Éclats du deuil (dans le gosier du temps)






Présence à l’œuvre
ce poème prochain...
Que son souffle se glisse à l'entre deux des feuilles mortes
Pieds qui s'assemblent
poches
que tout ailleurs évide

****

L'écriture à venir indiquera le Ciel
étoffe trois fois muette
et ces lignes croisées dans nos mains déjà bleues...
L'écriture à venir indiquera ce Ciel
écorce de nos doigts
de tout ce qui chuchote hébergeant la promesse

****

Le silence est à vendre, le silence est en solde
n'hésitez plus c'est jour de Chance!
Pulsations médiatiques en boucles
emballages sous vide, emballages trop beaux
que du bonheur à prix cassé!
Tentez le coup c'est au mystère gagnant!
C'est qu'on a rempli nos âmes
de grands chariots inoxydables!
Nuit et jour, sept sur sept
on teste
Nuit et jour, sept sur sept
on gratte
le code-barres du désir livre-t-il son secret?

****

Le pin nous offrira son écorce efficace
pour essuyer les yeux d'une enfance épineuse
nous aurons sur la tête l'antique douleur
du vent venu griffer sa couronne aiguilleuse...
Le pin nous offrira son écorce efficace
pour entourer tes yeux d'incrustations précieuses
nous aurons sur la tête l'antique douleur
du vent venu gifler ta couronne joyeuse!

****

Ces momies sous la cendre
comme une armée de l'ombre et d'étrange portée...
Ces momies sous la cendre
bandelettes antiques, sarcophages du doute...
Vois leurs yeux enfoncés, paupières endeuillées
sur de sombres tisons qu'une mémoire inquiète


J
ambes en l'air, pour célébrer cet enthousiasme
tout un cocktail à fleur de peau...
Jambes en l'air, pour célébrer cet enthousiasme!
Puis nous accosterons, volière d'ombres
leurs ailes emplumées, leurs ailes embaumées
Mais quelle étoile est sans chimères?

C
omme des funambules on s'adresse aux étoiles
accrochant des rêves souples
sur la corde givrée du Temps...
Creuser, chercher...
l'espoir est transparent, viendra gonfler notre besace...
Bientôt notre légèreté s'avance:
plus besoin de tente à oxygène
ni transfusions, ni garrots en urgence
juste une écharde dans nos pieds
nus...
Bientôt notre légèreté s'avance
vers mille précautions...
C'est que la Terre tourne à l'infini
axe légèrement penché...
C'est que la Terre tourne à l'infini
beau miracle qu'attise un doute imberbe et fou!

L
es oreilles pleines de papier journal
papier crépon, papier mâché
on y entend la messe et même les yeux fermés...
C'est que la fabrication des glissières de sécurité
flux tendu
permet d'envisager cet avenir avec fracas!
Alors entendez le pour votre bien
la mastication prolongée des coquelicots produit d'insoupçonnables effets
Alors entendez-le pour votre bien
la mastication prolongée des coquelicots produit d'insoupçonnables particules

O
n marchait sans savoir les rêves d'à côté
chagrins en chasse, nuages en réserve
pour que brûlent déjà, pour que brûles encore
dans l'épaisseur mystérieuse des murs
nos traces...

R
ien dans les mains, rien dans les poches
que quelques grains du sable où je m'efface
Peau morte
du Temps qui passe...
Rien dans les mains, rien dans les poches
qu'un paquet d'insolence où briser en cadence
tant de rêves en rade, tant de rêves opaques...
Rien dans les mains, rien dans les poches
qu'une étoile filante où dérocher le Ciel!
Ticket de caisse express, dix mille points gagnants!
C'est pourquoi si je tendais les bras, plus haut
déjà Conquistador
carillons de ma chair, provision d'envergure
j'embaumerais l'Azur au-dessus des oiseaux!

