A l’affiche!

Ce que nous ne pouvons pas nous empêcher de vivre comme un choix ou une décision prise dans l’une des dimensions de notre imprévisible et double labyrinthe n’est très probablement chaque fois qu’une bifurcation de plus franchie ou traversée dans l’autre dimension de ce même, indispensable et double labyrinthe à Ciel Ouvert et à Claire Voie.

Le Seul Silence capable de nous accueillir et de nous bercer n’ayant jamais répercuté que les échos du Seul Grand Vide n’annonce rien sinon la suite de ces innombrables bifurcations qui, dans notre indispensable et double labyrinthe à Ciel Ouvert et à Claire Voie n’auront cessé de nous attendre que pour mieux nous surprendre

Le cadre nécessaire au fonctionnement de la démocratie ne saurait, certes, être ni consolidé ni réparé au moyen de fils de fer barbelés! Pour autant son indispensable souplesse ou élasticité ne saurait être poussée au point d’entraîner des déformations telles qu’elles compromettraient le fonctionnement libre et équitable de cette délibération continuée, légitime et légitimante indispensable au mouvement et à la vie de cette même démocratie.

Pour un esprit toujours aussi imprévisible et capricieux quoi mieux qu’un Pari constamment renouvelé et rejoué sur l’inconséquente Générosité du plus Grand des Hasards?

La délibération continuée, dans le moment même où elle réussit l’accueil et l’intégration des différentes langues dites naturelles, s’ouvre à l’élargissement, à l’approfondissement et au renouvellement de ses ressources matérielles et spirituelles.

L’Horizon d’Universalité dont la Science ne cesse de lier et de relier les indices épars offre à un esprit toujours aussi imprévisible et capricieux l’espoir, la perspective et la tâche que du même puisse se manifester dans l’autre, de l’identique dans le différent ou, tout au moins, puissent s’en approcher…

L’Homo touristicus est prêt à beaucoup sacrifier et même à tout saccager pour obtenir quelques images d’un bonheur annoncé et même promis, normé, codifié et même aseptisé et vendu par lots ou en série!

Car c’est en nous efforçant de replier patiemment et avec persévérance le Temps sur lui-même que nous parviendrons peut-être à sentir le frôlement de ces ondes, venues en cercles concentriques des profondeurs d’un inaccessible et passé ne cessent de de faire signe en direction des imprévisibles et insondables réserves de l’Avenir

Chaque bifurcation rencontrée dans notre labyrinthe extérieur peut nous ramener à une, plusieurs voire de nombreuses bifurcations de notre labyrinthe intérieur qui, chacune à leur tour contiennent en puissance la possibilité de rencontrer de nombreuses nouvelles bifurcations dans ce même et indispensable labyrinthe extérieur…

La logique de l’écriture alphabétique nous pousse et nous entraîne toujours plus en avant vers ce qu’il faudrait encore découvrir ou conquérir tandis que celle des écritures pictographiques ou idéographiques semble toujours à nouveau ramener vers ce qu’on possède déjà sans toujours s’en être rendu compte…

La Chance que nous réserve le Grand et Généreux Hasard ne s’attrape qu’au vol et, pour notre plus grande joie, toujours au prix d’une sombre, aveugle et aveuglante Nécessité!

Ils y en a qui courent comme sils fuyaient leurs propres ombres et d’autres comme s’ils voulaient leurs marcher dessus: peu gardent le calme et la sérénité de ceux qui savent que ces mêmes ombres appartiennent déjà depuis longtemps aux masques d’une Ultime, très excitante et très insaisissable Vérité.

L’Horizon d’Universalité qui rend possible la progression coordonnée des sciences est bien le même qui permet à chaque délibération particulière, légitime et légitimante sur un territoire donné d’élargir sa perspective à celle de l’ensemble des biens communs susceptibles d’être reconnus par les différentes autres délibérations particulières présentes sur l’ensemble des autres territoires ainsi qu’à celle de la possibilité d’une satisfaction équitablement partagée des intérêts liés à l’ensemble de ces mêmes biens communs.

De l’Impossible Grand Amour la seule chose dont nous soyons véritablement sûr est d’avoir plus d’une fois cru en voir passer les ombres juste à portée de mains!

