêlées pour observer enfin la mousse qui s'accroche aux souches pourrissantes refuge disloqué d'insectes affairés royaume où le lichen abrite son ouvrage en barbes en dentelles... La Chance du panda nous offre ce Courage refermer sa besace, reprendre son bâton, lever les yeux au Ciel pour sentir son cœur battre aux attentes nouvelles... Sensation de penser qui s'accorde à la marche chaque pas vient rythmer cette suite d'images, soudaines impressions mélodie des idées, vagues réminiscences pensées qui se succèdent, s'accélèrent, se chevauchent au grès de nos étonnements indices aperçus, énigmes effleurés, signes à deviner dans l'instant qu'on les croise... Paysage aperçu, approché, accosté de si près que le regard s'y perd quand la main qui tâtonne impatiente et curieuse y rencontre une feuille, le rugueux d'une écorce les écailles durcies d'une pomme de pin sur son tapis d'aiguilles morceaux éparpillés d'une terre d'accueil ouvrant d'autres espoirs La Chance du panda nous offre ce Courage d'aller dans la patience adoucir nos écailles enlever nos épines, abaisser notre garde sensations échangées, sensations adoucies, sensations partagées accordant notre lyre aux fortunes d'amour, aux caprices du vent, aux surprises du Ciel aux risques partagés de nouvelles approches savantes et chargées d'intimité précoce
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La mort n'est rien pour nous qu'un Néant qu'on approche et quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse pour éteindre les feux, couper tous les accès elle attend sur son aire éternelle Absentée... Quand son heure est venue nous nous n'y sommes plus!
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Quelle abeille obstinée Elle n'en finit pas de frapper! La vitre lui résiste! Mais qu'a-t-elle donc en tête? Elle semble ne rien comprendre à la situation
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Rallier le Silence aux musiques spectrales pulsations étirées, contractées, glissements auditifs, transitions sidérales indiquant l'au-delà d'un visible éphémère dix mille séductions, dix mille tentations quand le vent tire fort sur nos cheveux d'avril les entraînant là-bas, les entraînant par force loin des caveaux garnis de spectres assidus décryptant l'hallali dans leurs chiffres obscurs... Respectons le chagrin des peuples autochtones et gardons de l'Oubli ce passé douloureux silencieux gardien des enfants à venir... La science révèle en chiffres et calculs statistiques et graphes un chemin que domine une loi nécessaire... Chacun peut en tirer des leçons pour lui-même: de nouvelles envies, de nouveaux appétits ou bien l'écartement d'une heureuse Sagesse à cultiver de jour, à cultiver de nuit à cultiver sans cesse et sans modération car il faut écouter la nature qui parle au plus près dans nos cœurs
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Les vois-tu maintenant ces fleurs du magnolia nous ouvrant leurs coroles, nous offrant ce calice d'un blanc mêlé de rose et tirant vers le mauve? Et le vois-tu là-bas ce jaune des jonquille ce bleu des myosotis, ce rouge des tulipes? Car c'est une évidence, on n'en peut plus douter chaque jour sur la nuit la lumière a gagné du terrain... Entends-tu qu'au matin les oiseaux tout autour s'en donnent à cœur joie? Partout dans la campagne aux armes du printemps cerisiers ou pommiers sont en habits de fête! Et sens-tu maintenant dans ta tête grandir déjà prête à semer l'insouciance et le rire l'insolente, impatiente et frivole gaité?
