A l’affiche!

Sur quoi fonder les jeux d’un amour libre et partagé sinon d’abord sur le pacte librement accepté que chacun puisse inventer et réinventer les règles d’un jeu que l’autre demeure à tout moment libre d’accepter ou de refuser?

L’Impossible et Grand Amour n’est impossible que de se tenir au plus près de sa propre incapacité ou impuissance à pénétrer, ne serait-ce qu’un instant, ce labyrinthe que l’autre continue d’explorer à tâtons et parfois même les yeux fermés

Dans les méandres ou défilés entrecroisés de la signifiance, du Sens ou de la signification continuera encore longtemps de surgir à l’improviste, toujours aussi espiègle et capricieux, l’esprit d’irréductibles Majuscules

Le masque de la sincérité finit toujours par s’approcher un peu trop près de la sincérité du masque!

En régime despotique la tendance à la radicalité est contrainte de se concentrer et de s’intensifier selon la logique du pour ou contre, la logique du tout ou rien. En régime démocratique et pour autant que celui-ci maintient son propre cadre cette même tendance est amenée comme d’elle-même à se diviser et à se diversifier, à se fragmenter et à se disséminer jusque dans les marges les plus à l’écart de la Délibération continuée, légitime et légitimante…

Chacun devrait pouvoir, abandonnant l’abri de sa fantaisie partir au bon moment pour son propre tour du monde ou même pour plusieurs: suivant l’itinéraire de son choix et par les chemins les plus inattendus ou les plus insoupçonnés, quitte à revenir un jour dans les parages de ce même et indispensable abri…

Car c’est vers l’Ailleurs qu’il nous faut toujours à nouveau jeter les grappins d’un abordage qui ne nous promet que le trésor du Paysage sans Nom

L’Impossible et Grand Amour n’est jamais vraiment Grand que d’avoir su l’être d’une Seule, Unique et incommensurable rencontre…

L’incessante et parfois très fiévreuse activité déployée sans compter par un formidable réseau d’innombrables neurones enchevêtrés ne cesse d’entretenir le feu d’où jaillissent parfois ces fugaces étincelles qu’il ne nous a jamais été possible que de saisir au vol!

On ne saurait approcher au plus près de l’Ultime et bienveillante Sagesse sans être parvenu à réaliser, ne serait-ce qu’un fois ou deux, l’impossible fusion du sérieux le plus accompli et le plus décidé avec un art consommé de la plus folle et de la plus fantaisiste des improvisations!

La nuit il est plus facile de voir briller au loin les feux d’innombrables étoiles depuis longtemps disparues que de voir s’éclairer la lampe d’un voisin qu’on a croisé hier ou croisera demain…

En régime despotique il faut se méfier des fonctionnaires zélés; en régime démocratique plutôt de ceux qu’endort, insensibilise ou anesthésie peu à peu l’automatisme de la routine et de la règlementation.

Le despote n’éclaire jamais qu’enfermé dans une nuit qui va s’épaississant et où, inexorablement, s’enferment avec lui tous ceux qu’il réussi à entraîner à sa suite…

Le phénomène de la délation, qui peut s’avérer très contagieux en pouvant provoquer même une sorte d’émulation et de compétition sera toujours un des outils favoris du despotisme qui, en effet, l’utilise pour manipuler le ressentiment ou la colère de ceux dont il craint qu’ils puissent un jour se retourner victorieusement contre lui. Cette manipulation est d’autant plus aisée que nombreux sont ceux qui croient pouvoir dévier le malheur qu’ils redoutent pour eux-mêmes en s’efforçant qu’il s’abatte sur un voisin…

La nuit quand le Ciel est dégagé il est plus facile de voir briller les feux d’innombrables étoiles depuis longtemps disparues que s’éclairer les lampes d’un voisin qu’on a croisé hier ou croisera demain…

Chacun ne devrait-il as pouvoir posséder un jour une cabane à son goût, une cabane suffisamment solide et fiable pour y mettre le trésor de ses fantaisies à l’abri des regards indiscrets, des oreilles trop curieuses et des intentions malveillantes?

On ne saurait se préparer sérieusement pour l’Ultime et insaisissable Vérité en imaginant qu’il suffira de l’approcher à petits pas comptés.

Au jeu de l’impossible et Grand Amour les pièce du jeu dont on dispose peuvent devenir un temps celles du jeu de l’Autre.

Entre le choix quelque peu complaisant du fameux Pari et la transe hypnotique et hallucinée du Chaman ou du Sorcier ne reste-t-il pas suffisamment de place pour y loger l’interminable ronde de nos hésitations, tergiversations et autres indispensables faux-fuyants?

