Quand on construit un poème on dessine déjà, et à mesure, un nouveau paysage qu’on ne découvrira vraiment qu’en écartant le poème, une fois celui-ci achevé. Et c’est dans la révélation de ce nouveau paysage qu’un poème nouveau pourra, à son tour,venir prendre place…
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En exil, en transit, en recherche d'un lieu de la fuite du sens au désordre des mots hommes décrochés hommes désossés que l'ivresse a gagné guetteurs sacrés d'étoiles orphelines le temps vous a blanchi les yeux, froissé la peau, tiré le sang... et c'est pourquoi vos cheveux sont plus souples votre nez plus délicat, oreilles à l’affut... Vous! Toujours en marche vers les forêts, les étangs, les crêtes escarpées Vous! Maintenant préparés au plus Grand des Hasards le Seul qu'on puisse boire à la source sa Source car Dieu lui-même est à réinventer sans cesse... Forêts de signes, vertige des falaises, hypnoses aquatiques c'est qu'on a creusé le Silence à la main... Le Silence et nos doigts dans la résurrection des jours fertilité du rêve au centre de nos nuits... On en fait des réserves, on s'en met plein les poches! C'est qu'il en faut face au grand bavardage grande lessive médiatique! Décervelage en boucle et en direct! Cerveaux pliés, plus rien à déclarer Alors on reste en embuscade et c'est notre bonheur notre luxe de coyote et c'est à prendre ou à laisser pour saisir notre Chance notre douleur non-fardée, notre Joie sans tristesse Hommes décrochés hommes désossés que l'ivresse a gagnés guetteurs sacrés d'étoiles orphelines le temps vous a blanchi les yeux, froissé la peau, tiré le sang mais voyez-vous là-bas... aux Ultimes Confins s'abreuve un Généreux Hasard
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J'ai poursuivi l'Amour en robes et dentelles pantalons et jaquettes! L'amour qui nous saisit, celui qui se dérobe et celui qu'on approche à pas de loup, à pas comptés, à pas toujours plus proches L'amour qui nous saisit, celui qui se dérobe et celui qu'on approche d'une main qui tâtonne et peut-être demain lui fermera les yeux... J'ai poursuivi l'amour en robes et dentelles insatiable et frivole, pantalons et jaquettes, chagrins et pirouettes et n'aurait conservé sous un crâne fiévreux bien que fort dévoué, peut-être un peu fêlé renonçant peu à peu aux cheveux qui lui restent qu'un écheveau qui tourne et va s’effilochant...
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J'ai longé les falaises du Doute et d'un rêve parcouru les saisons, traversé des déserts, survolé des abîmes les gouffres de l'Enfer où s'agitent grinçants, couinant, pantins épileptiques des squelettes furieux, grimaçants et maudits! J'ai longé les falaises du Doute et d'un rêve accueilli la fraîcheur inouïe des matins le Soleil au Zénith, la brûlure des pierres désespérant parfois de l'haleine du soir où viennent reposer les ombres du Destin. J'ai longé les falaises du Doute et d'un rêve abreuvant ma besace aux rigueurs de l'hiver piquants comme des roses aux automnes de feu, aux étés en chaleur aux printemps d'espérance et de fleurs endurcies. J'ai longé les falaises du Doute et d'un rêve Maintenant chaque jour, au matin vers cinq heure je prépare un café, inhale son arôme et goûte une saveur... Corsé? Fruité? fait griller quelques tranches, les recouvre de beurre... Maintenant j'en suis sûr la journée commence bien! Dans la salle de bain je me brosse les dents moins nombreuses qu'avant et pas suffisamment! La glace me renvoi la tête d'un enfant, cheveux rares et blancs aux joues qui lentement se creusent en-dedans et dont les rêves oubliés reviennent en secret fécondant des envies, grappillant des sursis ressuscitant l'écho d'une vie de maraude errance vagabonde et nourrie de rapines... J'ai longé les falaises du Doute et d'un rêve y cherchant des lumières, aurores boréales, scintillements obscurs étoiles dispersées d'un Unique Hasard
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La pression de mes paumes, aux tiennes accordées nos mains ont circonscrit la douleur nécessaire et maintenant nos doigts se sentent ajustés. Baromètre du Doute, alertes en mémoire piaulement suraigu des araignées de mer inaugurant leur sacrifice... En ce temps les enfants s'abreuvaient d'insouciance cultivant l'interdit, recrachant l'insolence impatients de goûter l'insoumission de vivre! Oui! Quel amour ne déplie les marges d'un secret Oui! Quel amour pour ne pas s'inquiéter d'un silence d'une absence à l'appel des promesses de l'aube? Il y avait parfois un peu de sable dans les chaussures et pourquoi pas dans les chaussettes? Et pourquoi pas des coquillages? Un goût de sel au creux de nos bras non-vacants le superflu toujours avait cette part belle qu'on réserve aux hiboux, aux cailloux, aux joujoux aux genoux accordés, aux élans de passages aux inspirations d'un chant sans rimes ni raisons
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J'écrirai plus doucement réfléchissant le bruit que font en s'ignorant nos âmes égarées nos âmes esseulées... J'écrirai lentement chaque chaque mot détaché chaque mot dégrafé chaque lettre choisie pour esquisser son sens en avance des autres prenant des airs absents, arrondissant mes angles comme feuille penchée sur l'espace au-dedans délivrant en secret les grains de sa lumière
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Le Silence et le Vide entourent nos écarts oscillation du Cap, sirènes du départ, errance de l'exil! A deux doigts de l'amour on oublie tout le reste accrochant ce Seul rêve aux imprévus du Ciel
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D'un Silence profond renaîtra la Musique j'écouterai ses ombres autant que sa lumière... Dissonance harmonique, mélodies enchâssées, envoutements rythmiques... D'un Silence profond renaîtra la Musique puis nos pieds saisiront la tendresse des pierres leurs arrêtes risquées, leurs arrondis moussus...