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Que tes cheveux de geai me cachent la lumière trop nue, trop crue et ta lèvre en douceur, qu'elle aimante les miennes trop sèches, trop rêches et ce noir dans tes yeux qu'il m'absorbe et me noie quand ton sein généreux m'aura rempli de joie! Car ta peau de sirène effaçant ma douleur depuis longtemps déjà m'a tapissé le cœur... Car ta peau de sirène écartant sa douleur depuis longtemps déjà s'est tapie dans mon cœur
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Qu’on se mette à genoux, qu’on veuille rester droit qu’on ait les yeux ouverts ou veuille les fermer on s’est mis à prier que revienne ce jour le temps des enchanteurs et des enchanteresses… Fruit d’un ombre portée de la Nécessité ils mouilleront la cendre en mêlant à leurs larmes la salive des morts, y tremperont leurs doigts traceront sur leur peau d’étranges arabesques hiéroglyphes hirsutes, signes annonciateurs énergie concentrée depuis la Nuit des temps d’un essor imminent hors nos failles obscures… Qu’on se mette à genoux, qu’on veuille rester droit qu’on ait les yeux ouverts ou veuille les fermer on s’est mis à prier que revienne ce jour le temps des enchanteurs et des enchanteresses… Leurs aubes n’iront plus nous tirant vers un Ciel alourdi de Silence et chargé d’un grand doute et les soirs n’auront plus l’amertume tenace souvenirs remâchés de tout ce qui n’est plus n’aura jamais été… Que la nuit se retire on ouvrira les yeux pupilles à l’affût des surprises du jour fantaisies, impromptus, grâces inattendues! Qu’elle fasse retour on fermera les portes sur nos humbles secrets, tirant de lourds rideaux pour assembler nos fronts dans le cercle des lampes. Qu’on se mette à genoux, qu’on veuille rester droit qu’on ait les yeux ouverts ou veuille les fermer on s’est mis à prier que revienne ce jour le temps des enchanteurs et des enchanteresses… Leurs mains viendront fouiller l’entassement des ruines et caresser le froid mutique des foyers y traçant à dessein cette fécondité… Leurs doigts effleureront la blancheur des corolles couronne en majesté, couronne disculpée initiant ce pistil aux ivresses du cœur Leurs doigts effleureront ce pollen inconstant couronne disculpée, couronne disloquée dissipant ce vertige aux pieds du Grand Amour
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Le vent souffle en rafales, écrasant au passage sur les carreaux vitrés trois gouttes égarées... En ce matin d'hiver et toute fin de février la lumière en retrait d'un jour qui lui échappe disparaît dans le gris de nuages mêlés
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Une fleur serait-elle suffisante et ceci quels qu'en soient le parfum, la couleur ou la grâce pour dissiper les nappes du brouillard? Et ta main repartie vers d'autres horizons serait-elle nécessaire, sera-t-elle suffisante pour alléger d'un coup l'incrustation du Doute?
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Tu m'as massé la nuque et vers les omoplates j'ai senti la pression de tes doigts en douceur glisser de-ci, glisser de-là libérant la tension trop longtemps demeurée captive et douloureuse
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L'attente qu'on habite est l'abri d'un accueil mille surprises, discrètes, furtives venues se glisser jusqu'au cœur incertain lunatique et changeant, d'une âme vagabonde... Inextricable et foisonnant réseau de neurones enchevêtrés! Le temps s'étire et nous traverse, nous offrant sa richesse généreuses largesses... Nourriture sensible, nourriture mentale, nourriture céleste qui chaque fois s'échappe, s'envole et disparaît sitôt qu'on veuille la saisir
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Le Temps refait surface, l'attente est à l'honneur, l’intervalle est requis surgi de nulle part, à nul autre pareil, indomptable et farouche le poète suspend la litanie commune où chacun s'est perdu dans un oubli des autres et dans celui de soi
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Ce matin tôt dans le tram mon cerveau embrumé m'indique qu'au retour un allongé en terrasse avec ou sans croissant, sucré de préférence face au Soleil encore bas de cette fin janvier surtout les yeux fermés ça serait l'idéal!
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Encore tôt ce matin sur un bord de la place à même le trottoir à l'entrée d'une banque écoutant sa playliste et comptant la monnaie "Un ticket-resto? De la monnaie? Un sandwiche? Une cigarette?" Le panneau devant lui affiche les attentes...
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Amour est ce carquois d'innocence fléchées l'impatience y perçoit des chemins de traverse des chemins d'à côté quand l'oiseau sur sa branche y chante l'insouciance maintenant que ta peau se découvre à la mienne inquiétude vaincue, chagrins évaporés... Effaçant la tristesse au parfum d'amertume de la tombé du jour aux attentes de l'aube dans tes yeux j'ai sourcé les éclats d'un bonheur dont l'attente est déjà l'aveu d'une promesse qui réclame son dû, savoure sa fraîcheur
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On progressait à la descente, on progressait dans un sous-bois qu'éclairait de côté un Soleil encore bas encore pâle et voilé de cette fin janvier... Le regard attentif aux roches qui surnagent interrompent la marche, coiffées de mousse ou de lichens on descendait le dos de cet affleurement géologique évidemment... Les verts sombre du houx s'accrochant, vigoureux, aux basques de fayards élevant, dénudées leurs cimes tout là-haut avaient semé partout leurs billes toutes rouges
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Dans un tram ce matin, à peine assis j'ouvre en grand mon bouquin... A côté de moi deux femmes jeunes La parole circule, s'échange de l'une à l'autre, rapide et passionnée Il y est question de coiffeurs et de coiffures, de crèmes et d'onguents de masques de beauté en lutte contre l'age J'apprends même qu'en de certains pays d'Orient on trouve des produits super à base de bave d'escargot! Je renonce vite à lire un livre où tout se passe, mais allez-vous me croire? Dans un salon de coiffure!