V
rai bourdon sans espoir
qu'on les suive la trace!
Chaque cendre est sonore en marge d'un Désert
de roses et de poussière...
Puis
que je reste mains nues, tête d'oiseau givré les écoutant me dire:
n'enterrons-pas ce rêve d'ocre!
Cécité de la Terre aux arches dépouillées
cauchemar où s'aiguise un regret Solitaire
Bientôt
Barricades fertiles, mutations en couleurs
éplucher une pomme au bout de chaque doigt...
Car déjà le Soleil en dessine les ombres
Vois
que ta main sur mes yeux dessine un Grand mystère

C
e givre sur tes doigts, escarmouches légères
pupilles endurcies des succès de l'hiver...
On naviguait au Ciel et sur du papier calque!
Bissectrices légères, épinglées au compas
médiatrices sévères, qu'on trace à main levée
puis ce double foyer des coniques parfaites!
Alors je sais le Temps mettra des circonstances
décoiffera nos insolences
Alors je sais le temps mettra des montgolfières
jusqu'au-dessus des cimetières...
Ritournelle fragile en approche d'Amour
j'y murmure bientôt
la prière qu'on doit aux oiseaux migrateurs...

B
rins de paille autour des yeux, et nos hanches tressées
la machine ronronne
nous réchauffe déjà
nous épelle déjà
Pas d’accalmie sur Terre !
Alors on a plongé, un arc-en-ciel au bout de chaque doigt...
Brins de paille autour des yeux, et nos hanches tressées
doigts de givres et poutres qui gémissent
déjà
l'orgueilleuse charpente du Doute
de mon rêve en sursit suce les pieds tremblants

D
es olives noires
nourrissent ma colère...
Ton sexe
en pressera les fruits
*****
Têtes d'algues noircies
c'est le goudron qui fuit!
Fusées clinquantes l'air
aura perdu sa transparence
et dans tes yeux déjà c'est la forêt qui brûle!
Providence accrochée, Providence livrée
au caractère imprévisible des mouches

P
as de rêves en l'air
sur le Monde des autres et sur le Monde en soi
juste une main pour passer au travers
de la vitre ce matin
Traces naïves du doigt
qui nous dit l'enfance en continue
C'est qu'on veut partir à la conquête d'un
désert vivant de fleurs...

P
ersiennes à Claire-voie
fenêtre entre-baillée
d'un Azur impossible on étire la peau!
Puis, pour se remet en route
petits bouts de papier collés sous les semelles...

L
iberté surveillée, passagers sur écoute
les caméras sont aux aguets!
Barbelés au rebut, barbelés obsolètes
l'obligation de santé fait partie du cadeau!
Alors on ouvrira des pistes, des chemins de traverse
des passages secrets, des risques inflammables...
Maladroits de naissance on trace avec nos doigts
écume d'avenir
chemins ressuscités d'une enfance givrée
pour qu'à l'Amour s'ajoute
l'indifférence heureuse des pierres.

C
rémaillère du Doute, divine Vacuité
cette étoile ensemence une Arche vagabonde..
Devrait-on prendre pieds, s'accrocher aux racines?
Devrait-on perdre pieds, déjouant nos racine?
Chemins en friche, margelles solitaires
si ta main les assemble au chevet du Grand Art
plus d'un oiseau guetteur!

J'
ébrècherai bientôt ce socle étroit de nos idoles blêmes...
car la vapeur au-dessus des centrales
n'indique aucun chemin
Pourtant, déjà, dans nos cuisses légères
ce bonheur de la marche a dépassé les bornes!

J'
ai creusé la Lumière, ignorant ce Désert
j'ai creusé la Lumière en marge d'une Absence
Rares issues
qu'une haine de glace a rendu plus étroites
Violence extrême, compression de douleur incarcérant le Doute
Pourtant je reprendrai mon souffle
pieds à plat, mains légères
Portant je reprendrai mon souffle
vraies voix, beautés anciennes
Venues d'un Horizon que rien jamais n'effacera..

D
ivision cellulaire, je veux mettre les voiles
emporter mes alarmes
vider le tiroir caisse!
Les prisons surpeuplées seront vendues moins chères
taguées de rose, électronique en prime!
Division cellulaire je veux mettre les voiles
et m'étirer la peau...
Racines à l'envers je m'enroule aux étoiles
d'un rêve en expansion...
C'est qu'on n'est plus les enfants du Bon Dieu
les enfants du par-cœur!
Derrière les barreaux d'une cage dorée
émerveillant leurs yeux seront nos âmes sœurs
Derrière les barreaux d'une cage doré
plus précieux que nos yeux sont les oiseaux moqueurs!