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Une tige ou un tronc est-il un passage obligé nécessaire et si sûr pour qu'une sève nourricière, printanière et têtue remonte lentement, remonte patiemment depuis cet enchevêtrement d'innombrables racines radicules ou radicelles jusqu'aux extrémités feuillues de chacune des branches? Arrondissant ce Mystère l'Amour caillou tremblant dans la chaleur d'un été mûrissant et bientôt moissonné se projette soudain, se projette déjà dans l'Ouverture d'un Monde à nouveau rassemblé... Arrondissant ce mystère l'Amour caillou tremblant dans la chaleur d'un été déjà mûr y ajoute en riant les armes du bonheur
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Nous étions libertins, sans peur et sans reproche nos écussons flambaient de gueule et de dentelles le sang nous affluait, le sang nous échauffait repeignant l’avenir en dix mille promesses repeignant l’avenir en dix mille prouesses ! Dans l’attente du soir on fourbissait nos armes préparant l’embuscade, l’escarmouche galante la joute qu'on engage en tout bien, tout honneur... Nous étions libertins, sans peur et sans reproche implorant le Très-Haut d’accorder notre fougue aux émois d’une belle indocile et farouche
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La fin s’approche et je m’en fiche la fin s’affiche et moi j’empoche les dividendes d’une vie remplie d’envies de contrebande à contre-allée, à contre-Sens chargée d’audace et de voltiges vertiges à la clé... La fin s’approche et je m’en fiche la fin s’affiche et moi j’empoche les dividendes d’une vie de chevaliers en embuscade de caprices d’enfant, de jalousies fécondes prestige de l’Indien fumant la pipe des Anciens La fin s’approche et je m’en fiche la fin s’affiche et moi j’empoche monnaie de Singe ou bien de Pape le résultat de mes écarts, de mes zigzagues et volte-faces tous ces fou-rires de brigand, ces faux-fuyants de vieil escroc! La fin s’approche et je m'affiche la fin s’affiche et je l’empoche qui déjà me défait et déjà me disperse aux quatre coins du Grand Oubli
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La mesure du jour est une terrasse qui s'ouvre poste de guet, balcon propice sur un paysage qui s’offre à de belles moissons... L’olive est bien trop verte, l’abricot déjà mûr et le bleu des lavandes bruissant d’abeilles affairées! Collines arrondies d’où surgissent parfois, tranchantes, leurs roches acérées ces falaises dressant leur blancheur de calcaire cassée d’ocre ou de brun... La mesure du jour est une terrasse qui s’offre poste de guet, balcon propice pour y entendre ce message adouci de verdure venu de la rivière, obstinée, familière dont l’eau claire, nourricière et précieuse, incessante s’écoule nous échappe et s’enfuit emportant sa chanson pour la fondre là-bas dans les sourds grondements d’une mer ancestrale, capricieuse et puissante mais que d’ici l’on n’entend pas
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Le chemin du poème est un chemin de ronde protégeant le secret de cette Immensité où s’inscrira demain la course d'un nuage venu nourrir ses sources, rafraîchir nos blessures Le chemin du poème est caché dans tes mains dont j’ouvre à demi-mots les dix doigts couronnés j’y veux moudre le grain d’une errance amoureuse de sa ligne de chance aux agapes du jour Le chemin du poème est rempli de voleurs de brigands en maraude venues pour détrousser l’hésitation sonore ligoter ce mystère aux vertiges du sens On y perçoit déjà le chant d’une sirène venue tenter sa Chance au jeu du Grand Amour Le chemin du poème entre deux sentinelles se faufile et se perd on y cherche à tâtons les pistes oubliées d'une enfance au parfum de rêve et d'embuscades! Le chemin du poème est un sursit qu’on gagne fantômes effacés, chimères en cavale, monstres évaporés liberté de cingler vers des lointains chargés de senteurs inconnus de parfums oubliés ressuscitant ce chant d'une enfance à venir quel oiseau ne déplie la fraîcheur des matins
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La panthère a surgi du milieu de la nuit ses pupilles griffées de fils d’or ou d’argent elle a pris mes cheveux pour en faire une tresse et voulut en fouetter l’innocence perdue… J’étais mis au défi, j’ai relevé ce gant quand n’avais de soutien qu’en un verbe précieux dont j’ai fait cet éloge indocile et fiévreux tel un collier qu'on serre au cou des voluptés
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J’ouvre cet éventail où d’immenses oiseaux, déjà déplient leurs ailes d’or en direction du Ciel J’ouvre cet éventail et murmure l’appel au Silence des morts de beaucoup plus nombreux que les vivants amers qui voudraient bien refaire un petit tour encore... Chant du cygne à genoux devant cet éphémère la musique déplie les couleurs du manège un petit tour de plus, un petit tour encore Chant du cygne au regret de sa mélancolie