Il est tout à fait recommandé d’introduire dans la distribution des Majuscule juste ce qu’il faut de malice ou d’espièglerie pour dérouter un moment de trop sérieuses ou scrupuleuses lectures.

Et si le véritable prix du Souffle était à couper le souffle?

Le jeu réglé du langage avec lui-même et sur lui-même permet d’aller du Sérieux de la loi aux fous rires d’un jeu qui n’ignore pas le sérieux qui guette, tapis à l’extrémité de ses enjeux

Le sacrifice n’a pu devenir jeu qu’à partir du moment où a été substitué à la morte trop réelle du vivant sacrifié un mime, une fiction, un simulacre voire une parodie!

Le capitalisme moderne transforme progressivement cet homo-touristicus planétarisé qui se prend volontiers pour un aventurier en spectateur ahuri et manipulé de son propre labyrinthe devenu une marchandise elle-même encombrée d’un amoncellement de gadgets, gris-gris ou autres pacotilles

Sérieuses ou ludiques la mise en place de règles communes permet une cohabitation aussi pacifique que possible de ceux qui, néanmoins, continuent d’explorer à tâtons leurs propres labyrinthes à Ciel Ouvert et à Claire Voie.

Le jeu, ses règles et ses stratégies permettent d’échanger, de confronter ou de partager l’inattendu de nos labyrinthes respectifs…

Les rituels anciens deviennent leurs propres parodies ou caricatures à l’heure où le capitalisme mondialisé transforme ces rituels, leurs instruments et les acteurs eux-mêmes en marchandises standardisées.

Le sérieux de la loi donne ses limites au jeu en énonçant jusqu’où il est possible de le pousser et que faire des tricheurs!

Les lois ou règles éthiques et politiques sont sérieuses, très sérieuses même dans la mesure où la question de la vie ou de la morte des individus ou des groupements d’individus constitue leur principal enjeu. Les règles sont ludiques lorsqu’elles permettent de prendre plaisir à la transformation de la vie ou de la mort en images ou en fictions, en mimes ou en représentations. La limite de la représentation ou du spectacle rendu possible par ces règles intervenant là où le sérieux reprend ses droits.

Il y a dans l’exploration continue et irréversible du labyrinthe qui nous a été donné la possibilité de partager un jeu dont l’issue ultime, qui en constitue la limite la plus sérieuse, nous est déjà connue: ce qui n’est pas une raison suffisante ou un motif valable pour refuser ce jeu mais bien plutôt pour se tenir à l’écart des tricheurs!

Une éducation à la démocratie, c’est-à-dire à la délibération continuée ne saurait-être qu’une éducation à cet aller-retour perpétuel, c’est-à-dire sans résolution définitive entre une visée de l’Universel dont les sciences donnent un modèle possible et une multitude à peine dénombrable de singularités particulières, qualitatives et toujours changeantes…

Le Sens n’indiquerait-il pas la direction d’une flèche dont l’empennage serait alors une signification aussi vibrante que tournoyante et bigarrée?

Et pourquoi ne pas tenter de voir chaque Lampe de poche comme la projection d’une improbable figure géométrique dans l’espace des transformations réciproques et des résonances croisées de la signifiance, du sens et de la signification?

L’Ivresse ou le Vertige ne sont jamais si sûrs que lorsque, fermant soudain les yeux, on s’y voit aussitôt tourner et tournoyer sans fin sur le tapis d’une toujours aussi sombre, aveugle et aveuglante nécessité…

Qu’est-ce que la délibération continuée sinon, en toutes légitimité, égalité et réciprocité l’interminable et fécondant tressage de ces échanges et confrontations, transactions ou négociations entre d’innombrables dispositions, orientations ou projections vers un avenir d’inépuisables et toujours très surprenantes métamorphoses…

La mise en œuvre de l’intelligence humaine n’est jamais totalement séparable ni d’une sensibilité native à la douleur ou au plaisir, à la tristesse ou à la joie, ni d’une capacité plus élaborée à percevoir et à interpréter d’éventuels signes de cette douleur ou de ce plaisir, de cette tristesse ou de cette joie de telle sorte que cette mise en œuvre est, en principe, toujours accompagnée d’une conscience des possibilités de la méchanceté comme de celle d’une Bonté dont l’imprévisible Générosité du plus Grand des Hasards demeurera jusqu’au bout tout à la fois la Source et le Seul et indispensable Horizon…

Le souffle de l’effacement saurait-il s’approcher sans risque de l’effacement du souffle?

Composer un poème consiste à plier et replier le langage sur sa propre musicalité signifiante; l’écrire à le doter d’une ouverture indéfinie sur les innombrables versions, variantes ou variations possibles de cette même et toujours très énigmatique musicalité.

