L’hirondelle joue à l’élastique
Une première version est parue en 2004 aux éditions Gros Textes avec des dessins d’Isabelle Moreaux

« Plus on regarde un mot de près, plus il répond de loin » Karl Kraus
L'enfant
froisse
le temps
Une roue guidera ce mystère...
*
La fenêtre
ouvre
sur le rocher
La porte
descellera
nos traces
*
L'arbre
multiplie l'incendie
Que l'écorce adoucisse l'angoisse!
*
Le chat se couvre de silence
La charpente
cale
l'inquiétude des jours
*
La hanche
mouvemente l'espace
L'idéal absorbera notre ligne de fuite
*
La racine cherchait l'ouverture
Le voyage
a soulevé
nos bras
*
Le miracle
soutient
l'impalpable
L'Homme
s'abreuvera
derrière le Doute
*
L'Avenir
caracole
en tête
c'est que l'ivresse a renfloué la caisse!
*
Si la lisière ignorait le désastre
la mais fourmillerait d'idées
*
Le geste
s'oppose
aux épines
L'espoir
abrite sa saison
*
Les dieux
naviguent
à coutre-courant
L'ange
se glisse entre leurs doigts
*
L'hirondelle
joue
à l'élastique
Le Doute
aime sa légèreté
*
Le milieu
retient
l'accord
pour que l'ongle incise la durée
*
Le miel a raviné le deuil
Le vent
accueillera
l'Absence
*
L'Amour
déchiffre-t-il ses sources?
L'ivresse
justifiera son sol
*
Le parasol
coiffe
l'amertume
La mort
y laissera des plumes
*
La feuille
secoue
la lumière
L'absence éclaircira nos vœux
*
Nos cheveux
tisserons
l'éclair
L'idée
gravitera
autour
*
La forêt se retire du saccage
Son nuage
est rempli de pomme
*
L'habitude enveloppe la Terre
Le livre
rassemblera
notre faiblesse
*
L'escalier
dérobe
la marche
L'invisible
se discute
sans fin
*
Le vent
couve
les étoles
Nos mains justifieront ce luxe
*
Une larme a consumé l'oubli
L'amour en dévidera la pelote
*
La joie
récolte
à contre-jour
Le chagrin
égratignera son dos
*
Quand l'impatience
s'assied
debout
la morale s'échappe en riant
*
Si l'extase
évidait
le rocher
le blé
concasserait
le malheur
*
Le silence
brode
le rien
Tes doigts navigueront au Ciel
*
Le givre
efface
nos ruines
Un Soleil
raccommode l'attention
*
Si l'Idée prenait soin du marcheur
les oiseaux adhèreraient au Ciel
*
La joie
soulève
l'écorce
Le vent contentera ma main
*
La paupière
sculpte
l'innocence
L'écaille
interroge son hameçon
*
La fontaine
augmente
l'éclaircie
Que sa joue protège l'horizon!
*
Une abeille a tissé nos cordes vocales
Le vent
en gercera l'empreinte
*
Le chemin
évase l'attention
La Terre
pivote autour du rêve
*
Le trottoir
ignorait l'indécence
Les semelles
s'envolèrent au printemps
*
Ta main
resserre
les fils
L'écriture
penche
vers l'intérieur
*
Assis
pour guetter les hirondelles
Leurs ailes
délivreront mes mains
*
l'arbre
enraciné au Ciel
l'oubli
sommeille dans une cruche
*
Si le Silence
chuchotait le Sens
la Terre
fléchirait son épaule