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La chaleur revenue nous accable déjà c’est bien l’été tant espéré, c’est bien l’été tant attendu! On se met à l’abri sous l’ombre des grands arbres on ouvre les arceaux d'ombrelles toutes blanches on ferme les volets, préservant la fraîcheur qu'apportent en tonnant les orages du soir... Au zénith, à midi, le Soleil tape fort! Les chapeaux sont de mise, en paille ou de coton... Sueur à volonté, au diable les chaussettes ! Faudra laver souvent tee-shirts, culottes ou chemisettes…
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Ce matin quelques brasses dans l’eau d’une piscine au fond plus bleu que bleu! Et bientôt sur son bord je reste en plein cagnard une brise m’assèche, mon âme s'évapore, mon âme disparaît Incessante stridulation d'insouciantes cigales
***** S'accrochant aux rochers environnés du bleu bourdonnant des lavandes les genets sont en fleurs, les genêts sont en fête... partout leur jaune d'or éclot dans lumière! Et moi sandales de l’été maintenant baptisées dans l’eau si claire, si fraîche et chantante de l’Ouvèse je m'arrête et respire, je regarde et me tais
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Tu m'écoutes et me crie qu'à l'ombre des grands arbres il n'est jamais trop tôt, il n'est jamais trop tard pour ouvrir l'éventail, y tracer le dessein d'une vie vagabonde, d'une vie de maraude! Moi j'écarte un beau rêve où tu n'as pas ta place imagine un secret plus vaste et parfumé où nous pourrions danser tout autour des fontaines... Tu m'écoutes et me crie qu'à l'ombre des grands arbres il n'est jamais trop tôt, il n'est jamais trop tard pour ouvrir l'éventail, y traquer l'aventure... Découvrir des oiseaux leurs ailes déployés par-dessus l'incessant gazouillis d'une source larmes évaporées d'un grand bouquet final!
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J'ai compté les cheveux d'une antique Déesse aux paupières baissées, aux seins effarouchés... Tu as saisi les mains d'un moine famélique compté ses cheveux blancs, remarqué sa détresse... Ils bradent le Silence et sacrifient le rêve dans le vif du sujet découpant leurs lanières n'accordant à la vie que calcul et profit! J'ai compté les cheveux d'une antique Déesse accomplissant le rite en mémoire du vent tu as saisi les mains d'un moine famélique entouré cet instant d'une Seule caresse déroulées jusqu'aux bords d'une nuit d'insomnie
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Les enfants du Silence ont grandi près des sources multipliant nos forces merveilles entassées dans les chagrins, l'hiver conservera ce fruit de toute d'obstination entêtements tenaces, caprices entêtés qu'une abeille dévote a voulu contenir en-deça de l'amour et déclarer sans suite... Nous étions affairés, loin des eaux entravées croupissantes et sombres loin des eaux saturées, toxiques et mortelles où l'on voit des poissons, nageoires immobiles surnager, ballottés, leurs ventres de côté! Les enfants du silence ont grandi près des sources élargissant nos âmes s'abreuvant aux rayons du Soleil, à minuit une Lune adouba ce destin, l'hirondelle y ajoute en riant des secrets aériens dans un surcroît de Sens où loge l'espérance.
Ce matin de janvier dans le tram la chaleur est humaine Certains bavardent, intarissables le nez collé sur leurs écrans de poche d'autres, plus distants, font glisser de l'index ou du pouce sur ces mêmes écrans les messages du jour! Quelques uns ferment les yeux, semblant rêver ou s'assoupir de petits escargots blancs cachés dans les oreilles
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Dans un tram ce matin, destination la gare Près de moi, deux femmes fortes, intarissable l'une... Du Russe? De l'Ukrainien? Du polonais peut-être? Mon ignorance hésite à interrompre cette verve quand elles m'ignorent superbement! "Plizz... maïayaskyouakwechtion?"
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J'ai trouvé ce matin un moyen très facile de me muscler le dos du côté des lombaires debout et dans le tram! Un moyen très gratuit bien plus simple et surtout plus discret que de prendre au portable un indiscret appel assis et dans le tram!
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Le mendiant du quartier sous son chapeau de cuir recuit au marché le dimanche, en semaine à son poste à l'entrée du tabac... Si je donne une pièce chaque fois me sourit et chaque fois me dit "Merci chef!"
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Dans le tram direction centre-ville devant moi, assis, un jeune homme à ses pieds un étui noir, rigide et plutôt encombrant Après qu'il en eût fini avec son portable "Excusez-moi... Qu'y a-t-il dans cet étui? une sorte de mandoline?" "Mais non! C'est un tzouras, un instrument traditionnel Grec à cordes pincées" Mon Dieu j'y étais presque!
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L'air était encore frais d'un beau matin de mai assis à l'ombre et dans la rue j'attendais l'ouverture... Ni montre, ni téléphone, et devant moi les gens passaient qui dans un sens? Et qui dans l'autre?
