A l’affiche!

Les iconoclastes de tous bords et de toutes tendances n’ont-ils pas déjà plus d’une fois finis bien rangés et en bon ordre derrière l’image agrandie, flatteuse et déjà victorieuse d’un apprenti dictateur?

N’y aurait-il pas et plus souvent qu’on ne serait tenté de le croire plus de véritable Générosité dans le silence ou l’abstention que dans les paroles les plus justement pesées, les plus charitables ou les mieux intentionnées?

Le prix du style, qui en est aussi la récompense est toujours à chercher dans ces imperceptibles bifurcations ou écarts dont il lui revient aussitôt de faire fructifier les insoupçonnables prolongements…

Le bouffon, le burlesque ou la pantomime nous offrirons toujours nombre de réjouissantes et très accessibles occasions de singer la mort tout autant que la résurrection!

C’est tous les matins et tous les matins avant même d’avoir ouvert les yeux qu’il nous faut trouver un moyen, même provisoire et de fortune pour justifier rapidement une existence décidément aussi inestimable que définitivement injustifiable!

Le contentement et la tristesse n’ayant pas les mêmes racines l’absence de l’un ou de l’une ne garantit pas celle de l’autre de même que leurs présences respectives ne garantissent jamais celles de l’une ou de l’autre

Et la langue de nous conduire et de nous reconduire encore et encore au Seuil de ce Seul Silence dont elle aura donc toujours déjà été comme entourée et habitée, pénétrée et traversée

A propos de tout être vivant pris au début de son existence il est légitime de parler d’un développement naturel et coordonné de diverses facultés même s’il arrive que les unes se déploient au détriment des autres. Lorsque cet être se rapproche de sa fin naturelle il s’agit alors plutôt de parler d’une capacité de résistance à l’amoindrissement, à la désorganisation et pour finir à la disparition de cet ensemble de facultés et cela même si cet amoindrissement de la plupart d’entre elles peut, à l’occasion, favoriser un développement tardif et passager de certaines autres…

Concernant cette liberté intérieure à laquelle nous tenons tant et qui devrait nous permettre de nous considérer constamment comme entièrement responsables de chacun de nos actes comme de l’ensemble de nos acrobaties mentales ou spirituelles il semble bien que nous ayons été, et depuis le début, condamné à ne cesser de lui courir après…

Nombreux ceux pour se lancer dans d’interminables joutes, y faisant assaut des plus subtils paradoxes et cela avec d’autant plus d’impudence ou d’insolence que le véritable enjeu de ces mêmes joutes leur apparaîtra peu à peu plus vide ou plus insensé!

Il ne faut pas simplement savoir rester soi-même mais, encore et toujours, pouvoir le redevenir après avoir subi la tentation de l’autre labyrinthe.

Que ce soit d’un point de vue théorique ou simplement pratique le raffinement reste un art subtil de la différenciation, du retournement ou de la variation qui peut tout aussi bien servir les desseins de notre indispensable et généreuse bonté que ceux, beaucoup plus inquiétants et sombres d’une très fidèle et très avare méchanceté…

La générosité de l’intuition ne cesse d’offrir à la raison de nouveaux horizons et de nouvelles perspectives pour y traces ses plans et y projeter ses admirables constructions tout autant que pour s’y perdre en se métamorphosant en de surprenantes et parfois très inquiétantes monstruosités!

Quelle que soient son étendue et son degrés de profondeur notre ignorance peut, et cela selon des circonstances qu’il ne nous appartient pas de pouvoir anticiper avec certitude, soit se ranger du côté de notre inestimable bonté, soit, au contraire, faire le jeu d’une très sombre, très avare et très calculatrice méchanceté

La raison en parvient à ses rigoureuses et parfois vertigineuses constructions qu’en bridant résolument par la règle et le compas l’élan créateur qui en a inspiré les innombrables et fécondes esquisses…

Mais que rester-t-il du rêve des absentés?