Quelle Lampe de Poche enfin pour éclairer jusqu’au moindre détail et le mettre en relief, en relever les arrêtes ou les aspérités, en dessiner plus clairement les ombres plutôt que de les atténuer en les éclaircissant jusqu’à les faire complètement disparaître?

Dans l’attente du plaisir il est souhaitable que soit ajouté au plaisir de l’attente juste ce qu’il faut d’impatience ou d’inquiétude pour broder ce plaisir au point de la jouissance…

Du Seul point de vue de l’avare Nécessité nous pourrions bien dépendre chacun d’une équation dont le nombre d’inconnues nous le restera lui-même et pour longtemps!

Dans l’échange et le partage, le croisement et l’entrecroisement, l’enroulement puis le déroulement de nos plus intimes caresses chaque partie, région ou zone du corps de l’autre est à chaque fois un pièce ou une mise possible du jeu dont on dispose pour lancer et relancer la partie…

Le génie se réveille, esbroufe et s’impatiente tandis que le castor continue la construction du barrage…

Le philosophe s’intéresse à ce qu’il peut absorber sans toujours pouvoir le bien digérer, tentant comme il peut d’écarter le reste; Le poète résonne et déraisonne, réagit à ce qui le fait vibrer parfois trop violemment, pouvant passer à côté du reste sans même s’en rendre compte.

Dans l’échange et le croisement, le partage et l’emmêlement d’amoureuses caresses c’est bien la peau de l’autre toute entière qui peut s’offrir à nous comme une extension souple, tiède et parfois même brûlante de l’interminable et parfois surprenante paroi de notre indispensable et double labyrinthe à Ciel Ouvert et à Claire Voie

Car c’est depuis le tout début ou presque que l’Ultime et bienveillante Sagesse a dû renoncer à vouloir se regarder dans les yeux de l’Ultime et insaisissable Vérité

En tant que cause formelle de la délibération continuée le Contrat social ne cesse de s’imprimer en d’innombrables et foisonnants discours tandis que le Peuple, en tant que cause efficiente ne cesse de courir après la satisfaction d’intérêts ou la jouissance de biens sur lesquels, précisément, il lui appartient de délibérer.

On peu considérer que, de la délibération continuée, légitime et légitimante le Peuple est bien la cause efficiente tandis que le Contrat social en est la cause formelle et le langage, en tant que paroles effectivement prononcées ou écrites, la cause matérielle. La cause finale est alors constituée par l’ensemble des intérêts et des biens devant être reconnus par cette même délibération pour être ensuite défendus et consolidés, enrichis et développés en tant qu’éléments d’une culture matérielle et spirituelle commune.

La question du droit des animaux qui, en principe, est aussi celle de leurs éventuels devoirs doit impérativement tenir compte de la possibilité qu’ils puissent un jour en comprendre la signification et l’enjeu: ce qui semble moins extravagant à supposer pour certains animaux que pour d’autres, comme par exemple pour ceux qui ne se laissent pas facilement apprivoisés.

Dans l’échange et le partage d’un enchevêtrement d’amoureuses et sinueuses caresses le « je » et le « tu » ne s’enroulent et ne se croisent, ne se superposent et ne s’enlacent qu’au pieds d’un impossible « nous »!

La plus grande des générosités consiste, si possible, à s’adresser d’abord à ce qui, dans l’autre ou chez l’autre, se tient toujours déjà au-delà de l’implacable, aveugle et aveuglante Nécessité qui déjà nous assiège, nous habite et nous entraîne…

C’est dans l’échange et le partage, l’enroulement puis le déroulement d’un écheveau d’imprévisibles et brûlantes caresses que la peau de l’autre peut nous faire le plus immédiatement et le plus intensément signe comme peau de l’autre labyrinthe…

Les écrans où défilent et se bousculent nuit et jour une succession d’images tronquées, heurtées, aussitôt disparues avec leurs innombrables commentaires invérifiables vite oubliés nous empêchent-ils déjà de regarder par la fenêtre?

L’abri de notre fantaisie doit avoir une porte pour pouvoir en sortir et aller dans le monde, s’y exposer aux rencontres, y agir du verbe ou de la main, s’y reconnaître parfois et peut-être s’y perdre… Cette même porte permettra le moment venu de s’y mettre à l’abri avec les plus intimes et parfois les plus inventifs rejetons de cette même fantaisies! Cet abri aura aussi ses fenêtres pour ouvrir à l’air, à la lumière et au spectacle toujours changeant d’une infime et très proche parcelle de l’immense Univers.