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La jeunesse apparaît, la jeunesse s'insurge refusant d'assagir l'énergie qui l'entraîne brandissant ses drapeaux d'enthousiasme et de rêves La jeunesse s'insurge, la vieillesse s'obstine creusant toujours plus loin son sillon sur la Terre y cherchant des issues, des chemins de traverse La jeunesse apparaît, la jeunesse s'emballe jetant par dessus bord les anciens gardes-fous impatiente d'aller jusqu'au bout de l'ivresse! La jeunesse s'emballe, la vieillesse s'incruste cherchant à prolonger malgré les vents mauvais un séjour qu'elle voudrait éternel et fleuri... La jeunesse apparaît, la jeunesse défile joyeux capharnaüm! Fécondant l'espérance au son de l'arc-en-Ciel accrochant ce bonheur aux lendemains qui chantent La jeunesse défile, la vieillesse s'entête s'agrippant des deux mains à la Terre éphémère aux vapeurs des nuages, aux glaciers en déroute lumières d'un sous-bois, odeur des conifères refusant de lâcher le peu qui lui revient refusant de céder sur la Chance qui reste!
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Il n'est jamais trop tard, non, il n'est jamais trop tard pour danser face au vent qui repousse la houle et hisser la grand-voile en capturant son Souffle Il n'est jamais trop tard, non, il n'est jamais trop tard pour débusquer le rêve au centre de nos nuits chercher au fond de soi d'immenses galaxies amas d'étoiles en sursis, puis lancer loin nos regards au-delà de l'oubli... Il n'est jamais trop tard, non, il n'est jamais trop tard s'approchant de la côte, ralentissant l'allure pour affaler la voile en vue du prochain port de la digue et du môle où piaillent les mouettes! Il n'est jamais trop tard, non, il n'est jamais trop tard cheveux mouillés d'embruns, les yeux piqués de sel pour affaler la voile et moucher la chandelle
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Ce beau rêve en étoile a resserré le lien qui m'attache aux secrets d'une amante nuptiale Elle inscrit dans mes mains les cercles de l'amour tout en pointant du doigt l'extrémité du jour
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Ce Vide est l'entre-deux sans compas ni boussole insaisissable vertige où viennent s'amorcer la pointe d'un désir et l'approche du tien battements de tes cils à deux doigts de mes lèvres pulsations de ton cœur aux miennes accordées puis l'écho d'un essaim de souvenirs anciens égrenant ce mystère cette mélancolie... J'aime chercher dans ta chevelure ce grain plus sombre que celui des cafés du matin y traquer la lumière, y cueillir des odeurs y sentir les parfums d'une forêt profonde où s'abrite un écho des musiques premières... indicible harmonie du rêve et du regret
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Quand je te fais l'amour on navigue au plus près d'un souffle, des embruns, d'une peau qui transpire d'une odeur de cheveux, d'un soupir esquissé, d'une ombre dans le cou... Quand tu me fais l'amour on navigue au plus près d'une lame de fond puissante et sans retour énergies accouplées, énergies fusionnées d'un rythme qui s'emballe d'un rythme qui s'affole la houle du désir emportera le reste!
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Ton sexe était d'un ange accroupi sous la Lune aux odeurs de forêt, d'épice et de bruyère approché d'une main j'ai senti sous mes doigts coquillage blotti, coquillage fervent ce nombril que ma bouche effleura, l'effrontée! Ton sexe était d'un ange aux ailes déployées sous la voute d'un Ciel où s'abîmait le Sens puis tes fesses tournées vers les oiseaux de mai jalousie d'une main, résurrection de l'autre... Ton sexe était d'un ange à demi dévêtu présageant un chemin d'intimités secrètes subtiles avancées, replis, soudaines escarmouches qu'on offre en sacrifice aux naufrages en mer...
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Ultra-Marine Si tu me fais l'amour que je vais et je viens dans ton sillage brun de varech et d'embruns mon navire qui tangue, et vire bord sur bord s'empresse vers une île et sa faune sauvage trésor caché d'une forêt profonde Quand on se fait l'amour tes cheveux étalés sont plus noir que le geai ton visage au-dessous comme un seul paysage pour y guetter l'appel, y recueillir des signes la coupe de tes lèvres, un peu de rouge sur tes joues l'éclat d'une lumière à l'abri dans tes yeux mi-clos Si je te fais l'amour si je vais et je viens dans ton sillage brun explorant les détours, ménageant des retours approchant un trésor en ce jardin non-clos la musique précède et donne le tempo variations, transpositions, allegro furioso! Une ivresse grandit, un vertige s'emballe, l'allégresse déborde et se mêle bientôt d'une mélancolie secrète... Quand on se fait l'amour jambes en l'air et bras en croix je sens ton existence à mon centre accordée la mienne se rassemble au centre de la tienne quelle humide fierté, quelle sombre douceur l'arôme d'un mystère aux arcanes fécondes
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Tes deux seins agités sur un bateau qui tangue mamelons essuyant la gifle des embruns! Tes deux seins en vigie sur le mat de misaine mamelons étrennant les griffes du malin! Tes deux seins à la proue d'un navire qui tangue quand ma langue y prélève une fleur et son sel et tantôt l'un, et tantôt l'autre, et tantôt l'un, et tantôt l'autre...