Les formules et propositions mathématiques ne s’utilisent hors du langage formalisé dans lequel et grâce auquel elles ont été conçues que pour permettre de tester avec un maximum de précision et d’objectivité les interprétations théoriques qui peuvent être formulées à titre d’hypothèses et relativement à un domaine d’observation bien défini. En dehors de ces usages formel et gratuit d’une part ou, d’autre part, pratique et associé à la possibilité d’expériences rigoureusement menées elle peuvent encore prendre un sens essentiellement symbolique ou métaphorique dans le cadre d’interprétations poétiques ou mythologiques du Monde et de l’Univers en Devenir…

Chaque formule ou axiome logico-mathématique nouvellement conçu, toujours soumis aux contraintes d’une langue formelle et bien formée reste l’aboutissement d’un élan et d’un saut issus du plus profond et du plus secret d’un inextricable et foisonnant réseau de neurones enchevêtrés

Une représentation théorique et mentale peut-elle être considérée comme objectivement exacte et vraie autrement qu’au prix d’une approximation voire d’une transfiguration dont l’importance risque de croître à mesure de son rapprochement d’une Ultime, Unique et très Originaire première Vérité?

Et le Même de se glisser toujours aussi amoureusement hors de lui-même!

Dans l’interminable parcours de notre imprévisible et double labyrinthe à Ciel Ouvert et à Claire Voie c’est bien la langue qui, avec tout ce qui a déjà été dit ou écrit comme avec tout ce qui ne l’a pas encore été nous aura donc et jusqu’au bout réservé le secret de ses innombrables et surprenantes bifurcations!

Notre culture, en grande partie orientée et dominée par les enjeux économiques et commerciaux du développement de la techno-science ne se représente plus l’incontournable et féconde caducité de l’existence que comme un perpétuel défi à relever: de telle sorte que cette incontournable limitation ne se présente plus que comme comme l’étirement crépusculaire et désespéré d’une dégradation indéfiniment prolongée

Chacune des dimensions de notre indispensable et double labyrinthe à Ciel Ouvert et à Claire Voie est d’abord la possibilité offerte d’un Horizon où elles finissent parfois par se rejoindre pour se fondre l’une dans l’autre…

L’amour savamment entretenu et contrôlé d’un chef prétendument protecteur et bienveillant s’oppose aux risques, aux audaces et aux égarements de l’imprévisible et Providentielle Rencontre

Grand est l’Amour qui a su prendre ses marques au creux de l’Impossible!

Vraie ou fausse, fondée ou non, qu’est-ce qu’une idée vraiment neuve sinon la possibilité d’établir de nouveaux branchements pour réactiver d’anciennes bifurcations ou pour en créer de nouvelles?

Nous mesurant obstinément aux contraintes de la langue nous finissons toujours par y trouver ou par y ouvrir des voies, des passages ou des issues vers de nouvelles et parfois très fantaisistes acrobaties verbales ou spirituelles.

Dans un Monde qui semble devoir échapper toujours plus à tout contrôle véritablement humain différentes théories complotistes ne peuvent que tendre à se développer et à s’agréger entre elles pour former bientôt un ensemble fictionnel composite, interactif et fortement médiatisé dont la dimension paranoïde latente se nourrit passionnément de tous les signes disponibles d’une éventuelle confirmation!

La Seule reconnaissance dont nous continuerons à guetter les signes est déjà celle du Partage et de la réciprocité

Les questions peuvent demeurer longtemps en attente d’une réponse suffisamment sûre tandis que la description restera indéfiniment en quête de son propre commencement. L’ordre Seul, de son côté, pour ignorer trop souvent toute forme de consentement.

S’il s’agit de se forger une âme alors ne lésinons pas sur le nombre de coups de marteau!

La réussite amoureuse est la solution partagée, pas nécessairement durable mais de préférence discrète de deux problèmes distincts mais convergents qui, jusque là, n’avaient pas même été perçus ni formulés et encore moins anticipés!

L’idée d’une Vérité Universelle et mathématiquement structurée que l’on pourrait approcher et partager en la construisant et en l’objectivant au moyen de procédures méthodiques constitue l’un des principaux fondements de la Science qui, toujours à nouveau, oriente vers cet Horizon sa progression multiple et zigzagante. Cette même idée et ce même idéal constituent également pour la démocratie un Horizon et le modèle d’un partage et d’une réciprocité. Tandis que la science, dans ses différentes branches, progresse grâce à l’appropriation toujours partielle, relative et révisable de cette Vérité la démocratie, de son côté, y trouve une référence commune et un idéal partagé indispensable à la compréhension de sa propre finalité comme de la mise en œuvre progressive et délibérative de la conception de la justice qui en découle. Pour le despotisme par contre cet idéal reste pour le moins suspect et la science qui s’y rattache ne vaudra jamais que pour les techniques qu’elle permet d’inventer et qu’il s’efforce alors et par tous les moyens de mettre au service de ses décisions arbitraires et de ses intentions dominatrices.