Si le début est une fois de plus clair, net, plein de promesses et si, en outre, le milieu ne cesse de s’enrichir de voluptueuses digressions qu’attendre de la fin sinon qu’elle se fasse attendre encore un bon moment!

Il arrive que la pitié ne soit plus séparée de l’admiration que par l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette et, parfois, l’inverse est tout vertigineusement vrai…

Le partage d’un Horizon d’Universalité qui, par ailleurs, rend possible les avancées continues de la science qui le soutient ne doit pas, sur un plan pratique, provoquer le refoulement, l’effacement ou la mise au pas des différences, particularités et autres fantaisies ou singularités de notre Commune Contingence mais, bien au contraire, permettre de concevoir et de mettre en œuvre le cadre et les conditions d’une heureuse et prolifique cohabitation…

C’est la science tout de même que l’éducation à la science et aux sciences qui rendent possible la perspective objectivable d’un Horizon d’Universalité commun et partagé. Et c’est cet Horizon commun et partagé qui, à son tour, rend possible pour la délibération continuée la perspective d’un élargissement indéfini de la communauté qui la fonde à l’ensemble de ceux qui en pourront concevoir et partager le projet.

Le droit de s’exprimer dans quelque langue que ce soit et celui, complémentaire, d’être entendu et audible n’implique pas nécessairement celui d’être compris; de même que le devoir d’écouter n’exclut pas nécessairement la possibilité de s’endormir…

On ne jouera jamais notre meilleur rôle, avec les meilleurs partenaires et les meilleures répliques, les plus spirituelles comme les plus espiègles ou les plus tranchantes que dans notre Seul petit théâtre intérieur, perpétuel et privé.

Les droits que chacun peut faire valoir sont immédiatement le devoir de les respecter pour les autres et réciproquement, ou presque…

En prolongeant la durée de vie de l’humanité sur la Terre on accroîtra ipso facto ses chances d’enter en contact avec une civilisation extra-terrestre, voire extra-galactique: civilisation dont on peut espérer qu’elle sera alors en mesure de nous envoyer quelques providentielles bouées de Sauvetage cosmique

La perspective de sa disparition future pourrait bien tendre à l’humanité le miroir déformant de ses propres convoitises…

Expérimenter le Vitesse dans l’apparence de l’immobilité la plus parfaite!

On n’apprivoisera le Temps qu’en l’étirant autour de notre propre lenteur…

La perspective d’une inéluctable et très cosmique disparition de l’espèce humaine précipite certains de ses représentants dans la quête effrénée d’une jouissance de consommateur ou de prédateur toujours plus intense tandis que d’autres cherchent déjà à prolonger au mieux l’expérience si possible partagée d’une palette de plaisirs choisis, mesurés et comptés. D’autres enfin, probablement plus nombreux mais qui, dans certains cas, pourraient bien être les mêmes continueront à cultiver l’illusion rassurante et contagieuse d’un miracle possible ou d’une résurrection de fin des Temps!

On voudrait que certaines Lampes de poche puissent apparaître comme l’image infiniment réduite et compressée d’une montgolfière aux dimensions de l’Univers.

Le nœud toujours déplacé et changeant de notre indispensable et double labyrinthe à Ciel Ouvert et à Claire Voie n’est jamais très éloigné du centre, lui-même indéfiniment déplacé et changeant de cet inextricable, très intime et très foisonnant réseau de neurones enchevêtrés dont l’esprit, toujours imprévisible et capricieux ne cesse d’exploiter les formidables ressources

C’est toujours à nouveau grâce à un jaillissement d’imprévisibles significations que le nouveau s’ouvrira aux possibilités insoupçonnés de son propre Sens…

La laïcité de l’État et du pouvoir qui s’incarne en lui est bien cette Case vide mais réglée permettant à toutes sortes de croyances, convictions plus ou moins fantaisistes ou absence de convictions de cohabiter pacifiquement et en bénéficiant d’une liberté de s’exprimer en privé ou en public aussi équitablement répartie que possible…

Le droit de propriété ne devrait-il pas donner à chacun la possibilité de disposer, individuellement ou à plusieurs, pour un temps suffisamment long et à l’abri des regards indiscrets d’un lieu de vie digne de sa fantaisie la plus libre et la plus authentique!