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Tu es la perle qui résiste à son feuillage de mica ce Seul fruit d'un secret dont j'écarte les lèvres Tu es la clé d'un désert où fleurissent les roses... Que ce fruit défendu vienne sceller mon sort!
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L'arrondi d'une fesse effleurant mes caresses territoire propice à nos égarements d'une mains subjuguée j'en veux dresser la carte longer cette frontière m'élever en tournant jusqu'à son belvédère... L'arrondi d'une fesse excitant ma tendresse hiéroglyphes nouveaux, hiéroglyphes anciens à deux doigts de l'Amour y mettre ma souplesse... Aux caprices du vent j'abandonne le reste!
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Entre nous la barrière des langues palissade ajourée, laissant passer nos doigts et tes lèvres si près qu'elle me touchent déjà pour un Seul de ces mots qu'elles ne prononcent pas
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L'essentiel! Ce n'est pas le poème en sa forme achevée sa musique à nulle autre pareille grincements harmoniques ces rythmes qu'on étire, d'autres qu'on précipite enjambements, syncopes! Ni l’énigme d'un fond d'inconsciences croisées leurs ombres s'attardant aux marges du sommeil tournoiement du Bonheur, Soleils éblouissants, orages embusqués L'essentiel, non, l'essentiel ce n'est pas la venue du poème attendu à pas de loup, à pas comptés préparant ses effets, dévoilant peu à peu son cortège tressé de sens et de non-sens, échos en dissidence L'essentiel, non, l'essentiel ce n'est pas qu'on le lise avec application, bonne prononciation ce n'est pas d'être lu dans notre seule tête d'une voix toute secrète ou à voix basse et murmurée, ou vers les autres et à tue-tête!
L'essentiel, Oui, l'essentiel Qu'un poème ait surgi d'où s'échappent les mots
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Baptême de Jésus dans les eaux du Jourdain poète sans papiers, sans refuge et sans fards... Jésus qu'on retrouva questionnant les Docteurs c'est le génie du Verbe en quête de ses Sources Jésus sauvant la vie de la femme adultère résistance du verbe aux faussaires de Dieu! Jésus venu chasser les marchands hors du Temple brandissant le fouet d'une Sainte colère poète révolté, poète en dissidence!
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On se tient à l'écart, on se tient en réserve mais jamais épargné par la roue de Fortune sondant scrutant la mémoire d'un fleuve aux paresses puissantes la mémoire d'un fleuve où glisse un Ciel changeant... Guinguettes de guingois, guinguettes en goguettes au retour du printemps, à la fin de la messe l'insouciance est de mise on a levé le coude grignoté l'amus'gueule en attendant les frites rillauds, sandre au beurre blanc ou poisson du moment Sur la toile cirée à damier rouge et blanc on a posé nos mains faisant glisser le doute rassemblant notre joie, préparant des fou-rires! On se tient à l'écart, on se tient en réserve mais jamais oublié par la roue de Fortune sondant scrutant la mémoire d'un fleuve aux paresses puissantes la mémoire d'un fleuve où glisse un Ciel changeant le blanc était bien frais, l'ivresse au rendez-vous libérant son bouquet, sa robe du Layon Alors on se revoit comme si c'était hier monter en titubant sur le grand bac en fer à pied ou à vélo on était en balade sur les chemins d'une île appelée Saint-Aubin aux environs d'Angers Alors on le revoit comme si c'était hier ce haleur nonchalant et massif, d'apparence pensive repoussant le grand bac dans un sens, puis dans l'autre repoussant le grand bac d'une rive vers l'autre tirant sur le filin sempiternellement... On se tient à l'écart, on se tient en réserve mais jamais oublié par la roue de fortune sondant scrutant la mémoire d'un fleuve aux paresses puissantes la mémoire d'un fleuve où glisse un Ciel changeant la mémoire d'un fleuve encore libre et sauvage!
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Au temps des herbes folles, des tourments en déroute nos cerveaux en jachère, leurs neurones en fuite d'un coup de vent d'un seul en recueillent l'ivraie... Au Jardin d’Épicure à l'ombre d'un portique loin du bruit des cités, du fracas des armées l'amitié s'y cultive et l'amour s'y prépare déclinant un dessein de serments et soupirs voluptés et caresses... Au temps des herbes folles, larmes évaporées dans nos cerveaux en friche, neurones en bataille danse des papillons, clignotement des fleurs... Au jardin d’Épicure égayant sa fontaine loin des foules pressées par l'urgence et le stress d'un horizon barré de barres en béton l'amitié s'y préserve et l'amour s'y obtient pour un brin de muguet, pour un bouquet de roses
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Soudain la pluie fit descendre son voile à peine l'entend-on derrière le vitrage estompant dans nos yeux les contours éloignés de l’Être Sombre délicatesse, effervescente justesse... Soudain la pluie fit descendre son voile imperceptibles gouttelettes jusqu'aux racines profondes, jusqu'aux racines secrètes... Arbustes nouveau-nés, vieux arbres centenaires leurs feuilles au passage ont réclamé leur dû!
