
Riposte poétique
Laïcité Ouverte, laïcité en larmes, laïcité en armes
École émancipée de toutes soumission si ce n’est à la loi reconnue légitime…
Certains croient en un Dieu tout puissant et jaloux
intraitable sauveur, bienfaiteur capricieux
dont ils seraient les seuls heureux bénéficiaires
D’autres sont convaincus qu’un Dieu moins irascible
au moins aussi puissant mais bien plus généreux
s’offrirait à chacun, pardonnerait à tous
à la seule condition qu’on en paye le prix:
savoir baisser la tête, surveiller sa parole et se mettre à genoux…
Certains ne voulant pas d’un tel Dieu solitaire
de l’immense Univers le Seul propriétaire
préfèrent les récits de mythes ancestraux
narrant à qui mieux mieux les folles aventures
de dieux certes nombreux, souffrant mille passions!
Rusés plus qu’à leur tour, truculents, facétieux…
Convoitant sans vergogne, poursuivant sans relâche
déesses amoureuses, déesses conquérantes, déesses vengeresses!
Et ceci n’est pas tout bien que déjà beaucoup:
contre les précédents certains montrent les dents
disant ne croire en rien qu’en ce vaste Univers
qui sans cesse poursuit dans l’espace infini
sans autre destiné qu’un éternel retour de ses métamorphoses
sa course grandiose, effrayante ou sublime…
Plus d’un voient les humains comme un achèvement
divine création maitresse de la Terre et de tout l’Univers!
quand d’autres ne les voient que comme un accident
fruits fortuits qu’un Hasard frivole et capricieux
aurait livrés aux bras d’une Nécessité sans âme…
Quoiqu’il en soit de cette alternative
chacun d’entre eux penché sur son vaste nombril
s’y contemple à loisir en se tordant le cou!
Alors surtout n’oublions pas ceux qui
chercheurs infatigables
chercheurs indispensables que la vérité aimante
peut-être plus prudents, plus sages, surement moins nombreux
se posent des questions, croient, doutent, de nouveau s’interrogent
exercent la critique au nom de la raison
défrichant des chemins pour d’autres horizons…
Laïcité Ouverte, laïcité en larmes, laïcité en armes
alors on a bâti le cadre nécessaire, indispensable et sûr
pour que toutes ces voix puissent cohabiter
que chaque conviction puisse se faire entendre
sans imposer sa loi ou le silence aux autres
Laïcité Ouverte, laïcité en larmes, laïcité en armes
cette fille assumée d’un droit tout naturel
et dont tous les humains sont dotés de naissance
à charge évidemment du devoir pour chacun
de respecter celui dont sont dotés les autres…
Possession de soi-même avant tout autre bien
d’un corps qui nous apporte et plaisir et douleur
et pour l’âme se fait une enceinte sacrée…
Dans l’espace privé, intérieur et secret de chaque conscience
Droit de penser selon sa propre conviction
d’exercer librement l’esprit de la critique
d’enchaîner les idées dans un sens ou dans l’autre
et surtout d’hésiter, de douter, d’en changer jusqu’à se contredire
de suivre la raison jusqu’à s’en affranchir…
Laïcité Ouverte, laïcité en larmes, laïcité en armes
loin de tout uniforme endossé sous contrainte
aucun habit n’ayant jamais fait aucun moine
fors une décence qu’on doit à chacun tout autant qu’à soi-même
jupes ou pantalons, calicots ou dentelle, fantaisies affichées
chacun devrait se vêtir à sa guise
y exprimer son goût, conforme ou fantaisiste
sans craindre l’interdit, le blâme, la censure des doctes!