Certains de ceux qui applaudissent ne s’applaudissent-ils pas surtout eux-mêmes de le faire si bien, si bruyamment et avec une énergie et un enthousiasme si communicatifs ?

Ce qui se dit ou s’écrit s’adresse-t-il d’abord à ce qui a été dit ou écrit, lu ou entendu ou bien d’abord à ce qui ne l’a pas encore été et ne le sera peut-être jamais ?

L’homo touristicus est capable de payer cher pour assister en direct au spectacle d’une catastrophe à laquelle il contribue lui-même à travers la mise en œuvre des moyens lui permettant d’y assister avec un maximum de confort et de sécurité

Le cadre réglé nécessaire au maintient d’une heureuse et très équitable cohabitation entre les innombrables, souvent surprenantes et parfois même très réjouissantes élucubrations rendues possibles par la démocratie ne contiendrait il pas le germe d’un possible despotisme qui, pour se développer, n’hésitera jamais à prendre le masque de cette même démocratie, utilisant bientôt à son profit et sans le moindre scrupule les moyens de contrôle et de surveillance susceptible d’être mis à sa disposition par la techno-science la plus sophistiquée.

L’Horizon d’Universalité vers lequel tend le discours de la science et auquel il contribue de façons multiples et différenciées est bien le Seul Horizon permettant à la délibération continuée de renouveler et d’enrichir à travers la succession des générations le pari qui la fonde et qui la légitime: pari d’un accord indéfiniment renouvelable et toujours relancé concernant la valeur des multiples enjeux qu’il lui appartient d’examiner dans la perspective de leurs réalisations possibles.

Au-delà des divergences que la diversité contextuelle des intérêts ne peut manquer de susciter l’objectif que la délibération continuée devrait toujours à nouveau considérer comme essentiel et autour duquel elle ne devrait cesser de se ressourcer est bien celui du maintient, de la consolidation et de l’enrichissement de ses propres conditions d’exercice

La reconnaissance et la validation par la délibération continuée d’un projet ainsi que des moyens nécessaires pour sa mise en œuvre engendre une volonté commune à laquelle revient la responsabilité de cette mise en œuvre. Cette volonté se concrétise grâce à l’institutionnalisation d’un pouvoir reconnu légitime, réglé et contrôlé par cette même délibération continuée.

Que dire de la pensée consciente et surtout inconsciente sinon qu’elle mouline à grande vitesse: Seul l’esprit pour lui apporter tantôt son grain de sel, tantôt son grain de sable et tantôt son étincelle!

Certaines phrases peuvent être saisies, étirées puis tendues presque à la perfection sans la moindre ponctuation ou presque!

La diminution méthodiquement provoqué du sentiment de la pitié volontairement associée au développement d’une haine orientée et manipulée constitue un ressort quasi indispensable utilisé par tout despotisme pour mobiliser ceux-là même qu’il asservit au service d’une cause qui n’est au fond que le masque grotesque de la domination qui la leur impose.

La forme politique de la démocratie est susceptible d’être appliquée et mise en œuvre par des communautés particulières coexistant les unes avec les autres à un moment donné et sur des territoires respectifs précisément déterminés. La délibération ne peut s’établir dans chacune de ces communautés que dans la perspective d’un horizon commun et partagé par cette même communauté. Partant de là l’élargissement de la délibération d’une communauté aux autres et pour finir à l’ensemble des autres communautés possibles suppose la reconnaissance et la mise en place d’un Horizon d’Universalité commun et partagé susceptible d’en accueillir les objectifs et dont la science fournit l’un des principaux fondements.

Dans le processus de la traduction la langue qu’on traduit ne cesse de tendre à celle dans laquelle elle est traduite un miroir Ouvert sur un horizon de possibilités insoupçonnées…

Les Hommes ne furent pas tout à fait Seuls pour décider du nom d’un dieu unique ou de plusieurs car c’est à la Générosité du Hasard qu’ils durent une bonne part de leur inspiration première!