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L'hiver nous a quitté, l'hiver nous a laissé quelques touches de neige aux flancs des hauts sommets névés s'amenuisant sur le noir des rochers... Le printemps nous entraîne inexorablement et chaque jour, et chaque nuit nouvelles et mêmes fleurs, nouvelles et mêmes chaleurs... L'hiver nous a quitté le printemps nous entraîne Il est temps de sortir ces boites en carton qu'on avait oubliées dans le fond des placards sandales ajourées, légères pantalons souples et clairs, maillots, tee-shirts Saurons-nous débusquer le Sabot de Vénus? atteindre le séjour des blanches édelweiss marmottes affairées, toujours sur le qui-vive! abeilles affairées, abeilles butineuses merveille de tes seins à porté de mes mains de mes doigts empressés d'en suivre le dessin d'y pousser mon désir et d'attiser le tien
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A vous qui dites ne pas croire je dis qu'une prière n'a pas besoin qu'on croit... Alors inutile d'attendre prions les yeux ouverts et mettons-y tout notre cœur notre rage impuissante, notre douleur et notre sang pour que leur Dieu qu'ils disent si puissant, si juste, si bon fasse chuter d'un coup et surtout pour de bon emportant avec lui serviteurs et laquais obséquieux oligarques généraux médaillés, ministres apeurés fasse chuter d'un coup et surtout pour de bon héritier d'Andropov, de Staline et des apparatchiks l'Ubu bouffi, l'Ubu bouffon le vampire aux yeux froids nouveau maître au Kremlin
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Un essaim de Silence est venu dans tes mains rêches tu goûtera son miel à même ce Calice et quand il sera temps accueilles son départ! Un essaim de Silence a dormi dans tes mains jointes tu as goûté ce miel et quand il sera temps raccommodes l'oubli, cueilles tes souvenirs...
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Enfants en file indienne, enfants qui se dispersent projetant la mémoire au-delà de l'oubli... Peinture qui s'écaille et parfum de lavandes sieste qui s'éternise à l'abri des volets les cloches de l'église égrenant sa durée... l'impatience grandit, l'impatience déborde! Que sonne à la volée le tocsin favorable ! Enfants en file indienne, enfants qui se dispersent sous un Soleil brûlant les aplombs de l'été la lauze des chalets ses odeurs de crottin dans celle des moissons quand la-haut sur l'alpage blanchi la sente des troupeaux file vers l'horizon... Enfants en file indienne, enfants qui se dispersent découpant ce mystère en pluie de confettis!
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Soudain je me souviens du cri des araignées araignée de mer ou Maja, qu'on dit aussi Crabe-araignée plongées vivantes dans l'eau bouillante! Aucune recette jamais n'en saura tenir compte... Sculpter le souffle scander le Temps aménager ce verbe qu'on nous tend
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J'ai tracé sur ta peau d'invisibles écarts puis ma main se perdit du côté de tes hanches nous étions accordés loin des cris, des batailles! J'ai semé sur ta peau d'invisibles écailles puis ta main s'inspira de l'étoile des mers pour serrer de plus près notre consentement
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J'écarte ton absence plus légers qu'un baiser sont les oiseaux du Ciel mémoire tapissée d'une Arche musicale... A fileta, a capella dans l'immense et sombre cathédrale exhaussant le Rocher je me souviens j'ai eu la chair de poule... J'écarte ton absence et scrute maintenant cette voûte céleste y loge mes alarmes, y roule des chagrins rêves à Ciel-ouvert, rêves d'un Ciel changeant la fuite d'une abeille indique l'horizon atmosphère chargée d'un doute qui l'entaille
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Amour a des secrets, j'en écarte les plis y butine un nectar, merveilles épicées Amour a des secrets j'en tournerai la clé pour que s'ouvre la boite où tu le tiens caché
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J'ai partagé ce rêve étrange et pénétrant d'une âme chasseresse, d'une âme vagabonde son charme ayant tenu mes armes à distance ses cuisses m'ont serré plus près que chiens courants et ses flèches criblé de brûlante douceur J'ai partagé ce rêve et navigué sous l'arc d'une âme généreuse, triomphante et sans peur son rire a déjoué de trop de vieilles rancœurs effaçant le bourdon d'anciennes amertumes Fi de l'incertitude! Aux chagrins oubliés j'abandonne le reste
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Je n'avais pas prévu qu'en mon automne venteux pluvieux songeries en rafales! Je n'avais pas prévu qu'en mon automne vermeille plein de feuilles roussies de merveilles dorées, palimpsestes épars signes à déchiffrer sur les monts alentours surgisse ton printemps de sauvages élans de rires en cascades de rosée matinale et blanches floraisons... Ton visage est venu pour chasser les nuages et sur l'age du mien tu m'as fermé les yeux! Et qu'y puis-je si sur tes lèvres ourlées j'ai pu goûter à la douceur exquise... Si ton ventre chargé des promesses de l'aube si tes mains irriguées d'un sang de flibustière tes seins endimanchés, tes pieds sans pesanteur au bout d'une escapade ont réclamé leur dû
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J'ai marché vent debout... Le rose des flamands s'envole à tire d'ailes J'avais l’œil aux aguets le rose des flamands noyé dans la lumière
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L'aphorisme est un prisme en charge d'une étoile sur ce rêve en sursis j'ajusterai mes armes! L'aphorisme est un bloc où de belles statues viendront mettre à l’abri leurs grands yeux effacés L'aphorisme est un prisme en attente d'un Ciel qui dépliera pour nous la carte des étoiles
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L'Intuition se saisira du Ciel ses quartiers de noblesse, draperies insolentes immenses rotations d'immenses galaxies... L'intuition se saisira du Ciel car ma main sur ta main pour en faire le tour Jaillissement sans fin d'étoiles lumineuses, d'étoiles en sursis car ma min sur ta main pour en faire le tour vestiges en transit, constellations d'énigmes en attente c'est déjà notre ivresse en orbite céleste L'intuition se saisira du Ciel ses quartiers de noblesse, draperies élégantes aurores boréales, blasons crépusculaires... puis nos mains accordées traceront ce vertige leurs caresses croisant en vue du Grand Amour
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La patrie de l'Amour est un Ciel aux accents de dix mille contrées La patrie de l'Amour est un Ciel retourné au bout de chaque doigts!