S
ouplesse de nos cœurs
cette prière est dans ta paume
pollen microscopique
et volatile...
Car maintenant c'est sûr
la cible du bonheur est courbe

J'
accours et je franchis les murs
les murmures de sel, marmonnements de fer
j'accours et je franchis les murs
quand bien même à genoux ce serait plus facile
Chaque langue est un feu qu'on jette aux chats perchés!
J'accours et je franchis les murs
les murmures de sel, marmonnements de fer
ne pas vendre la mèche
On se serre les coudes, on se lèche parfois
humidité des fauves de la nuit

M
ais le vent sans égal bousculera c'est sûr
nos larmes!
Fusée clinquante l'air, déjà refait sa transparence...
Mais le vent sans égal découvrira c'est sûr
nos armes!
Abeilles d'or, abeilles laborieuses
tirez-vous vite, bien vite
de tant de ruines entassées

P
ourquoi chanter encore
tous ces oiseaux blessés?
Hiéroglyphes
leurs ailes déposées...
Pourquoi chanter encore
ces rêves conservés tout autour des fontaines?
Hiéroglyphes
nos ailes désossées

B
ientôt j'accrocherai des lustres
par-dessus nos tables de dissection!
Bientôt j'allumerai des cierges
par-dessus nos tables de discussions...
Car le vin dispersera nos doutes, délivrera nos langues
et nos bras tourneront comme des roues à aube
On y mettra du temps mais il faut bien qu'un jour
on se sente moins pauvres, moins seuls
moins assassins du Ciel!
Car cette vérité dans nos silences
car cette vérité dans nos absences
c'est l'abrasion du vent sur le grain de ta peau...

S
i le Temps nous accueille, arrondissant la jambe du compas
bientôt
on grattera le dos des anges!
Joue contre joue déjà
ton sexe
nous entretient de l’Éternel

M
ères
des étoiles givrées
pères
des vertiges féconds...
Entre vos cuisses, m'absout ce lait!

L
es mains qui nous attendent au grand jamais ne sont
des étoiles filantes
Les mains qui nous guérissent au grand jamais ne sont
des prières en l'air
Les mains qui nous assemblent au grand jamais ne sont
des chagrins sous la cendre...

T
races de leurs doigts dans les champs de coton
cicatrices visibles, cicatrices obscènes
car c'est qu'à retaper l'Azur on voudrait bien se dire
les yeux pleins de charbon
c'est de l'Histoire ancienne!
Traces de leurs doigts dans les champs de coton
l'hélicoptère est gris
Vol stationnaire d'insecte
prédateur aveuglant, assourdissant et sourd!
Alors
quand au soir on découvre en silence
ce rêve qu'on habite
égrenant l'impatience
on espère déjà, on espère quand même
douceur humide des racines...

A
ux génoises du Ciel, incrustations de roses
j'accorde l'Impossible
Préserver ce Silence, préserver l'impatience
d'une vie qui s'enroule aux anneaux de Saturne...
Satellite du Doute, souffler n'est pas jouer!
On se dit qu'on résiste aux rêves automates
à la vie calculée, neurones en séries...
Y croire et seulement y croire!
L'hirondelle est en feu son nuage l'appelle

C'
est aux cris des oiseaux, moqueurs
qu'on accroche l'Ivresse!
leurs ailes
au jeu divin jamais
fidèles...
Puis les mots nous entourent c'est sûr
d'une douce morsure
Puis les mots nous enroulent c'est sûr...
Car c'est paupières accordées qu'on approche à tâtons
ce grand Vide à l'envers où claque l'espérance

A
tes mais en absence, à ton âme d'enfance
j'envoie des enveloppes mauves...
Car tes rêves absents, car nos têtes en l'air
spirales ajourées, bleues!

U
n chapeau de varech et les dents aiguisées
deux jambes ajustés sous un Soleil en pénitence
on se donne des airs de pirate ou d'Apache!
C'est qu'on veut ressembler à l'Indien qui rendait à la Terre
ce qu'elle lui avait donné
Vivantes chevauchées, corps peints, corps nus
tatouage d'un rêve, hiéroglyphes célestes
cette transe à nouveau s'enflamme et c'est le Chant
impossible calcul de toutes nos errances

C
endre des tournesols, réserve d'arc-en-ciels
sous des Lunes d'argent je disperse l'absence
Taureaux assis, nuages bleus
dans les narines du Destin je viserai ce cœur
d'une Ivresse ou noyer l'étincelle du Doute

U
n coucou qui s'obstine
amours facultatifs, intermittentes algues...
Rien
ni dans les mains, ni dans les poches
n'augure de la suite...

