A l’affiche!

En complément de celles, récentes, publiées ici régulièrement d’autres Lampes de Poche, plus anciennes, sont régulièrement ajoutées dans la rubrique qui leur est spécialement dédiée.

Qu’est-ce qu’écrire sinon tenter de se faire entendre même et peut-être même surtout des sourds!

Le Vide est cette forme informe prise à chaque instant par le Néant pour accueillir autant que pour esquiver l’insaisissable Danse du plus Grand et du plus Généreux des Hasards!

L’Esprit des majuscules circulera toujours avec autant d’aisance que de distinction entre une indispensable retenue dont l’excès pourrait tout de même conduire à sa complète disparition et une Générosité qui, privée de contrôle, ne pourrait qu’engendrer rapidement la plus regrettable banalisation.

La linéarité du message permet de démêler, d’étirer et d’accorder avec autant de précision que possible l’écheveau du sens, du son et de la signification pour que puisse y résonner enfin le chœur indéfiniment déplacé d’improbables raisons croisées à de subtiles et parfois grinçantes harmonies…

L’art de vivre et même de bien vivre ne saurait survivre longtemps sans l’accompagnement volontiers discret mais tout de même parfois fort démonstratif d’un art d’être méchant: au bon sens du terme, avec tact et bien évidemment toujours à bon escient!

Ce que nous appelons geste Originaire et Créateur aura bien été, dans l’impossible circularité de son Ouverture, bien plus que l’esquisse d’un tout premier pas de Danse…

La vie est un théâtre auquel les circonstances ont voulu que nous participions: non sans enthousiasme parfois mais sans jamais pouvoir bénéficier ni d’aucune doublure ni d’aucun joker

La Souveraineté du peuple ne se réalise jamais vraiment qu’à travers une Délibération qui lui donne à chaque instant l’occasion de s’incarner en tant que peuple de citoyens. La tâche première de cette Délibération continuée est donc bien de déterminer et de reconnaître à tout moment le cadre nécessaire lui permettant, en s’y soumettant, d’exister en tant que Délibération citoyenne…

Le Vide ne se montre ni moins généreux ni moins indifférent pour l’Accueil du temps qui vient que pour Celui d’un temps où ne cesse de s’abîmer l’Insaisissable de la Présence

Car il est sûr maintenant qu’aux jeux de l’Impossible et Grand Amour il est souvent bien difficile de distinguer entre qui fait l’esclave et qui le maître!

La Délibération continuée ne maintient sa propre légitimité que grâce à un cadre qui, lui-même, n’est légitime qu’à travers sa reconnaissance et sa constante mise en œuvre par cette même Délibération…

Il n’est jamais facile de démêler la pitié d’un mépris qui en prend parfois le masque ou inversement. De son côté l’admiration, qui ne va jamais sans un certain courage, ne craint ni la joie ni cette indéniable et légère fierté qui l’accompagne presque inévitablement…

Le modèle du despotisme parfait ne saurait complètement s’incarner. La forme despotique en effet ne se réalise qu’en s’éloignant de son modèle idéal, et ceci à mesure que le despote est obligé de s’appuyer sur des alliés, complices ou comparses pour s’assurer de son propre pouvoir. Le modèle démocratique parfait ne saurait lui non plus véritablement s’incarner. En se réalisant la forme démocratique ne peut que s’éloigner de son modèle idéal et ceci à mesure que le peuple Souverain se voit contraint d’accepter des orientations ou des décisions qui ne sont pas directement issues de la Délibération et rendues légitimes par elles. La force des intérêts particuliers trouve en effet immanquablement le moyen de contrer cet intérêt Commun qui, en principe, doit être reconnu, partagé et voulu par le peuple Souverain. Les dégradations respectives du modèle idéal du despotisme comme de la démocratie évoluant en sens contraire peuvent ainsi se rapprocher et se croiser dans une zone d’ombre où la violence liée aux conflits entre différents groupes pourra s’étendre à l’ensemble de la société. Dans une telle situation violente et chaotique le retour brutal à la domination d’une force despotique peu sembler plus probable que le retour mesuré à une forme restaurée ou renouvelée de démocratie et de Délibération.