Laïcité ouverte, laïcité en larmes, laïcité en armes
même droit pour chacun d’exprimer en public
les caprices d’un goût, préférences sensibles, tendres inclinations…
Sculpter le sable fin, modeler dans l’argile, tresser le roseau souple
mélanger des pigments, les porter sur la peau
dessiner le contour d’habiles acrobates
composer à l’envie de nouvelles musiques
mélodies inspirées, contrepoints endiablés, discordances rythmiques,
imaginer fictions, fables ou narrations…
Car un Dieu tout puissant s’il existe vraiment
à défaut d’être bon, de savoir le pardon
comment pourrait-il craindre une image terrestre
magnifique ou flatteuse, ironique ou moqueuse…
Liberté de penser, de se taire ou de dire
de ne pas encenser les idoles du jour.!
Bien commun à défendre, oxygène de l’âme
droit de se réunir en cercles d’amitié, en familles de cœur
partageant l’émotion, le rire ou le chagrin
droit de cacher son dire ou bien de le brandir
aux grandes assemblées décidant l’avenir
celui qu’on croit meilleur et juste pour chacun
Laïcité Ouverte, laïcité en larmes, laïcité en armes
École émancipée de toute soumission si ce n’est à la loi reconnue légitime
il a fallu lutter pour lui faire sa place
bien après que Socrate, accusé d’impiété
du fond d’une prison dans l’Athènes aux yeux pers
reconnaissant sa dette au dieu de la Santé
entouré jusqu’au bout de disciples fidèles
ait dû boire la ciguë, ait fini par se taire
Dans les siècles passés et dans bien des contrées
combien périrent au bûcher de n’avoir pas suivi
le dogme, la doctrine ou la foi qu’on impose par force ou dans le sang versé?
Un public existait, cruel, guettant les affres du martyr…
Les supplices d’un jour accouchèrent parfois des bourreaux à venir
Callas le protestant fut dénoncé par la rumeur
le sadisme ordinaire
la lâcheté sournoise et le déni des bien pensants
puis conduit au supplice en l’an de 1762…
Intolérable intolérance!
Voltaire, on le sait, depuis Ferney rameuta les esprits
mais le mal était fait, le supplice achevé…
Laïcité Ouverte, laïcité en larmes, laïcité en armes
il a fallu lutter pour lui faire sa place
après qu’une Révolution ait fait tomber la tête
d’un Roi qui n’avait su voir venir la tempête
la colère d’un peuple abattant l’injustice
l’enfermement des uns, la superbe des autres
affirmant par la force et jusque dans le sang
un droit très naturel de ne plus se soumettre aux sbires envoyés
soldats, milices, mercenaires
pour imposer les ordres d’un pouvoir infâme
se croyant immortel, se voulant absolu!
Laïcité Ouverte, laïcité en larmes, laïcité en armes
volonté de défendre une cause qu’on croit
juste, bonne, bénéfique pour tous…
Sous toute latitude, sous toute longitude
du Levant au Couchant et jusque vers les Pôles
nombreux sont ceux qui surent
qui savent aujourd’hui et le sauront demain
se montrer courageux dans un combat sans fin pour le droit de penser
de croire ou de douter
d’exprimer sans danger toute curiosité
tout examen des sources, toute quête du sens
tout élan d’un esprit fécondant pour chacun les joies de l’avenir

(2366) La sainte persévérance du génie ne se révèle jamais mieux ni plus complètement que dans l’expérience indéfiniment renouvelée d’une Synchronie aussi parfaite qu’intarissable et féconde…

Je pleure en silence et c'est venu de loin
et c'est sans prévenir...
Ça submerge l'esprit puis ressort par les yeux
déjà gonflés, déjà brillants, déjà rougis...
Je pleure en silence et c'est venu de loin:
des chagrins enfermés, des chagrins étouffés, des chagrins oubliés des boites de l'enfance...
Trop d'occasions laissées sur le bord du chemin
de trésors entrevus sans pouvoir y toucher
la main qui ne s'est pas offerte
la réconciliation manquée...
Impossible Semence où s'est nourri le doute
Je pleure en silence et c'est sans prévenir
Je pleure en silence et c'est venu de loin
Je pleure en silence et peu à peu me calme
respire
retrouve mes esprits...
Larmes séchées, larmes évaporées, larmes évanouies
la source en les offrant peu à peu s'est tarie...