Les détenteurs particuliers et privés de la puissance économique ne peuvent pas ne pas être tentés d’influencer, de manipuler voire de falsifier ou de saboter la Délibération continuée, légitime et légitimante dans la mesure où cette délibération s’attache par nature et par principe à la visée d’un intérêt général qui ne saurait jamais recouvrir complètement leurs différents intérêts particuliers. La part manquante relativement à chacun de ces intérêts particuliers dans l’intérêt général ne peut concerner que le profit attendu par chacun de ces détenteurs particuliers de la puissance économique. Remarquons en outre que ce profit résulte le plus souvent d’une mise en œuvre toujours plus intense et prédatrice des forces disponibles de cette même puissance économique.

La très subtile et surtout très attirante signifiance du rien ne saurait s’épanouir vraiment et durablement qu’étroitement enlacée au plus grand, au plus profond et au plus Généreux des Silences

Le meilleur du Nouveau pourrait-il soudain venir dévaluer voire abolir le meilleur de l’Ancien? Et ce meilleur de l’Ancien peut-il encore dévaluer ou mettre en cause le meilleur du Nouveau? Quoiqu’il en soit des éventuelles réponses à ces questions Seuls les points d’un même cercle ou d’une même sphère demeurent strictement équidistants d’un même autre point placé au centre exact de ce même cercle ou de cette même sphère!

Il y a un mannequin ou une sorte de pantin qui nous accompagne fidèlement et pour lequel nous nous prenons d’autant plus volontiers que, trouvant cette substitution tout à notre avantage nous n’avons aucune conscience de qui tire les ficelles, ni comment, ni pourquoi…

A l’appropriation, à l’uniformisation et à l’exploitation toujours grandissantes d’un espace toujours plus encombré de marchandises normées, standardisées et toujours plus mécanisées ou robotisées sachons opposer l’anarchie d’un regard qui, inlassablement s’égare, se retrouve et puis de nouveau s’égare dans le désordre foisonnant du Paysage sans Nom

Le touriste motorisé, fort d’une puissance mécanique dont il fait volontiers et si possible bruyamment parade, se complaît à dégrader un environnement que, par ailleurs il fait semblant d’admirer!

Pourrait-on aller jusqu’à penser le rien comme l’imperceptible clin d’œil d’un inconcevable Néant?

Autrui peut sûrement venir frapper à la porte de notre labyrinthe mais que faire alors de mieux sinon lui permettre d’ouvrir lui-même une nouvelle porte à l’intérieur de son propre, imprévisible et double labyrinthe à Ciel Ouvert et à Claire Voie?

La Démocratie à laquelle nous ne manquons pas d’être attachée est constamment menacée par un despotisme dont l’arbitraire et l’autoritarisme constituent déjà une première manifestation. D’une part en effet les personnes à qui le pouvoir est temporairement confié au nom de la délibération et qui, de ce fait, ont la charge de mettre en œuvre les décisions ou simples orientations de cette même délibération peuvent de ce pouvoir et aller jusqu’à préparer sa confiscation. D’autre part chaque citoyen peut, au nom d’une liberté purement naturelle, et sauvage et redevenant par là une simple individualité passer outre, parfois même violemment, à cette délibération, à ses décisions et au cadre nécessaire à son fonctionnement et à sa légitimité.

Les automobiles et autres engins motorisés sont autant de petits fragments de propriété provoquant immanquablement chez leurs conducteurs le sentiment exacerbé d’être également devenus propriétaires de la portions d’espace qu’ils utilisent pour se déplacer, parfois à grande vitesse. Notons au passage que l’usage d’une simple paire de chaussures ne provoque que très rarement un tel sentiment d’appropriation!

C’est en se soumettant et même les yeux fermés s’il le faut à cette langue qui nous gouverne plus souvent qu’on veut bien le croire qu’on se donne la meilleure Chance d’en découvrir encore et encore les surprenantes, imprévisibles et sûrement aussi labyrinthiques possibilités…

Mieux vaut caracoler dans le multiple qu’étouffer dans l’atmosphère raréfiée de l’Un même si, à l’occasion, Celui-ci peut tout de même servir de repère ou d’ancrage pour éviter que les excès ou débordements de ce même multiple ne nous entraînent pour nous précipiter dans les affreuses turbulences d’un indicible Chaos!