Quand l’Homme s’impatiente / caressant la brutalité des pierres / interrogeant leurs chiffres, la douleur préférable, leurs arrêtes coupantes / alors la Terre est un joyau inutile comme une fraise mûre / et nous admirons surtout sa capacité à absorber l’émotion, le bruissement des machines, le geste barbare, la sidérante obscénité des cimetières / car l’homme y réagit par un excès de zèle / par une production d’imprévisibles rayonnements / Le voilà qui glisse en tous sens/ lance ses bras vers les galaxies, jette ses pieds au loin et tombe sur un cortège de satisfactions glacées / Alors il faut lutter sans assurance pour protéger l’arrière saison troublante, la subtilité d’une lumière exceptionnelle / C’est notre luxe de coyote / en cette fin d’après midi quand les nuages passent à grande vitesse et qu’on peut presque les toucher / C’est notre Grand Confort, notre ruée vers l’or / d’ailleurs on y pense jamais assez car il y faut un certain tact et de la concentration / Quand à la fin les briques du château s’envolent vers une destination inconnue / alors il faut reprendre son bagage et marcher plus lentement vers des visages laborieux / Quand à la fin les briques du château s’envolent vers une destination inconnue / alors il faut reprendre son bagage et marcher plus lentement pour épargner les flaques d’eau

Passagers en alarme des belles promesses / on abaisse les armes / Quand une flamme monte à l’assaut de nos âmes / la tendresse tire à blanc / car la physiologie des larmes est encore mal connue et ce doute lacrymal engendre des effets imprévus / Dans nos têtes d’oiseaux givrés il y a des enfants comme des allumettes qui n’ont tété que de la paille sèche / La souffrance élargissant leurs yeux on ne peut plus les toucher on risque de les casser / Alors les pieds enfouis dans la poudre du Temps, l’impuissance nous transforme en pierre rêches / alors les pieds enfouis dans la poudre du Temps l’impuissance nous transforme en pierre sèche / Matrice de nos veines durcies le Ciel est une cicatrice lasse / Alors on attend les orages glacés qui nous cribleront la face, qui nous cribleront de face / Devenir élastique, pour s’élever sur place / comme des tulipes ressuscitées…

On peut pleurer chaque jour / car le Soleil n’est jamais tout à fait dans la bonne direction / Le cerveau imprégné de Musique, les ailes lumineuses, nous approchons trop vite du péage / D’ailleurs les assurances ont déjà calculé leur taux sur l’étirement de la peau et les femmes enceintes font l’objet de la plus vive attention / La nature a rejoint les carcasses accidentées, la rouille s’installe sans effort, on peut le vérifier chaque jour grâce aux nouvelles caméras magnétiques / Le blé crève les labours, tendre comme un baiser sur un genou de velours.

Le rapport des experts restera confidentiel / mais sa conclusion est inévitable / il ne faut pas laisser les sages hiboux faire joujou avec leurs poux / il faut augmenter le nombre des enseignes lumineuses et que ça clignote nuit et jour / car l’amour et la présélection des images ne peuvent être vendus séparément / Ni la fascination mélancolique, ni la tristesse des anciens clowns ne sont compatibles avec les nouveaux appareils / Alors je tracerai la route de mes paupières laborieuses et les deux pieds à nouveau disponibles / j’éviterai l’arrogance chromée, la contorsion des prospectus, le nirvana phosphorescent / Plus besoin de fichiers ni de joies facturées toutes taxes comprises / Quand nos doigts reprendront leur souffle consistant, les abricot trop mûrs / les pommes assouplies qu’on épluche par cœur / la poussière qui vole et nous pique les yeux d’étoiles douloureuses / seront notre trésor / D’ailleurs nous n’avons pas choisi les programmes choisis ni les soins à la carte et si les mots reviennent / Le Soleil est un chat l’angoisse une fourrure