Il faut savoir goûter aux charmes subtils et vénéneux de la mélancolie: avec adresse, sans excès bien sûr mais sûrement avant qu’il soit trop tard pour les regrets eux-mêmes…

Quand on n’a plus rien à perdre il reste tout de même ce rien qui, pour peu qu’on si on s’y arrête pourrait l’être de bien des choses auxquelles on n’a pas même encore pensé!

Quel meilleur conseil donner aux Sisyphe de la lecture que de savoir se contenter plus souvent de la Seule table des matières?

Le despotisme n’est désirable que par ceux qui en incarnent la puissance ou, mieux encore, par ceux qui, en subissant l’incessante propagande finissent par croire qu’ils pourraient en profiter eux-mêmes et sont alors prêts à participer avec entrain et si possible en toute impunité au système et à l’oppression qui le fonde.

Pour celui qui, ayant longtemps cru pouvoir compter sur un Dieu Tout-puissant, Consolateur et Providentiel voit cette croyance ou cette foi se lézarder, se fêler ou se fissurer jusqu’à menacer de s’écrouler quel autre choix possible qu’entre l’imprécation furieuse ou le silence mortifié?

Certaines Majuscules semblent devoir faire systématiquement de l’ombre à Celles qui menaceraient de les approcher d’un peu trop près!

Pourquoi renoncer au Sourire énigmatique des anges si ce n’est que pour perdre son temps à guetter vainement les signes ou signaux d’improbables extra-terrestres égarés ou perdus dans quelque galaxie trop éloignée de l’Immense et tournoyant Univers?

Les meilleurs lecteurs seront toujours ceux qui sauront lire entre les lignes, entre les mots parfois et même entre les lettres s’il le faut

Mais quel lecteur faut-il être pour ne jamais se sentir envahi puis rapidement submergé par un formidable désir de prendre la fuite?

La liberté de l’écrivain ne s’atteint jamais mieux ni plus complètement qu’au cœur des nécessités d’une langue qui ne nous tient et ne nous retient que pour nous permettre de lui échapper en nous y réinventant…

Il faut savoir lutter tout en désirant la lutte au moins autant que la victoire et savoir jouir de la paix jusque dans la perspective des combats annoncés…

Ce qui nous est donné de l’extérieur ou que nous tentons d’y découvrir pour nous l’approprier, ce que l’intérieur nous livre ou ce que nous tentons d’en recueillir viennent également inspirer et nourrir une lutte qui est aussi une danse dirigée tout autant vers cet extérieur qui la déborde que vers un intérieur qu’elle ne cesse de surmonter…

Écartons délicatement les bords de nos failles, fentes ou fêlures et plongeons y tête la première au risque d’y rencontrer tantôt le monstre et tantôt le Génie

Le principe certes d’abord formel et juridique de l’égalité des hommes entre eux, fondement de la démocratie et de la Délibération qui l’anime en la justifiant n’est pas seulement un droit à faire valoir par chacun mais aussi un devoir partagé de se maintenir à la hauteur d’un tel enjeu!

Entendre parler une langue qu’on ne comprend pas est une Chance inouïe à saisir qu’il ne faudrait surtout pas gâcher par un désir immodéré d’apprendre, de comprendre et de se faire comprendre…

Plus elle se verra proche de cette Ultime dispersion dont elle ne saurait anticiper avec exactitude la mise en scène finale et plus l’Humanité sera tenté de s’offrir en spectacle de sa propre parodie!

Dans chacune des langues dites naturelles le mot qui en est venu à représenter le véritable Nom du Dieu qui serait le Seul est toujours immédiatement aussi le signe ou l’indice de l’absence, dans cette même langue, de chacun des mots servant à représenter ce même Nom dans chacune des autres

La perspective d’une incontournable et néanmoins très injustifiable future disparition devrait inciter l’Humanité à prendre une vue plus juste de la grandeur logée dans son incontestable petitesse bien plutôt qu’à se livrer sans retenue à des spéculations débridées, parfois mêmes fanatiques et dangereuses sur d’hypothétiques Planches de Salut!

La connaissance des lois qui, pour l’Humanité sur Terre, déterminent par avance une Ultime et irréversible dispersion permet tout de même d’espérer aussitôt que ces mêmes lois ont déjà pu ou pourront bientôt déterminer l’apparition, dans quelque recoin perdu de l’immense Univers, d’organismes vivants à peu près similaires, merveilleusement sensibles et terriblement intelligents!