Que les non encore nés soient encore et pour longtemps cette Réserve d’avenir d’une sensibilité que la nature n’aura donc cessé d’entretenir, d’élargir et d’enrichir en nous pour la prolonger jusqu’aux limites d’une Ultime, irréversible et très fertile dispersion…

Le roseau pensant, sûr de ses ancrages, se laissera-t-il toujours courber dans la même direction que celle, infiniment changeante, vers laquelle se tourne sa voisine la girouette grinçante?

Toute tentative de traduction implique une exigence qui ne peut que venir bousculer la langue de départ comme celle dite d’arrivée et ceci finit par concerner l’ensemble des éléments de normativité propres à celles-ci. Il s’agit en effet de ne s’en tenir ni au projet d’une traduction littérale ou littéralisante, ni à celui d’une absorption ou dilution de la langue de départ dans la langue dite d’arrivée mais bien d’engager et de réguler un double processus innovant. Ce double processus implique en effet qu’interagissent constamment entre elles la lecture du texte dans la langue de départ avec celle de sa traduction dans la langue d’arrivée notamment en ce sens que la lecture de ce qui est déjà traduit puisse, à mesure, venir désorienter et modifier celle de ce qui reste à traduire. Et c’est ainsi que l’esprit, toujours aussi imprévisible et capricieux, continue d’échapper à ses propres métamorphoses, juste au-dessus des lettres qui les sous-tendent.

Une décomposition analytique complète et mécanique ou mécanisable de l’infini, et ceci quel que soient le terrain adopté, la direction prise et les moyens mis en œuvre pour y parvenir risque bien de nous prendre encore un sacré bout de Temps!

Nous chercherons jusqu’au bout de nos propres vertiges la Source et la ressource de ce qui nous a déjà permis de tenir tête à ces forces obscures qui, en nous et tout autour de nous, n’auront donc cessé de travailler à la dispersion qui s’annonce…

Éternité d’un Vide dont l’Omniprésence restera jusqu’au bout l’Accueil de tout Vertige

Ne cessant de tourner autour du Vide nous n’en dessinerons jamais que l’impossible Présence…

Comment expliquer l’origine de cette volonté humaine si répandue de se trouver un maître pour s’y soumettre sinon par une envie pressante de se débarrasser de l’enfant qui, en nous, continue ses jeux intrépides ou provocants?

Seul l’autre comme autre Sujet pour accueillir nos inévitables questions comme autant de réponses possibles à Celle qui pourrait bien ne jamais pouvoir être posée.

Les généalogies buissonnantes, toujours si complexes, sont bien plus riches et stimulantes que celles qui sacrifient systématiquement une moitié de la ligne d’Horizon à l’autre!

Cette part d’inspiration qui nous vient d’avoir pu côtoyer le Vide ou senti sa proximité est la Seule véritable source d’un inattendu qui guette au cœur indéfiniment déplacé de notre propre labyrinthe…

Traces éparses, Seule boussole à la mesure de nos errements…

Aux anciens jeux du cirque nul besoin de télécommande pour manifester l’envie de voir cruellement sacrifier ceux qu’on avait contraints de participer à de tels spectacles. De nos jours nombreux sont ceux qui viennent dans la joie s’offrir en spectacle au voyeurisme d’une foule de téléspectateurs anonymes.

La langue qu’il nous a été donné d’accueillir en l’habitant est la Seule grâce véritablement nécessaire et suffisante pour un Sujet dont l’Appel se trouve toujours déjà enfoui à la racine de chacune de ses questions…

La grammaire du je, si complémentaire de celle d’un tu qui n’est jamais bien loin, ne saurait être ni remplacée ni même simplement contournée par celle du point d’exclamation!

La disparition de l’être cher inaugure brutalement un irréversible silence dans le moment même où l’admiration qu’on lui porte résiste déjà bien au-delà de cette même disparition