Alors vois:
que déjà je bifurque et me ris du Soleil au mitant de sa course
Horizon dont tes mains m'auront pétri le cœur
*****
L'écorce du bouleau
pèle...
Blancheur si proche
qu'on n'ose la toucher
comme un échantillon de celle qui voltige
si loin, si haut
inaccessible sur les crêtes!
Ouvrant les volets ce matin de décembre
Gelée blanche! Piqûre du froid!
Dans ma tête déjà s'allume une flambée
Tombant sur l'herbe un matin de novembre
sous un Ciel saturé des nuances du gris
dix mille brins couchés, éparpillé le cœur...
Tombant sur l'herbe un matin sans Soleil
pluie froide et continue sur mille feuilles brunes...
La flamme du poêle et sa danse fidèle
encore
pour assembler les errements du cœur!
La flamme du poêle et sa danse nuptiale
toujours
pour accueillir les serrements de cœurs...
Ausculter en amont ce rêve qu'une abeille
pollinise essayant d'écarter sa douleur...
Bombes aérosol, décharges interdites
l'aveuglement fait rage et tarira nos sources
Depuis tôt ce matin de l'automne avancé
de novembre installé
pluie presque sans discontinuer...
Gardant encore un peu le lit je me laisse embarquer...
Si agréable ce bruit venant de la toiture!
Dix mille gouttes par seconde
roulement continue, feutré, tout en douceur...
Temps plus froid désormais sous ce Ciel d'un matin
désespérément gris...
Chauffée, chaleureuse, l'intimité de la maison nous devient plus précieuse
plus proche et plus propice
Ha! Passer le balais pour le simple plaisir
Ha! Passer le balais pour étirer le temps
*******

LAMPES DE POCHE
(2365) Il est plus que probable que l’Ultime et bienveillante Dispersion ne nous ramènera pas très loin de notre point de départ!
(2364) Ne jamais oublier que l’unique et grand Vertige est tout à la fois le Seul point de départ envisageable de tout aboutissement en même temps que son Seul, unique et indépassable Horizon
(2363) Il est, pour nous et jusqu’à preuve du contraire, tout à fait probable que plus on approchera du but et plus c’est l’idée même d’un but, ou plus précisément sa représentations particulière qui semblera disparaitre, s’évanouir en nous enveloppant
(2362)Qu’est-ce qu’un coup de foudre sinon la résolution soudaine, imprévue, d’une équation aussi mystérieuse qu’énigmatique et dont, jusqu’au bout, le nombre d’inconnues ne pourra que nous échapper?
(2361)Entrainé, ballotté, désorienté et finalement comme submergé par une incessante et insaisissable Dispersion on cherchera pourtant envers et contre tout le moyen de s’y reconnaître, s’efforçant de l’accompagner, de la canaliser, de l’orienter, tentant encore et toujours de la soumettre aux règles d’un jeu qu’on invente à mesure qu’il nous attire, nous inspire et nous emporte
(2360)Le changement est Omniprésent et, à chaque seconde, que ce soit au niveau du macrocosme ou bien, au contraire, à celui du microcosme l’Inattendu de la rencontre ne cesse de produire ses innombrables imprévus. Que ses fruits nous soient doux ou bien amers, stériles ou bien porteurs d’une inestimable et surprenante fertilité ils n’en resteront que mieux pour nous et jusqu’au bout d’irrésistibles hérauts pour d’inépuisables fuyantes apparences…
(2359)Il s’agit donc bien d’écrire la peinture le plus librement possible en jouant avec l’étirement ou la contraction de ses formes, leurs déformations imprévues, leurs surprenantes métamorphoses tout autant qu’en plongeant résolument dans un éblouissement d’innombrables et éblouissantes couleurs!