Tandis que, dans l’ensemble, les démocraties tendent à se considérer entre elles plutôt comme des alliées ne serait-ce que pour défendre les principes et les idéaux qui les fondent les différents despotismes, de leur côté et indépendamment de très provisoires alliances dictées par les circonstances, ne peuvent pas se considérer entre eux comme des ennemis potentiels et ce pour la principale raison qu’ils ont chacun pour principe la même volonté d’accroître indéfiniment leurs puissances respectives ainsi que leurs capacité de domination.

Dans le contexte de chaque despotisme une délibération relative ou partielle peut être tolérée voire encouragée pour, fatalement se voir bientôt détournée ou manipuler au profit de ce même despotisme. Dans le Cadre d’une Délibération commune et partagée c’est constamment qu’un despotisme ou qu’une tyrannie particulière peut sourdre, émerger d’abord discrètement puis se renforcer, tenter de s’imposer en défiant ce Cadre et cette Délibération…

Il semble bien plus facile au despotisme qu’à la démocratie d’approcher la pureté de sa forme et cela peut s’expliquer notamment par ceci qu’il est assurément plus simple d’imposer par la force les choix ou les caprices d’Un seul que d’arbitrer raisonnablement et équitablement entre les options variées et parfois contradictoires de chacun pour leur trouver une juste place dans le cadre de la Délibération commune.

C’est par l’écriture, pour l’écriture et dans l’écriture que l’envolée du style a pu trouver un Paysage à sa mesure: un Ciel et un Horizon tout autant qu’une impressionnante réserve de points de chutes, d’ancrage ou de rebonds…

Quels que soient le point de vue adopté ou l’angle sous lequel on la regarde la maison du Dieu dont nous aurions pu parler, Ouverte à tous les vents, composée de matériaux venus des quatre coins de l’Horizon s’intègre parfaitement et depuis le Tout Début aux moindres aspects du Paysage sans Nom

Le véritable nom du Dieu dont nous ne parlons qu’en Silence ne se prononce que dans une langue qui nous reste inconnue. Dans cette langue inconnue la combinaison des signes de ce Nom change constamment et de façon aléatoire: intégrant de nouveaux signes ou en en supprimant d’autres pour engendrer une interminable succession de ces innombrables et très instables combinaisons…

La maison du Dieu dont nous pourrions parler a toujours eu de nombreuses pièces dont plus d’une réservées aux mécréants et autres hérétiques et bien d’autres encore destinées aux athées les plus convaincus et autres esprits forts!

Le mépris qu’on affiche parfois pour ceux qui nous contrarient n’est bien souvent qu’une projection inversée ou retournée du très désagréable sentiment de notre propre insuffisance.

L’Originaire et très inconséquente Générosité du Hasard, plongeant chaque jour ses racines dans chacun des plis et replis d’un insondable passé n’en continuera pas moins d’alimenter sans interruption ni temps mort les tournoyantes Sources d’un Avenir aux innombrables bifurcations…

L’ennui Seul pour nous permettre de découvrir enfin l’étonnante et chatoyante profondeur des surfaces…

L’étirement prolongé de l’ennui finit toujours à l’extrême bord du Vide

Tandis qu’un gouvernement despotique ne peut pas ne pas tenir l’ensemble des démocraties comme un ensemble d’ennemis bien réels ne serait-ce que par le risque constant d’une diffusion en son sein des idées et des valeurs qui fondent ces mêmes démocraties celles-ci de leur côté ne peuvent pas ne pas tenir chaque régime despotique comme un ennemi tout aussi réel et menaçant ne serait-ce qu’en raison de cette insatiable volonté de puissance et de domination qui en constituera toujours le véritable principe ou fondement!

Et pourquoi se priver plus longtemps de l’art si irremplaçable et précieux de rester suffisamment mystérieux aux autres et surtout à soi-même?

La délibération continuée ne peut maintenir sa légitimité qu’en s’appuyant sur un cadre formel approprié et par ailleurs suffisamment concret et solide pour que chacun puisse, s’il le décide, y entrer et participer en s’y soumettant à égalité de droits avec les autres ou bien, au contraire, le refuser et s’y opposer au risque d’entrer alors en conflit avec l’ensemble de ceux qui continuent de maintenir ce cadre en s’y soumettant.

Qu’ajouter au Monde de véritablement authentique et généreux sinon la marque d’un style durablement caché dans les plis et replis d’une Unique et florissante Destinée?