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Aux grands arcs de Silence et de portes cochères dont un pas de côté libère l'énergie main levée qu'un Hasard a décroché du Ciel dérivant à ce jour à des années lumières d'un Centre qui n'a plus que sa Chance à offrir
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Creuser dans nos attentes faire le tour de nos Chances réinventer le Doute... D'un jour à l'autre et sous nos yeux la lumière sans cesse changeante et toujours aux couleurs du Paysage
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Enfants éparpillés vers tous les horizons en tout bien, tout honneur et toutes circonstances hirsutes et vacants, dépouillés, chute libre héritant d'un partage incrusté de misère d'injustice cuisante ou de chagrins austères poursuivant un dessein de riches ornements de secrètes fiertés, d'étonnements sans fard...
Enfants éparpillés des quatre coins du Monde fécondant le tracé d'anciennes filatures dont les draps trop usés séchèrent au Soleil déroulez maintenant l'écheveau de vos rêves dressez vos cris d'alarme et vos cris de révolte défiez du destin l'aveuglement obscène dont la bouche furieuse éructe l'anathème!
Enfants éparpillés ni d'Eve ni d'Adam n'ayant trouvé d'issu que trop tôt ou trop tard morveux, minots, chiards vous apprenez déjà la langue des étoiles qui ne parle qu'aux yeux, ne s'adressant qu'au cœur puissance infatigable sûre contre vents et marées brandissant l'oriflamme aux couleurs de son sang...
Enfants éparpillés du Doute qui résiste paroles de Silence, paroles en disgrâce semence d'un envol équilibrant nos traces
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Plutôt que ressemblance lassants regroupements d'équerre ou de compas uniformes sanglés, le doigt sur la couture poésie bien rangée ou rien ne contredit les rimes arrangées cadences attendues, silence dans les rangs! Plutôt que ressemblance, me chaut la différence écarts et contretemps Musique qui déploie ses horizons cosmiques grincements harmoniques, syncopes à la clé, breaks! multiples variations, transpositions, variantes ou versions sous auspices d'Amour aux largesses fécondes dont les flancs sont chargés de nos nuits d'espérance
Plutôt qu'indifférence apparences blasées, haussements d'une épaule contentement de soi sur zone balisée sur zone de confort pour que rien ne dérange une inertie repue... Plutôt qu'indifférence, me chaut cette impatience d'une curiosité qui jamais ne nous lasse et jamais ne s'épuise généreuse Ouverture attentive à saisir, au passage, en suspens ce détail qui surprend, retient, aiguise l'attention... Esprit fidèle à ce caprice d'une quête sans fin de ses propres audaces
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Tant qu'il est encore temps de faire battre monnaie à l'effigie du Verbe je m'aime en poésie, en rimes et dentelles ma langue de vipère et d'amour en jachère déroulant ce filin de haute Solitude! Étoiles en sursis, neurones en alerte barbelés d'insolence et de coups de théâtre où viennent s'accrocher le sens et le non-sens l'un se gardant de l'autre et fécondé par lui...
Tant qu'il est encore temps de courtiser la Chance je l'aime en poésie, en strophes et lanières débouté, mal assis, neurones en bataille construisant peu à peu cette chambre d'échos bricolage opportun invitation sonore aux langues à venir où les mots affamés, rares ou trop usés se bousculent déjà pour virer bord sur bord, toutes voiles dehors accueillant à l'envie l'envolée du Hasard...