(2358)L’existence nous aura donc été donnée comme un éveil aussi soudain qu’imprévue en même temps que comme un embarquement forcé dans l’entrecroisement ou, mieux, le tressage entre une dimension subjective qui ne cesse de nous envelopper en nous emportant d’une part et, d’autre part, la construction toujours au fond située d’une représentation qui se veut objective mais qui ne manque pas de se heurter périodiquement à une réalité qui lui résiste et dont le fond, immanquablement, ne cessera d’échapper au cadre de cette même construction. Ajoutons que cette réalité ou Fond constitue la Seule et Inépuisable Source de cette dimension subjective comme de l’objectivité qu’elle tente obstinément de construire et de reconstruire…

(2357)Et ce n’est pas la moindre des vertus de l’écriture que de nous permettre de mettre de temps en temps mais toujours fermement et durablement les points sur les i!
(2356)L’infiniment Grand comme écho, image ou reflet de l’Infiniment petit; l’Infiniment petit comme fond, recel ou ressource de l’infiniment Grand.
(2355)Nombre des constituants de notre identité ne restent-ils pas encore à découvrir ou à redécouvrir en nous comme pourraient l’être les pièce restées éparses d’un même puzzle inachevé?… Ni leur nombre, ni la place que chacun d’entre elles viendra occuper relativement à celles des autres n’ont été fixés d’avance dans la composition d’un ensemble dont, jusqu’au bout, le sens ultime ne pourra que nous échapper
(2354)L’art d’écrire ne serait-il pas, sous certaines subtiles conditions de vacuité mentale ou spirituelle, l’art d’une haute couture tant chorégraphique que musicale?
(2353)Dans le Seul et Éternel Grand Vide il n’y a rien sinon le comble du rien lui-même: pas plus le plus microscopique des lieux ou des espaces que le plus court, le plus fugitif ou le plus insaisissable des instants
(2352)Nul mieux que celui qui est resté coincé dans la cage pour témoigner de la dureté, de la résistance et de la froideur des barreaux!
(2351)L’Éternité n’est pas le comble d’un rassemblement, d’un recollement ou d’un remembrement du Temps mais bien ce Seul Grand Vide laissé par l’effacement, l’évaporation ou la dissolution de ce même et insaisissable Temps
(2350)Pourquoi la peinture si ce n’est en quête d’un au-delà du langage? Et pourquoi encore la musique si ce n’est en quête d’un au-delà de la peinture? Et pourquoi donc le langage encore et toujours si ce n’est pour courir après les insuffisances de la peinture, de la musique et de lui-même?
(2349)Ouvrir un livre qu’on n’est plus sûr d’avoir lu pour y découvrir des phrases soulignées naguère sans toujours bien comprendre aujourd’hui pourquoi celle-ci plutôt que telle autre ou encore telle autre…
(2348)Lire en ne saisissant le sens que par fragments, soudaines illuminations ou encore comme si ces formes compréhensibles surgissaient un instant du brouillard de l’incompréhension, de la confusion et du non sens pour y retourner aussitôt!
(2347)Vivons chaque jour comme si c’était le dernier d’une suite dont nous n’ignorons aucune des péripéties, tribulations et autres mésaventures en même temps que comme si c’était le premier d’une nouvelle série dont la durée future seulement probable ne peut que se raccourcir de jour en jour et même de minute en minute!
(2346)Les Chefs-d’œuvre de l’Art, encore et toujours, pour nous inciter à chercher pour mieux comprendre et faire comprendre au moins autant qu’à accepter de ne pas comprendre tout en renonçant à le faire comprendre
(2345)Saluons la déconstruction comme une approche très savante, très mesurée et fort prudente des impossibles errements du Seul et Insaisissable Grand Vide
(2344)La toponymie a toujours su planter puis replanter inlassablement sa griffe aux flancs de la topographie.
(2343)N’ayant jamais cessé de chercher nous n’en continuerons pas moins de trouver
(2342)Le lieu de l’habiter se fait bientôt le gardien de tous nos signes, marques, symboles, repères choisis d’une existence livrée aux improbables, inconséquentes et capricieuses Générosités du plus Grand des Hasards !