L’Horizon d’Universalité qui oriente les valeureux efforts d’une Science qui en repousse et en redessine constamment la ligne ne vaut que par rapport à cette énergique, imprévisible et très inconséquente Contingence dont cette même et admirable Science réussit par moments à éclairer les fragments éparpillés…

La lutte que nous menons contre le mal parfois assourdissant venu de l’extérieur est aussi une lutte contre les forces beaucoup plus discrètes et silencieuses qui, en nous, sont déjà prêtes à céder, à pactiser ou à trahir…

Le mal qui parfois nous entoure et nous assiège a généralement les yeux froids et distants caractéristiques de cette aveugle et aveuglante Nécessité qui ne tente de nous gouverner que pour nous précipiter plus surement et plus rapidement vers l’Inévitable de la dispersion qui déjà nous attend…

La dispersion annoncée ne devrait être vue ni comme un aboutissement voire une apothéose et encore moins comme une confrontation ou l’imminence d’un jugement qui nous attendrait mais bien comme l’occasion d’une Ouverture sur un inachèvement qui, déjà, nous traverse et nous allège, nous emporte et nous libère…

L’interminable délibération sur les possibles de l’Horizon pour les reconnaître en les bien distinguant les uns des autres, évaluer leurs légitimités respectives et mettre en œuvre d’éventuels prises en charge, partages ou répartitions est bien, depuis le tout début d’une Histoire fertile en rebondissements le Seul et Unique Horizon possible de notre Commune, irréversible et au fond très excitante Solitude.

C’est dans le phrasé de la phrase, dans ce qui échappe à tout calcul et à toute préméditation que se tiennent les ressources les plus subtiles et les plus subtilement fécondes de la compréhension…

Le rien de rien n’ajoute ni n’enlève rien à rien et c’est parfois beaucoup mieux comme ça!

Ce que nous sommes tenté de nommer le rien peut être tantôt vu comme une menace ou comme un échec possible et tantôt vu comme une chance, parfois même comme une réussite!

N’est-ce pas toujours en découvrant le caractère facultatif ou optionnel de certaines Majuscules qu’elles nous apparaissent soudain beaucoup plus aimables, plus riantes même et surtout plus convaincantes?

Les soins que nous devons à l’enfant venu de l’extérieur de notre labyrinthe à Ciel Ouvert et à Claire Voie sont-ils si différents de ceux que nous devons à l’enfant espiègle et capricieux qui, en nous, continue à ne pas fermer les portes derrière lui et à vouloir marcher dans les flaques d’eau?

Les nuances de l’Irréversible sont l’Indomptable de cette nostalgie dont la Musique n’aura cessé de répercuter en nous les indispensables échos

Les différences d’opposition ou de contrariété ne sont assurément qu’une des nombreuses possibilités, variantes et variations indéfiniment entretenues et régulièrement offertes par l’Insondable et très énergique Générosité du Grand Hasard

Le droit de chacun au secret et à la fantaisie est exactement complémentaire et solidaire du devoir de respecter ce même secret et cette même fantaisie chez autrui et notamment chez tous ceux qui partagent le même souci de la délibération continuée, légitime et légitimante.

C’est en s’effaçant toujours plus complètement au cœur indéfiniment déplacé de ses propres traces que l’auteur se fait le héraut d’une langue qui ne l’habite et ne l’enchante que pour mieux le diviser ou le diffracter, le dissoudre ou le disperser…

L’Énergique Générosité du plus Grand des Hasards ne peut devenir véritablement généreuse et bonne qu’Au-delà de cette aveugle et aveuglante Nécessité qui, encore et toujours, lui permet de s’affirmer victorieusement face aux impensables esquives d’un inconcevable néant

La coercition parfois violente exercée par le pouvoir au moyen des institutions légitimes de l’État n’est elle-même légitime que que si elle reste conforme aux exigences de l’intérêt général et du bien commun reconnu par la délibération continuée, c’est à dire aussi et peut-être même surtout aux exigences du fonctionnement juste et équitable de cette même délibération.

Les faiblesses de la démocratie sont-elles, relativement à celles du despotisme ou de son cousin le totalitarisme comme celles de la gazelle relativement aux faiblesses perspectives du lion ou de l’hippopotame? Ce qui est sûr c’est que, face à l’adversité, la démocratie peut mobiliser un potentiel de réponses diversifiées et relativement autonomes et indépendantes les unes par rapport aux autres, contrairement au despotisme ou au totalitarisme qui ne s’appuient que sur la soumission de l’uniforme. Ce qui est sûr également c’est que, pour la démocratie, ce potentiel de diversité et d’autonomie est aussi ce qui peut compromettre dangereusement l’unité, la cohérence et la promptitude de la décision légitime dont doivent être issues ces mêmes réponses.

Le dess(e)in des caresses serait-il donc la Seule et Unique tangente à l’Horizon de l’impossible et Grand Amour?