Quand on veut ne le dire que d’un Seul mot d’un Seul celui de dieu reste bien pratique et nous savons en outre qu’en de certaines circonstances les effets produits seront sans équivalents…

L’égalité des droits de chacun à participer le plus librement possible à la délibération est le fondement de la règle formelle démocratique et ceci d’autant plus sûrement que la participation à cette délibération est immédiatement aussi une participation au pouvoir de choisir les objectifs à atteindre ainsi que les moyens les mieux appropriés à mettre en œuvre pour y parvenir.

La diversité des langues dites naturelles constitue pour la délibération continuée, réglée et légitimante un véritable défi dans la mesure où chacun devrait se voir accorder le droit de s’exprimer dans sa langue d’origine ou même dans une langue de son choix en usant de toutes les particularités ou nuances propres à cette même langue! Un tel défi ne pourrait être relevé qu’en reconnaissant la tâche de la traduction comme l’une des dimensions essentielles de la délibération elle-même : non seulement en tant que moyen rendant possible la communication et l’échange mais aussi en tant qu’élargissement de l’Horizon et enrichissement des perspectives linguistiques et culturelles ouvertes par cette même délibération continuée…

Le défi que pose à la démocratie la constante possibilité qu’un courant majoritaire se dessine en faveur de ce qui pourrait conduire à son renversement ou à sa suppression ne peut être relevé que par le pari d’une éducation suffisamment efficace ou par celui, probablement plus risqué, qu’un homme ou un groupe d’hommes, prenant le pouvoir de façon tyrannique, puisse la préserver en prenant la responsabilité de sa suspension provisoire. Bien sûr la question de savoir si un tel Homme ou groupe d’hommes, en cas de réussite d’un tel projet, resterait fidèle à son engagement de départ ne peut qu’inviter à la plus grande prudence et à la plus grande vigilance.

Lorsque nous nous apprêtons à faire inutilement souffrir un animal c’est d’abord la pitié que nous éprouvons pour lui ainsi que l’estime que nous nous portons qui devrait nous arrêter plutôt que l’idée d’un droit dont il y a fort à parier que l’animal concerné n’a pas une idée bien claire

Il est parfois bon et même salutaire de se rappeler que la démocratie n’ayant pas été inventée pour nous rendre immortels pourrait peut-être nous aider à nous rendre plus supportable sinon plus excitante la perspective d’un inéluctable achèvement des si surprenantes et parfois si pittoresques aventures d’une très improbable et très attachante Humanité!

Certains rêvent d’une cabane en forêt tandis que d’autres s’efforcent par tous les moyens d’acquérir la plus grande réserve forestière possible afin de l’exploiter le plus rapidement possible, utilisant sans scrupules des machines toujours plus puissantes et destructrices afin d’en obtenir un maximum de profit en un minimum de temps.

Vouloir la démocratie ne signifie pas vouloir la fin de l’histoire mais bien plutôt vouloir que cette histoire, vue sous l’angle collectif et à travers la succession des générations, passe par un cadre fondé sur le principe d’une égalité des droits de chacun à participer à cette délibération continuée, réglée et qui leur permet alors de se projeter vers un Horizon d’intérêts communs et de biens partagés …

La science qui, confrontant de manière systématique le progrès de ces hypothèses avec des observations obtenues à l’aide d’expériences de plus en plus sophistiquées poursuit inlassablement sa quête de vérités nécessairement provisoires et relatives, constitue une référence indispensable pour permettre aux différentes délibérations particulières d’échanger sur leurs stimulantes controverses dans la perspective d’un Horizon d’Universalité commun et partagé…

La mise au point et le perfectionnement du boomerang forcent d’autant plus l’admiration que l’on sait aujourd’hui que ceux qui l’inventèrent eurent longtemps la sagesse de s’en contenter…

Il est possible d’accorder à ceux qui participent à la délibération continuée un temps de parole aussi équitablement réparti que possible mais il est impossible de leur assurer qu’ils seront véritablement entendus et moins encore compris; à mesure que la forme démocratique du régime politique se déplace vers la forme despotique ceux qui cherchent à monopoliser le pouvoir tentent de résoudre ce problème à leur profit par le développement d’une propagande dont le message tend à s’appauvrir tout en se radicalisant à mesure que s’accroît la puissance des moyens technique déployés pour étendre sa diffusion.