(2341)Quel que soit le domaine de la sensibilité où elle manifeste son pouvoir l’œuvre d’art livre d’innombrables et parfois très subtiles indications sur l’en-deça comme sur l’au-delà d’une langue qui, toujours à nouveau, tentera de l’expliquer, d’en décrire les effets, ouvrant inlassablement les voies d’une compréhension renouvelée !
(2340)Pour prétendre savoir mesurer l’intelligence il faut se croire soi-même exceptionnellement intelligent ou bien, au contraire, être idiot au point ne pouvoir s’en rendre compte. Ceci sans oublier que ces deux états peuvent tout à fait cohabiter chez un même individu!
(2339)Que philosopher serait une préparation au mourir, la formule peut s’entendre comme la basse continue de toute morale digne de ce nom, et ceci au détriment de cette autre formule qui tenterait de nous faire croire que philosopher est une préparation ou un entrainement dans la seule perspective de se faire soigner toujours d’avantage et jusqu’à l’acharnement!
(2338)La musique de jazz parfois comme une fuite éperdue, aussi joyeuse que parfaitement désespérée devant l’approche du Seul, indispensable et généreux Grand Silence
(2337)Le sens ne se laisse toujours à nouveau saisir que pour s’échapper bientôt… Se posant tantôt ici puis tantôt là puis ailleurs encore et chaque fois dans l’imminence de son nouvel envol

(2336)On ne s’approchera jamais aussi heureusement du Seul et Insaisissable Grand Vide qu’en continuant obstinément de battre la mesure
(2334)Et si le Vide intérieur et le Vide extérieur n’étaient qu’un Seul et même Vide à l’Horizon d’une Éternelle Absence?
(2333Le Vide Seul pour être tout en n’étant pas, n’étant que de ce qui le borde et n’étant pas de n’être, toujours et partout, ni bord ni bordure
(2332)L’Impossible de l’équilibre, Seul, pour donner sens à ce Vide qui, encore et toujours, en nous comme autour de nous accueille et n’accueille pas l’effacement de toute chose
(2331)Tentant d’écarter le Vide ou tout au moins d’en oublier pour un temps l’idée chacun fait comme il peut pour construire un mausolée qui lui ressemble, un mausolée à sa mesure, un mausolée pour y graver son épitaphe!
(2330)Ce que, dans notre langue dite naturelle, nous nommons du joli mot de transcendance n’est peut-être plus pour nous désormais qu’une trace s’effaçant ou comme l’écho s’amenuisant d’une très ancienne et très vénérable quête du Sens…
(2329)L’Éternelle Omniprésence du Seul Grand Vide étant tout autant le comble de l’Accueil que celui de l’Indifférence c’est assurément à l’insondable Générosité du plus Grand, du plus inconséquent et du plus imprévisible des Hasards que nous devons l’incalculable fécondité de notre irréductible part de Chance!
(2328)Désespérant d’accéder à quelque reflet suffisamment fondé et partagé d’une Vérité conçue comme Universelle on finit par se contenter de l’une ou de l’autre des vérités concurrentes du moment, choisissant avec enthousiasme celle qui nous arrange et, mieux encore, nous flatte!
(2327)Nombre des vérités qui nous pensons pensons avoir acquis ne valent qu’au prix d’une vérification toujours renouvelée et dans la perspective d’éventuelles corrections ou de rectifications. Nombreux sont ceux qui, trop contents de pouvoir s’arrêter en chemin, les transforment en projectiles pour d’interminables polémiques!
(2326)On peut bien se coucher en la meilleure des compagnies on s’endormira toujours Seul, livré sans défense aux empreintes ou aux traces encore vivantes de rencontres qui, bonnes ou mauvaises, heureuses ou malheureuses, les ont laissées et parfois depuis déjà longtemps au cœur d’un inextricable et foisonnant réseau de neurones enchevêtrés!