L’avenir des bibliothèques / assuré à la pointe du progrès, notice jointe / La numérisation des catalogue permet déjà une décontraction extrême, car on peut bifurquer et la connexion nous entraine vers une autre configuration des données. / En cas de panne, prévoir la sauvegarde du paysage / C’est une question de survie / Plus besoin de l’aurore boréale pour s’assurer la présence des arbres / Car on n’est plus des débutants et l’on sait maintenant que la Grande Ourse navigue à des années lumières / Les artères gonflées de chaleur exotique et les veines remplies d’étoiles inondées / on accumule une rare loyauté / Car c’est en tâtonnant que nos mains l’ont appris / l’écorce vieillit lentement / Car c’est en tâtonnant que nos mains l’ont appris / l’angoisse apprivoise l’écorce

Tout a été dit trop vite / nos oreilles finiront par ressembler à l’écorce des arbres / rugueuses et grises comme un flot de lave durcie / Car il faudrait traverser sans hâte l’espace de nos cathédrales intérieures / ignorer ceux qui tournent les pages sans rêver dans les marges / contourner de gigantesques statues blêmes / là où l’amour propre donne les meilleurs résultats, échantillons gratuits pour tous / La veuve et l’orphelin seront d’une propreté parfaite, dans une intimité décontractée / D’ailleurs chacun le vérifie nuit et jour et cela malgré le décalage horaire, que les bras enfouis dans la rivière c’est le triomphe de l’eau claire / chevelure éludant ces aveux ondoyants / sa tendresse obstinée nous occupe longtemps / Nourriture d’oubli savamment attisée / il faut laisser le Monde apparaître au fond, comme une vibration plus dense

A cette hauteur / on risque de créer de véritables histoires / l’inspiration échappe au contrôle / Pourtant les nuages ne seront pas plus perfectionnés ni les clochards moins désespérés / Quant à révolutionner la paléontologie nous préférons filmer la mutation des coquelicots / Car ils sont partout / Anonymes et seuls fuyant la mesquinerie des distributeurs et leur bruit de crécelle / C’est dire l’importance de ces poèmes non datés comme d’impérissables assauts de patience / D’ailleurs l’enfance aussi a ses travaux d’Hercule / Et c’est si simple et c’est si gai, si prometteur et si enrichissant / Alors nous serons prêts les poches pleines de billes et de lacets / à affronter le traitement numérique de la jubilation / Alors nous ne serons plus Seuls devant ce vide opaque / Car le découpage des ceintures de sécurité est un travail de longue haleine / pour réussir il faut refuser le désert à crédit / pour réussir il faut devenir plus léger / pour réussir il faut s’emplir les narines de beauté

Sur la Terre insomniaque / la pauvreté nous a creusé les doigts / Mais sous le seuil de subsistance il y a des pilules d’arc-en-ciel / Alors on consolide les digues ordinaires / Grâce à une gigantesque production le béton sera vendu moins cher / et les décideurs indestructibles pourront dormir sur leurs oreilles, préservatif compris / Pourtant l’avenir est encore là, plus riche qu’on ne croit / Car la musique nous précède et c’est notre façon de bouger, sans chef et sans tribu pour traverser les murs à la recherche des loups blancs / Car la musique nous précède et c’est notre façon de bouger, sans chef et sans tribu pour traverser les murs à la recherche des amants / et sur nos mains précaires d’indécidables déracinés / se lira le Silence habité / la protection des Majuscules / le temps qu’on a dilapidé

Ouverture à cœur / L’opération est prévue pour durer / le secret médical suspendu l’évolution de la situation est instantanément connue / On a tout misé sur le rouge / Les chirurgiens surgissent, ils ont chaussé leurs bottes de sept lieues et c’est le plus beau cadeau qu’ils puissent nous faire / et c’est à prendre ou à laisser / et c’est à prendre avec un grand verre d’eau pour le maintient de l’acuité visuelle / Alors faites vos jeux rien ne va plus, c’est c’est plus moderne et c’est plus sûr / Une lueur d’espoir est régulièrement transmise aux destinataires mais on manque de la codification précise qui permettrait de mettre la confiance en mémoire / D’ailleurs il n’y a pas de solution idéale / D’ailleurs il n’y a pas de solution définitive / Car il y a des irréductibles, comme ces artistes qui préfèrent se remplir les poches de cendres / pour y planter leurs armes et doubler le Cap de Bonne Espérance / Comme ces artistes qui préfèrent creuser la Terre avec des larmes pour y cacher la transparence et disparaître sans adresse / Car même en version originale et sur un écran plat toutes ces particules de tristesse ne sont pas commercialisables et c’est pourquoi / quel que soit le nombre de leurs pages et le grain de leur peau / il est sûr que les dictionnaires ne pourront avoir le dernier mot / D’ailleurs il est préférable de ne pas les laisser à la pluie car pour la restitution du mystère / et pour que l’échec soit une apothéose et même si les averses sont douces / il faudra prévoir l’échange des fous / Car pour la restitution du mystère et pour que l’échec soit une apothéose et même si les averses sont douces / il faut prévoir échec et mat!