Relativement aux hommes les autres êtres vivants peuvent être vus comme des concurrents voire des dangers mortels ou bien, au contraire comme des alliés. Dans la plupart des cas ils sont en outre une inestimable ressource pour la curiosité et l’émerveillement de telle sorte que la délibération humaine qui est aussi une délibération sur la place de l’Homme dans le milieu naturel auquel il appartient et dont il dépend doit nécessairement reconnaître et évaluer la place qu’il est souhaitable d’accorder à ces êtres vivants pour, le cas échéant, la réduire et la contrôler sinon la supprimer ou bien, au contraire, la défendre voire l’étendre par le moyen d’une cohabitation réglée.

Il est tout aussi impossible de nous représenter le nombre de bifurcations que le Grand et Généreux Hasard à déjà placé sur le parcours de notre indispensable et double labyrinthe à Ciel Ouvert et à Claire Voie que de nous représenter le nombre de celles qu’il tient déjà en réserve pour les placer sur le reste de ce même et imprévisible parcours…

Car la langue pourrait bien être non seulement l’outil et son propre mode d’emploi ou sa propre notice mais encore l’unique matériau sur lequel il sera jamais possible de l’exercer correctement!

De la démocratie radicale jusqu’au despotisme le plus accompli il y a de multiples stades intermédiaires possibles dont chacun se présente comme la domination ou tentative de domination relative d’un groupe plus ou moins étendu ou homogène sur le reste de la communauté c’est à dire sur ceux qui devraient, en principe et pour satisfaire à l’exigence fondamentale de la démocratie, pouvoir participer librement à la délibération continuée et légitimante. A l’une des extrémité de ce spectre il y a le despotisme intégral qui rétablit ironiquement l’égalité par la soumission de chacun à des contraintes décidées et mises en ouvre par l’arbitraire despotique qui, dans le même temps se réserve le privilège exclusif d’en être dispensé. A l’autre extrémité de ce spectre on trouve la démocratie la plus directe et la plus égalitaire possible.

L’existence de la forme démocratique est constamment tributaire d’une délibération continuée, légitimante et réglée qui doit pouvoir maintenir pour chacun des membres de la communauté qui lui correspond la possibilité d’un choix renouvelable entre s’y inclure en y participant librement ou bien la refuser et s’en exclure en s’exposant aussitôt à d’éventuelles contraintes jugées légitimes par cette même délibération…

Certains sont si désireux d’être reconnus, de l’être comme un maître et de l’être à tout prix avant qu’il ne soit trop tard qu’ils finissent par se contenter de la reconnaissance bruyante, servile et stéréotypée des grenouilles!

La démocratie peut-elle éviter de nourrir en son sein, de protéger et d’assurer le développement de ceux qui en deviendront peut-être les ennemis les plus décidés, les plus intelligents et les plus redoutables?

Qualifions de politique toute tentative de réfléchir de façon plus ou moins systématique l’art inventé par les hommes pour se gouverner eux-mêmes collectivement à l’aide de règles ou de lois jugées par eux-mêmes nécessaires autant que légitimes pour leur permettre d’atteindre un but jugé lui-même légitime, nécessaire ou simplement souhaitable. Une telle réflexion se présente donc immédiatement aussi comme une réflexion sur l’entrée plus ou moins volontaire ou libre des individus dans une telle communauté politique ainsi que sur la délibération qui l’accompagne; elle se présente aussi nécessairement et de façon complémentaire comme une réflexion sur la possibilité pour ces même individus de vouloir échapper ou s’opposer à cette même communauté et à cette même délibération jugées par eux illégitimes.

Car c’est bien dans la mesure où elle intègre tant bien que mal de nombreux processus de feed-back en réseau que la démocratie nous apparaît comme la meilleure ou la moins mauvaise des réponses politiques humaines collectivement possibles faces aux multiples et parfois très déroutantes surprises que ne cesse d’offrir et sans même y penser l’insolente et très capricieuse générosité du plus Grand et du plus Généreux des Hasards

Peut-on sérieusement et durablement partir en quête de l’Ultime et bienveillante Sagesse tout en étant intimement persuadé que l’Ultime Vérité ne se livrera jamais que par morceaux, bribes ou fragments?

Qu’il est tentant de n’attribuer de responsabilité qu’à ceux à l’égard desquels nous continuons d’éprouver un très sombre, très tenace et bien sûr aussi très douloureux ressentiment!


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