(2325)Le Libre-arbitre dont disposerait le Seul Sujet est bien cette irremplaçable fiction d’une incomparable transcendance à laquelle on s’efforcerait inlassablement de croire en la projetant tantôt vers d’inaccessibles profondeurs intimes et tantôt jusqu’aux Ultimes confins d’un Univers aux innombrables expansions…
(2324)L’égalité des droits et des devoirs de chacun vis à vis de chacun, égalité juridique et formelle tendant néanmoins, grâce à la Délibération légitime et légitimante, à réaliser l’égalité des conditions devrait être l’occasion, non d’exacerber une envie, une jalousie et une voracité toujours prêtes à surgir mais bien plutôt de reconnaître et d’apprécier à tout moment ces innombrables qualités, différences ou distinctions dont il serait vain d’espérer en avoir un jour fait le tour…
(2323)La perspective d’innombrables et très spectaculaires Catastrophes se préparant déjà dans les insondables réserves de l’Avenir fait immanquablement paraître chaque évènement, non comme l’écho ou le reflet d’un modèle perdu mais bien comme le constant Surgissement d’un irremplaçable et foisonnant réseau d’imprévisibles écarts, improbables différences ou variations inouïes!
(2322)L’accès tant convoité vers l’Ultime et bienheureuse Sagesse ne se tiendrait-il pas déjà et en grande partie dans un art subtil de régler la voilure pour maintenir le Cap sur sa propre partie manquante?
(2321)Il faut beaucoup d’entrainement pour pouvoir espérer un jour approcher du rien et surtout rester à tout moment et jusqu’au bout prêt à risquer le tout pour le tout!

(2320)Et la mandoline de continuer de faire signe en direction des lointains, et la guitare de persévérer pour nous retenir encore et toujours en sa proximité…
(2319)La tendance de la pensée à prendre le chemin de sa propre mécanisation ne peut qu’ouvrir toujours plus grande la voie aux ajouts, greffes ou adjonctions de machines ou prothèses toujours plus performantes, rapides et voraces!
(2318)Il faudra toujours un minimum de temps pour permettre à la structure grammaticale de certaines phrases particulièrement chanceuses de se déplier suffisamment pour un heureux accueil des improbables traces de saisissantes intuitions venues directement d’une Originaire, irremplaçable et très énigmatique synchronie
(2317)L’Omniprésence d’un Vide aussi infiniment généreux qu’éternellement indifférent n’est-elle donc pas, pour l’ensemble des sciences qui en explorent inlassablement les contours, comme la Promesse indéfiniment renouvelée de nouvelles et parfois très déconcertantes découvertes tout autant que de nouvelles et toujours très excitantes questions ?
(2316)Le poète est enfin parvenu à une description complète de la bataille avec toutes ses péripéties et pour chacune d’entre elles un maximum de précisions et de détails parfois choquants, effrayants ou macabres! Certains le soupçonnent déjà d’y avoir voulu ajouter le chant d’un rossignol que personne n’avait entendu
(2315)L’Omniprésente Indifférence du Grand Vide, jamais susceptible de la moindre mesure ou du moindre calcul, constitue bel et bien le Seul Accueil possible de ces innombrables Chances dispersées à tout moment, sans compter et sans même y penser par le plus Grand, le plus Inconséquent et le plus Généreux des Hasards
(2313)Les écrivains, et tout particulièrement quand ils sont poètes, explorent les inépuisables ressources de l’imaginaire ainsi que celles des différentes langues susceptibles de leur être associées, créant ainsi d’innombrables univers comme autant de forêts de signes où nous finissons toujours par nous égarer et nous perdre. Et c’est pourquoi les philosophes et les critiques, précisément dans l’idée de ne pas s’y perdre, espérant même finir par y voir un peu plus clair, tentent inlassablement et chacun pour son propre compte d’en dresser de savantes cartographies! Celles-ci cependant, bien que pouvant être extrêmement précises, savantes et détaillées, ne parviennent jamais à couvrir de manière suffisamment exhaustive et détaillée ces forêts de signes pour empêcher qu’on puisse s’y retrouver parfois perdu et ceci même carte en main!