L'
air,
pistache du Soleil où mes mains prennent place
Car bientôt sa lumière
testicules d'azur, tombereau virginal
déversera ses traces...
Maintenant c'est à la Source
impatiente
et boivent les vieux cerfs et leurs enfants de soie...

I
nsistance verticale, résurrection de l’œil
lointains désembaumés de la mémoire
où flotteraient des sarcophages...
La peine a mis nos pieds à plat, nous a fermé les yeux
j'ignore ses couleurs, mais c'est de cette pourriture
que viendront la lumière et les pruniers en fleurs...
*****
Pierres pensives
j'applaudis l'hirondelle au grès des angles morts
Touffes du Chagrin, souffler n'est pas jouer
quand je reprends confiance en nos paumes gercées
*****
Calme brûlé, photographies tremblées
alors nous glisserons comme des bulles...
Voiture qui sent bon et toi qui sait que je préfère
noyer les poissons rouges
dans l'atmosphère
*****
Insistance vitale, on s'attache les mots
et l'alpage blanchi, et le vent vertical
sur ce bout de papier que l'Horizon déchire...
Insistance vitale, cercle du bénitier
dans tes bras qu'arrondissent des dieux en vacances
je brûle à petit feu les carquois de l'enfance.
*****
Nuages dans le Ciel je veux suivre la trace
de leurs métamorphoses
Aux lueurs du Couchant j'abandonne le reste
*****
Ces grottes préparées maintiendront l'avenir
captif
Terre d'ocre aux hommes de la petite fumée...
Juste le temps d'aller cueillir entre nos cuisses
l'apocalypse des roses...
*****
Origine
ce désir qu'on accroche aux ailes du miracle!
C'est ainsi qu'une abeille ou qu'un dieu mélangé
accueillera pour nous la rhapsodie des anges...
Car bientôt nous tracerons, vivante sous l'écorce
la tresse de nos doigts...
*****
Le bleu du Ciel étonne
nos âmes sous caution
pupilles en cavale, ordre de dispersion!
Le bleu du Ciel étonne
ce chagrin sous la cendre, trop de rêves à vendre...
Le bleu du Ciel étonne
nos larmes asséchant le lit d'une rivière
cet éclat dans tes yeux pour unique fontaine...
*****
Q
uatre mais de papier traceront l'arabesque
où ne luit tout entier qu'un buisson de Silence...
Quatre mains de papier brûleront au bûcher
plus beau dans ce mystère
qu'aux angles arrondis la musique des sphères...
*****
Cavalcade d'oiseaux
Immortel éventail de nos chagrins à vif!
Car
pour voir venir la Chance aux souvenirs entiers
un peu de Sel sous les sabots de nos rêves impairs...
C'est que le ventre a faim, c'est que la main tâtonne
ce chœur aveugle des violons...
*****
C'est au creux d'une vague
deux pieds en suspension...
L'accumulation a fait le vide, a préparé le Sens...
Bientôt l'écart, digestion victorieuse
propulsera d'un coup dans tes narines bleues
la mousse en feu de nos étoiles brèves
*****
Éperons de velours, cuir de nos habitudes
il caresse les plis de sa robe l'éclat
Car c'est du bout des doigts que la prière des hommes
leur ouvre en grand les portes du Soleil!
Et de ces grimoires d'enfants s'envolent à nouveau
deux cents cocottes en papier!
*****
Quelque part en exil, ce papier qu'on déplie
genoux contre genoux, comme une eau de jouvence...
Quelque part en exil, si ma langue s'obstine
dans nos crânes sous vide étrécissant le doute...
Quelque part en exil un rayon du Soleil
notre vie vagabonde et ne tient qu'à ce fil...
*****
Si la chanson nous tient feuillages rassemblés
visages adoucis, racines enlacées...
Si la chanson nous tient rebelles attentifs
pieds et poings libérés, crinière aux quatre vents...
Si la chanson nous tient généreux héritiers
amoureux aimantés de nos âmes en fuites
comme aux rêves enfouis leur unique Festin...
*****
Sur l'établi parurent
résurrection du Doute, oracles en poussières
ces charmes qu'on attache au front d'anciens amers....
C'est pourquoi je préfère
dans la paume de tes mains, dans la cerne de tes reins