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On a pris soin du Ciel embrassant l'horizon pour atteindre son givre ses étoiles d'or fin, ses aiguilles d'argent, myriades galactiques On a pris soin du Ciel puis on est revenu s'environner de pluie s’emmitoufler de brume et battre la campagne s'approcher d'un rivage, gagner le fond des mers parcourant des abysses y traquant les reflets d'inquiétantes chimères On a pris soin du Ciel s'accrochant à la Lune, ses dix mille cratères océans sans marées, déserts sans oasis traversant la vapeur de nuages altiers se laissant aspirer dans leurs métamorphoses leurs formes engendrées les unes par les autres, les unes dans les autres simple brise ou mistral, alizé, aquilon et gagner ce mystère à la cause des vents...
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L'écriture... Passerelle de bois, suspendue, ajourée pour que les mots d'un bord à l'autre en quête de leurs sources, en attentes fécondes traversent en dansant par-dessus les rivières... Tous les mots à tout faire et tous les bons à rien les gros mots, mots de peu, les mots d'amour et de patience sans oublier les mots de trop! La page les accueille, leur offre son abri leur offre son silence et le pardon des morts l'attente d'un éveil, d'une résurrection... Car il se peut qu'un jour de ces pages couvertes de lettres endormies resurgisse le sens! Le voilà qui se glisse et passe par ici puis déjà se faufile et repasse par là chacun le voit ici puis le découvre là se lance à sa poursuite, s'en rapproche bientôt puis le manque à nouveau C'est qu'il prend son élan, c'est qu'il prend son envol filant beaucoup plus loin, filant à tire d'ailes quand déjà le vent frais nous en ravi l'écho
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Sans bruit, la neige s'est mise à tomber ses flocons de cristaux agrégés, minuscules grossissant peu à peu recouvriront bientôt la ville qui s'efface façades confondues... Tourné vers la fenêtre, je fume volutes s'étirant, s'arrondissant de bleu, disparaissant... La vue des lointains s'est brouillée maintenant derrière un voile blanc Silence épaissi Ah! Penser le moins possible!
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Silence bruissant des pierres de leurs failles et fissures nourries de mousse et de lichen un orage est plus doux rassemble sa pelote... Silence bruissant des pierres havre de paix, refuge des petits, repères des humains je veux prendre à deux mains leurs attentes fécondes leurs rêves obstinés, leurs peines assourdies
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Tes doigts de pieds demain feront deux éventails pour que l'attente continue... Plus belle que jamais!
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Crache ta honte, fais en vite le tour scelle un Couvercle sûr au-dessus des regrets respire à pleins poumons l'haleine du Grand Large acoquine le Ciel aux étoiles filantes cale bien tes genoux tout contre l'éphémère accapare ton Centre branche bien ton karma sur de belles fréquences et nourri de Silence une égale Colère!
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Je réserve au Silence un espace et tu sais qu'un chagrin découpé dans un rêve est aussi l'amorce d'un secret tapis sous tes paupières... Tu réserves au Silence un espace et je sais ce couple d'innocents réchappé du Désert venus pour s'abreuver, goûter cette fraîcheur et dresser une tente au bord de l'Oasis y tracer l'Horizon de leurs égarements...
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Je t'écris qu'à deux mains le mystère est entier son étoile a vaincu les orages qu'un Ciel dépliant son étoffe en mille draperies réserve aux initiés sans larmes ni regrets
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Le torrent qui dévale étanche ma Colère maintenant que l'oubli rejoint son crépuscule... Le torrent qui dévale emporte mes alarmes Qu'une crête nuptiale embellisse nos nuits!
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Poèmes en lisière, poèmes en vigie, poèmes en sursis résistance du Doute aux orages d'acier là où tremblent les pierres, arbres déracinés, broyés rivières obstruées... Ils accaparent l'espace, y compriment le temps découpant l'espérance en lanières de fer! Vers des cieux plus cléments des espaces plus clairs depuis longtemps déjà les oiseaux les ont fui Quelle éclaircie d'un mot n'accueillerait pour nous les Sources du Hasard?
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Surgi d'on ne sait où un vent furieux soudain est venu secouer l'enchâssement des lauzes tirer beaucoup plus fort nos longues encablures... De nos poches percées s'échapperont bientôt , quelques pièces d'argent, quelques rêves sépias et pas un seul regret!