(2312)Les explorateurs commencèrent à être leurs propres cartographes. Vint ensuite le temps de la répartition des tâches puis d’une division systématique du travail favorisée par l’invention constante de nouvelles techniques. Les explorateurs ne cessèrent pourtant de découvrir ce que les cartographes n’avaient pas prévu, les obligeant à corriger leurs mesures et à rectifier leurs cartes. Théologiens et métaphysiciens débattaient âprement, s’inquiétant parfois de tant de bouleversements et de désordres! Aujourd’hui les cartographes sont devenus astrophysiciens tandis que les explorateurs sont peu à peu remplacés par des robots téléguidés et propulsés aux quatre coins d’un Univers aux interminables métamorphoses…
(2311)Car c’est assurément aussi en tant qu’impossible témoin de l’Éternité dans le Temps que nous n’auront cessé de nous manquer souvent, de nous effacer parfois et de nous ignorer toujours
(2310)C’est de cette ineffable et providentielle Synchronie dont, au cœur d’un inextricable réseau de neurones enchevêtrés, nous conservons les précieuses traces ou reliques que, toujours à nouveau, ressuscite l’élan de nos plus folles comme de nos plus spectaculaires acrobaties mentales ou spectaculaires!
(2309)Quoi mieux que l’Ascèse de l’Art pour capter, intégrer puis restituer en les métamorphosant les improbables éblouissements de l’objectivation tressés aux vertiges d’une indispensable et folle subjectivation?
(2308)A propos du point-virgule pourquoi ne pas imaginer que le point, en stationnement juste au-dessus de la virgule, veille sur elle tandis qu’elle-même n’attend que l’occasion de lui fausser compagnie?
(2307)La faculté de symbolisation, dont nous avons reçu les meubles en héritage, est bien ce qui nous permet d’entretenir et de prolonger l’indispensable et très précieux écart rendu possible par notre condition naturelle et native de prématuré. Plus précisément elle est ce qui nous permet de l’enrichir en le multipliant et en le démultipliant à l’intérieur même du labyrinthe mental et spirituel que nous ne cessons de parcourir grâce à cette même faculté de symbolisation.
(2306)C’est au plus près de l’Ultime et bienveillante Sagesse que l’ange du Bizarre, l’ange Gardien et l’ange Annonciateur fissent immanquablement par se retrouver pour se fondre l’un dans l’autre et avec Celui du plus Grand et du plus Généreux des Hasards…

(2305)L’inattendu de nos heureux étonnements n’aura cessé d’inspirer l’improbable et très labyrinthique parcours d’une écriture aux dix mille surprises, aux dix mille détours, aux dix mille bifurcations…
(2304)La pensée, inexorablement vouée au parcours incessant d’un inextricable et foisonnant réseau de neurones enchevêtrés s’accommodera toujours avec réalisme d’un esprit qui, généralement sans y avoir été invité et le plus souvent sans prévenir, aura toujours trouvé dans ce même réseau d’imprévisibles et précieuses occasions pour autant d’indispensables pieds d’appel!
(2303)Ces catastrophes dites naturelles ou semi-naturelles qui semblent devoir affecter régulièrement notre Planète peuvent assurément et non sans soulagement être considérées comme de simples esquisses de cette Grande, irréversible et inévitable Catastrophe qui, un jour, scellera le destin de la Terre elle-même et avec elle de toutes les espèces vivantes qui auront su y survivre plus ou moins pacifiquement mais toujours avec la plus grande ingéniosité…
(2302)On étudie volontiers aujourd’hui, et même avec les ressources de l’intelligence artificielle, une intelligence dite collective dont on se met alors à parler fort doctement pour en vanter les performances ou les mérites mais n’en oublions pas pour autant l’existence avérée d’une bêtise collective, certes parfois très réjouissante, mais assurément aussi parfois très destructrice, meurtrière et terrifiante!