tracer mon alphabet à col de cygne
Les cigarettes de l'hiver, toujours, brûlent en nous le Paradis...
*****
Abreuvoir du Silence entre ses notes claires
l'eau
coule de source sûre et circulaire...
Maintenant qu'il voudrait bien ne plus se taire
que l'angle des étoiles
y fasse un feu plus qu'à l'accoutumée
Tremblement des lilas, âcre odeur de pétrole
et
ravines recousues
qu'à quatre mains son ange nous guérisse...
*****
Racines éparses, racines écartés
fouillant au Ciel l'éternité du Doute!
C'est que nos têtes emmêlées, fiévreuses
s'échangent un mystère entier...
Alors pour ceux qui reviendront, mendiants et taciturnes
voici la Nuit réconciliée...
*****
Grands esclaves sonores, pulsations médiatiques en boucle
tant de rêves en vrac, tant de rêves à sac
car c'est le dos au mur!
Méditation sous vide
rafales d'étincelles
sans étancher la Soif!
Alors on a cherché l'accord, pieds nus sur une Terre d'Ocre
et sur le bout de chaque doigts
notre jeunesse est en lisière
Sursis de beaux rivages, sabres de magiciens hilares
cette fleur où ma peau s'accroche à l'espérance
puis
comme un retour aux sources sûres
et que l'on trace à main levée
cette Voûte qu'un Doute élargirait encore...
*****
La mort n'en saura rien
qu'une fève arrondie dans ma bouche et le pain
gardera ce mystère
La mort n'en saura rien
qu'une abeille obstinée découpe le chagrin
repli du désespoir
La mort n'en saura rien si la mer se retire
carcasse musicale aux anciens coquillages
qu'une épave attentive au Seul sexe des anges...
*****
Mosaïque du Ciel, beaux rêves en déroute
sous la cendre son miel a fait glisser le doute
Mosaïque du Ciel, je battrai la campagne
l'alouette me nargue, enveloppe l'Azur
Mosaïque du Ciel, décombres du Silence
dans tes yeux qu'arrondissent mes larmes en fuite
l'amour à contre-jour...
*****
Dans ta chevelure mauve
grands espaces
où gravite déjà l'étoile des confins
Terre d'accueil, Terre d'exil
la même pour tous où récolter l'offrande...
Et maintenant si ton sourire
préserve sa lenteur
il suffira qu'un escargot, il suffira qu'une hirondelle
les emporte captifs...
*****
L'aiguillon du Mystère
douceur exquise aux marges des salines...
Plus tard il nous dira qu'inventer le bonheur
exigerait le mauve des outils
C'est alors qu'une flèche, empennage nuptial
bousculera ce rêve opaque des tisons...
*****
Abreuvoir de l'Oubli
ce rire est transparent où nul écho ne songe
qu'un avenir étroit nous rendra la monnaie
Vagues interminables, comme un allaitement des astres
et sur la rouille des rails
l'attente nous efface.
Car le moment venu j'ouvrirai cette bouche
ô défunte symétrie
pour y sculpter ma langue et noyer sa douleur...
*****
Mon âme vagabonde et ne sait si ce jour
tourne tourne la Terre autour de son Soleil
Mon âme vagabonde et sans cesse m'étire
car à l'amour je tiens et de la tête aux pieds
Mon âme vagabonde, son errance m’entraîne
d'une poche percée vers une autre qui donne
sa langue de vipère aux seuls chats de gouttière...
*****
Caresse du lichen, le courant passe entre les mots
court-circuite le cœur, raccommodant le Jour...
Attentive pudeur
Mémoire qui s'enfuit sous un éboulement de fleurs!
Car c'est au cœur des choses
toujours
que la nuit nous échappe...
*****
Dans le gosier du Temps j'écarterai l'Absence
chagrins à prix coutant, fermé pour inventaire
Dans le gosier du Temps j'écrirai ce Silence
plus tranchant que l'acier flexible des avions
Dans le gosier du Temps les chagrins s'effilochent
chaque espoir à genoux, tous rêves confondus
dans ce gosier pourtant j'ajuste ma prière
paupières enroulées tout autour de la Terre
*****
L'Ange des pauvres mots suscite l'espérance
sillage dans le marbre où gravite sa Chance...
L'Ange des pauvres redessine un secret