Tant qu'il est encore temps de jouer son va-tout on s'aime en poésie, cette Lune à deux faces affichage d'un verbe à l'enseigne du rêve et de tout cauchemar... Fantômes en vadrouille, rayons crépusculaires, chagrins endimanchées invocation d'un soir aux promesses de l'aube beau souffle où s'est noué l'agitation d'un Seul au chant d'une sirène ondoyante et vorace
Car déjà c'est écrit nos chagrins d'ici bas s'en iront tête-bêche ressuscitant l'Amour et partageant le reste
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Ça y est l'hiver est de retour! La neige est revenue là-bas, au loin sur les hauteurs redessinant ce soir avec la brume et les nuages bas un paysage en noir et blanc... On a provisionné le bois pour être prêt ce moment là et que le poêle diffuse une chaleur très attendue et qui bientôt remplit toute la pièce tandis qu'un ronflement léger nous parle et nous rassure... D'orange et d'or la clarté de sa flamme dansante bientôt se glisse à l'intérieur de l'âme
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Oublieux de la suite et du qu'en dira-t-on pieds nus aux Seuls sables mouvants j'abandonne mes traces
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Univers qui s'évase au-delà de ce Monde surgissant de l'abîme à des années-lumières fontaine de jouvence et d'extase cosmique prédisant l'avenir en équations célestes! Univers qui s'évase au-delà de ce Monde - abreuvoir de l'Oubli - réserve inexplorée d'étoiles en transit voici venu le Temps des âmes galactiques! Pourtant vois-tu nous resterons mains nues cendres des cimetières poussière dans la bouche et paumes ajourées tisonnant les reflets d'un beau rêve en sursis... - Panier percé du Doute qui résiste! - Pourtant! Au-delà de nos doigts maintenant ajustés contre vents et marées loin des fumées en deuil et du bruit de crécelle d'automates précis qui jamais ne se plaignent aux Noces du printemps je vois venir les hirondelles!
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Aïe! Ça pique le piment! Ayayaïe! Et le cactus aussi! Bzzz...bzzz...Alerte! Un moustique! Bziii...bziii...aux abris il attaque! Plic-ploc, plic-ploc, plic-ploc quoi de plus agaçant qu'un robinet qui goutte? Kring-krang, kring-krang, kring-krang... un matelas qui grince? Crou-crou, crou-crou...roucoule le pigeon qui n'en a rien à faire Glou-glou, glou-glou, glou-glou quand tout fou l'camp rien ne va plus glou-glou, glou-glou, glou-glou à même le goulot buvons encore un coup!
En Camargue aux aguets... chaque déclic est un chef-d’œuvre! Aïe! Encore un de ces sacrés moustiques!
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De tout ce qui nous parle on entend le murmure plus sincère et plus beau que slogans et mots d'ordre colonisant l'espace, menaçant nos oreilles, occupant nos cerveaux...
De tout ce qui nous parle on entend le murmure plus sincère et plus beau que ces pubs mensongères clinquantes éphémères fabriquant nos envies, inventant des urgences érigeant le bonheur en images factices!
De tout ce qui nous parle on entend le murmure musique qui s'obstine en-dessous du vacarme gazouillis des fontaines, gémissements du vent crépitement d'un feu dont tu détiens la clé à l'orée d'un Silence où renaîtrons nos cendres
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Muse inique et frivole, sauvage prêtresse d'un amour aux voluptés antiques parfaitement plastique toujours tu t'amuses et te ris de mes acrobaties tardives séductions d'un verbe tentateur qui ne veut rien lâcher sur le temps qui lui reste...
Muse inique et frivole, sauvage je te dois le respect qu'on doit aux assassins de leurs propres chimères farfouillant les secrets de leurs propres entrailles contagion d'un délire aux ombres fantastiques et dont on craint le rire autant que la caresse
Muse inique et frivole, sauvage carillon de ma chair aux ordres de Vénus en mémoire d'un rêve aux accents de velours inachevé toujours je veux suivre le cours de mes divagations, dissociations me risquer sur ce fil au-dessus de l'abîme étroitesse du Doute sincérité d'un masque à nul autre pareil trouvailles éphémères, sonores et toxiques!
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Si tes seins font la paire au concours de beauté (premier prix d'excellence à l'unanimité!) d'une main je m'attarde en apprécie le galbe autant que la chaleur en mesure l'ampleur... De l'autre j'ai glissé jusqu'à tes doigts de pieds voulant les réchauffer m'assurer qu'aucun d'eux ne se soit fait la belle ne manque à son appel! J'aurai toute la nuit pour en faire le compte l'un après l'autre, le compte et le décompte du bout de chaque doigt, dans un sens ou dans l'autre...