(2301)Les complotistes prennent volontiers des airs comploteurs dans le même temps que les comploteurs prennent des airs bienveillants, affables et souriants.
(2300Le grand Silence Seul pour annoncer avec autant de bienveillance que de légèreté l’heureuse et Omniprésente Indifférence d’un Vide qui, toujours aussi insaisissable, nous entoure et nous accueille, nous attire et bientôt nous efface
(2299)Et l’incalculable Générosité des larmes de préparer sans regrets ni remords le chemin de l’effacement et de l’Oubli
(2298)Notre pensée laborieuse continue d’écarter méthodiquement les vertigineuses perspectives du Grand Vide, quitte à les charger de grains de sable ou de poussière, tandis que l’Esprit, dansant et virevoltant, ne cesse d’en redessiner les insaisissables contours
(2297)Des larmes de reconnaissance et de joie seront encore et bien plus souvent qu’on ne le croit versées en l’honneur et à la Gloire du plus Grand, du plus inconséquent et du plus Généreux des Hasards!

(2296)Seule l’Attente du rien, en elle-même et pour elle-même, pour nous donner un avant-goût des infinis richesses d’une inaccessible, insaisissable et continuelle Présence de l’Éternité dans le Temps
(2295)Aphorismes éparpillés comme les vestiges disjoints ou disloqués d’une ancienne cathédrale ou comme ces pousses nouvelles et prometteuses qui, déjà, tissent en secret leurs racines nourricières pour les relier en d’imprévisibles labyrinthes…
(2294)Tel maxime ou tel dicton apparaissant dans son évidente et discutable banalité n’aurait-il pas d’abord été quelque aphorisme tranchant ou percutant qui, usé ou érodé et pour finir méconnaissable, aura donc mal vieilli ou vécu trop longtemps?
(2293)L’espace mental immédiatement créé entre deux langues dites naturelles peut à tout moment accueillir les innombrables va-et-viens de la traduction de l’une dans l’autre avec leur constante possibilité de bifurcations, dérivations et autres improbables variantes. Ainsi, chaque fragment de discours appartenant à l’une ou à l’autre de ces langues demeurant virtuellement disponible bien que caché sous la traduction qui lui aura été choisie continuera d’indiquer la possibilité de nouveaux va-et-viens, tissages ou broderies à loger dans ce même et toujours très accueillant espace mental…
(2292)Qu’est-ce qu’un point d’interrogation sinon l’esquisse d’une spirale qui, tournée vers l’intérieur d’elle-même, nous invite à prolonger en silence son interminable et généreux Vertige?
(2291)La Première d’entre les Majuscules, la Seule qui mérite véritablement notre respect, notre admiration et notre dévouement ne restera-t-elle pas et pour toujours Celle qui a ouvert le chemin, fait la trace, indiqué l’Horizon de toutes nos dérives comme de tous nos errements?
(2290)L’écriture alphabétique ne nous pousse-t-elle pas toujours à nouveau en quête de l’inexploré, de l’inédit ou du spectaculaire tandis que l’écriture pictographique ou idéographique, de son côté, nous retiendrait inlassablement dans ses filets, nous y tournant et nous y retournant pour finir par nous absorber dans ce qui était déjà là et toujours sans que nous puissions véritablement nous en rendre compte?
(2289)Car c’est bien dans l’expérience de l’irréversible et de l’Absence que se font le mieux sentir les bouleversants et très fertiles effets de l’Impossible et Grand Amour…
(2288)L’Éternel entre-deux de l’Ouverture, et ceci quel que soit le sens du Passage est tout à la fois ce que l’on traverse et qui nous traverse, ce qui nous tient en même temps qu’on croit le tenir où s’y tenir et qui, tout autant et tout aussi bien, nous échappe
(2287)Placé soudain et par surprise à la forme interrogative l’aphorisme, d’abord si affirmatif, voire péremptoire et parfois même jusqu’à l’arrogance, ne se retrouve-t-il pas d’un Seul coup d’un seul et bien malgré lui retourné comme un gant?