comme un Cercle doré, hors du calendrier...
L'Ange des pauvres mots s'enroule d'une étoffe
de laine où sont inscrit pour les garder au chaud
nos chagrins tête-bêche, nos chagrins décousus...
l'Ange des pauvres mots qu'on lui fasse les poches!
*****
J'ai creusé le sillon d'une enfance électrique
locomotive courbe, locomotive sourde
hurlante sur les rails et sous les ponts d'un seul désir!
Ainsi la langue a fait le lit des amours sûrs
de tout oiseau jamais fané...
C'est que toujours nous resterons
fruits
C'est que toujours nous resterons...
Cette dentelle est l'élastique de nos jours
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Ville vorace, verticale et vainqueur
de toutes nos vertèbres
poings levés sous de fières bannières
tous nos baisers sauvegardés de justesse!
Ville vorace, verticale et vainqueur
cette alarme est soudaine
éloignez vous de la bordure du quai! Vous le savez nos armes
sont à très haute tension!
Et tout ça pendant que l'enfant, dans les bras nus de celle
qu'il émerveille
nu comme l'abeille, rose comme du miel
rêve du sang des fièvres abyssales...
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Draperies insolentes
ce ventre de goudron déchaîne l'Océan
pétrifiant l'espérance
tous ces oiseaux noircis, gluants
s'empêtrant de varech, asphyxiés de goudron!
Draperies insolentes
poubelle qui dégorge un rêve de plastique
l'emballage nouveau conditionne le geste
diminuant le Ciel.
Draperies insolentes
la main du réfugié ne connaît plus la porte
qu'on ouvre chaque jour, même les yeux fermés
Draperies insolentes
ni la pluie, ni le vent, ni le givre des toits
ne peuvent échauffer le cœur des absentés
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Rosaces du Midi, dans tes mains l'Avenir
tracera ce jardin racines enlacées
Rosace du Midi, l'Univers se dilate
fragile et minuscule, Terre qui nous échappe!
Rosace du Midi, l'allégresse du site
pierres d'angles en tresses, leurs anges ajourés
s'échapperont d'un coup d'aile sous tes paupières!
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Dans ce Cercle des bras je veux fendre les flots
récolter la tempête
poussière sur les toits, cendre des cimetières
Dans ce Cercle des bras j'embrasserai la sève
tendresse vaginale, ô sang des orchidées...
Dans ce Cercle des bras pour dompter la tempête
vaincre tout ce béton, loin des anges déchus
à nos paupières accordées j'attacherai ce rêve
et sa lucidité
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Si ta bouche s'enroule aux courbes de la Terre
Ô vertiges sonores, ô tigres de papier
contre vents et marées j'ajusterai ma Cible...
Si ma bouche s'enroule aux courbes de la Terre
j'ai vaincu la fatigue, rempli cette corbeille
et glisse entre les doigts de la mélancolie...
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J'habite une éclaircie d'allégresse calcaire
forêt de cygnes, pages blanchies, neige soufflée
comme en haut des falaises un vertige toxique!
J'habite une éclaircie alors pourquoi ne pas
encore au Seuil, déjà vainqueur
rassemblant les éclats d'une rêve stupéfait
déployer ce matin les Ailes du grand large?

P
lanche de salut
qu'au rivage une houle dépose fervente
parmi les bois flottés...
Joyeux pistil aussi
tes reins noués vers ce nouveau départ!
Ailleurs c'est un baiser qui lève
gibier d'odorante bruyère
où la mort a plié les sables du remord

B
elles planches qu'on déplie
d'une main dédoublée!
Contreplaqué du rêve en attente des mots
cette magie dans l'air a conservé nos larmes
a conservé nos armes...
Assurément qu'un jour il faudra prendre part
prendre son tour de garde...
Quelle odeur de café ne jette vent debout?
Maintenant c'est la Terre et sous les bois mouillés
son murmure très bas nous dénude les pieds
le Temps n'est plus compté