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Après avoir dansé la Terre Mère avoir chanté le vent, le Soleil et la pluie remercié l’Élan qui fait don de sa chair vénéré le bison qui s'offre en sacrifice au feu du Grand Esprit les guerriers sont fin prêts! Suivront-ils la piste de Chien fou? ou bien celle de l'éclair? Cheveux noués, visages peints carquois remplis de flèches empennées les voilà qui chevauchent à cru leurs pur-sangs au galop pour ne viser bientôt qu'un rêve sûr et beau
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Tas de pierres chaos pesant qu'on ne saurait compter immobilité qu'un héritage de pesanteur, de silence sans age et d'orages glacés aura laissé à l'entretien des ronces à l'attention des mousses aux avancées patientes du lichen...
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Collier de perles blanches et rares sur une gorge d'ambre et de satin et bracelets d'ivoire à tes chevilles accordés puis cet effleurement qui court, léger de tes hanches fleuries vers tes poignets cerclés... Intelligence qui se livre aux seuls secrets des anciens sceaux
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Orages thoraciques, veines durcies, poumons en feu battements obstinés de mon cœur endurci le temps reviendra-t-il des crèches enfantines? Maintenant que tes mains, leurs paumes retournées comme un Seul coquillage en route vers l'Azur...
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Les vraies sources ne sont-elles pas toujours plus loin? toujours plus haut? Invisibles encore? Alors on a fini par se poser mains au sol, genoux pliés, front renversé pour les imaginer derrière nos paupières
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L'enfant est à venir et c'est de Source sûre ses yeux sont au beau fixe, ses cheveux en bataille et ce qu'il dit sans plus attendre irise l'eau du lac... Le vieux maintenant se tient à contre-jour présence ramassée, concentré de mémoire, densité de silence pour traverser le doute en marge du regret L'enfant est à venir et c'est de Source sûre pour attiser la flamme à l'horizon de nos discords effacer le souci des alarmes nocturnes préparer son retour aux neiges éternelles Le vieux maintenant se tient à contre-jour savourant des envies longtemps gardées secrètes ses deux bras sont vacants, son regard s'est perdu dans les plis et replis d'un seul Grand Paysage
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Amour est un carquois d'innocences fléchées venues se ressourcer dans l'ombre des cyprès beau rêve dépliant ses ailes flambant-neuves Amour est un carquois d'innocence blessée beau rêve écartelant ses ailes exposées sur un toit de fortune, de givre et d'impatience Amour est un carquois d'innocence ajourée où guetter à genoux le chant d'une Sirène L'amazone à cheval en décoche le trait beau rêve que ses doigts rehaussent d'un secret
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Ta crinière de pluie, ta bouche d'Amazone, tes seins de Voie lactée ton dos sans lendemains, ton cul des grands chemins ton sexe de rosace, tes mains du lit de la rivière tes yeux de terre brune et de forêts profondes...
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Pain béni, Croix du Sud aurores gaspillées, aurores grappillées sous la poudre d'un Ciel éparpillé demain l'avancée du dégel a fortifié nos larmes
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Nos baisers ajustés dans la ville refuge chaque détail en sait beaucoup d'autres qui fuient... Prévision d'éclaircies sous un vent favorable l'inquiétude recule a décroisé nos doigts
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Amour est douce morsure piquant comme épine de ronce, sucrée comme du miel mais cette nudité qui peut en être sûr? Amour est douce morsure ta présence le montre, il est une évidence la distance adoucit son emprise brûlante! Amour est douce morsure ses yeux sont ce Mystère à jamais familier et ta bouche un secret pas toujours bien gardé! Tenace et capricieux, Amour est ce contraste tantôt il se cabre et rue dans les brancards tantôt se fait plus doux que l'agneau dans la crèche
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Poésie ce Seul rêve qu'un nuage effiloche Sur mes lèvres gercées géographie du Doute
"Plus on regarde le mot de près, plus il répond de loin" Karl Kraus
L'étoile est un sursis chaque mot de la langue en ravive le sens * Quand le rêve aura levé son ancre nos larmes absorberont cette mélancolie! * Les anges naviguent à contre-jour l'abeille jamais n'aura compté ses heures * Le vent soulèvera nos tuiles tes paupières, déjà, indiquent un chemin * L'ongle incise la durée nos mains fleurissent au désert * L'oiseau ébouriffait le Ciel que son aile adoucisse nos peines! * Le vent bientôt dispersera ce que pourtant le cœur a retenu * Ma bouche est nourrie d'espérance que ta gorge résolve ce mystère! * L'arbre secoue la lumière son ombre, déjà, en cherche les racines * Le pain durcit de jour en jour la nuit, toujours, ressuscite le doute * Disque éblouissant de Lune ton impatience a fait le reste * La roue du moulin a fait tourner sa Chance ton regard m'ouvrira d'autres issues * L'écluse a mouillé mon cœur l'oiseau étincelait au-dessus * Les nuages se rassemblent en grappes une lampe, ce soir, dispersera leurs ombres * Si chaque pierre était une carte du Monde chaque pierre nous emmènerait au cœur de l'immobilité * Accordée au paysage la marche est sans obstacle * Énergie conservée sur l'arrête du Temps genoux en suspension * Le Ciel s'est nourri d'espérance notre pas déroulera cette attention * Ta jambe ignore le compas sa venue dissipera le Doute * Alors on a vidé nos poches comme des oiseaux effarouchés!