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Une abeille obstinée butine aux alentours Ton geste, déjà pour moi refait la transparence
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Tout poème oublié dont les traces s'effacent trahissant sa mémoire emportant avec lui le nom de son auteur... Et celui qui, trop libre, trop obscène ou grinçant qu'une censure aux ordres, aveugle ou fanatique aura livré d'un geste aux flammes du bûcher se retrouvent poussière ou sables au Désert...
Tout poème qui manque à l'appel du grand large dont les mots sont encore en attente du choix pour tout ce qui navigue au plus près de sa Chance vent arrière, vent debout provoque l'avenir, appelle un horizon... Le détour d'un sentier, le cercle de tes hanches le trajet d'un oiseau, l'acquiescement du Ciel suffiront à combler les attentes du jour.
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Poème en résistance à l'apogée du Doute préparant en secret ses musiques nouvelles du Levant au Couchant d'un unique Soleil dépliant l'horizon d'une Présence au Monde
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Serait-ce une peau noire aux multiples nuances? Une peau qu'on dit jaune aux teintes ivoirées? Ou bien blanche d'un blanc mélangé, ça c'est sûr? En attendant ma main qui s'approche en douceur de cette peau ignore la couleur... Elle en reçoit pourtant, elle en reçoit déjà le don d'une présence tendresse qui rassure, énergie qui se donne Contingence d'un Monde aux horizons croisés multiples et changeants...
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En ce début novembre où dans les cimetières on distribue partout la joie des chrysanthèmes du silence viendront, vestiges lumineux sur la voûte céleste inscrivant leurs appels les envoyées d'un Ciel incalculable et sûr... En ce début novembre où dans les cimetières on met de la couleur au silence des morts lavée de pluie, battue de vent en ce début novembre et dans un jardin proche la tulipe tardive et sûre de son effet négligeant tout parfum, tout à coup se dégrafe puis ôte son corsage!
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Au pied d'une falaise on a marché le temps qu'il faut pour se saouler de bourrasques chargées des houles de la mer... Nos mains étaient blottis dans nos poches percées cultivant ce mystère, abritant l'échéance! Au pied d'une falaise battue par les vents dans le sable mouillé nos traces à mesure se remplissaient d'une eau venue les absorber
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Rouge le sang des anciens sacrifices la lourdeur de ton sein rempli de gravité concentre l'attention, captive l'espérance... Rouge ce sang, sombre fertilité ma main soudain s'égare, s'éloigne de tes hanches approche ton pubis à deux doigts de ta vulve... Rouge le sang dans nos cœurs affolés un écart s'est ouvert, un écrin s'est offert pour ces mots échappés d'un Seul Jardin secret
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Larmes amères, sans tapage discrètes piquantes ou salées, coulées dans la tristesse jusqu'où glisseront-elles? Sur le quai de la gare on se refait le film attendant le sifflet d'un train de cinéma! Larmes amères, larmes évaporées... Et qu'un Grand vent du Sud emporte les horloges!
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A Saint-Cirq-Lapopie on s'est tenu la main à Cahors le matin, le marché bat son plein... A Portbou, tempête, on a dormi dans la voiture mais à Corde-sur Ciel à l'abri de la pluie en haut de la montée, j'étais seul sous le porche et maintenant depuis quand n'ai-je plus de nouvelles? Est-ce un bien? Est-ce un mal? J'ai gardé le grand vase, le masque et le Bouddha quelques lettres aussi d'une belle écriture où tu me dis des choses à ne pas oublier... Est-ce un bien? Est-ce un mal? De Saint-Cirq-Lapopie, de Portbou, de Poitiers d'un passage à Ostende et à Bruges et à Gand - c'était au jours de l'an les souvenirs anciens, les souvenirs en fuite un à un, goutte à goutte, s'égrainent dans mon cœurs...
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La France m'a vu naître, vers midi m'a-t-on dit au milieu des montagnes, à deux pas de l'Isère sous un signe automnal en parfait équilibre... Parti déjà braillant, déjà goulu, bientôt joufflu... en suis-je revenu? Et que sais-je du jour où l'on dispersera mes cendres? Et dans quelle saison? Pourquoi pas vers la fin des rigueurs de l'hiver à la fonte des neiges, aux marges du printemps emportées par les eaux bouillonnantes et fiers d'un torrent qui dévale irrésistible et clair vers celles d'une mer où d'insondables fosses les veilleront demain, les veilleront toujours