L’eau claire des tentations circulaires
Pour Francis Krembel
La blancheur de la page
dans mon cerveau plié cent milliards de neurones!
La blancheur de la page, dendrites et axones
dans mon cerveau plié, alerte maximale!
Dans un chemin creux
appartenance
car nous sommes au Monde où les ombres sont proches
Feuilles impudiques d'automne
dans le tiède séjour de tes reflets froissés
je découvre mes traces
L'hébergement des mots
comme un poisson dans l'eau
sous un parapluie de laine
Le chemin des étoiles
plus surement que l'algèbre
environne nos dépendances
Prenez vos dispositions
une sacoche de verre et des souliers rusés
à midi le Soleil accomplit des miracles!
La dérive des continents n'empêche pas le papier
de jaunir
reste-t-il encore des ours en liberté?
Ourlé de transparence
la soumission du poète retient
ce chagrin que la vie désagrège...
La poésie me guette
dans l'Ouverture de sa promesse étroite et querelleuse!
Un torrent de pacotille et c'est
l'effacement progressif de la Vérité...
L'espoir intoxique l'asphalte
chacun se précipite sans voir
que l'hiver est fécond
Devant la cheminée
la braise a pris des formes minérales...
Le Silence est creusé d'une attente élargie
Les nuages rompront d'invisibles amarres
qu'ils aillent jusqu'à l'arc-en-Ciel de ta nuque
Goutte à goutte
comme du sable dans la bouche
le désespoir me sculpte...
Receleuse fontaine
sur un fond d'émeraude
eau claire des tentations circulaires...
Giboulées en pleine face
piquants
comme des pétales de rose!
La blancheur de la neige éblouira tes yeux:
poches percées de la volupté
Désir vivace de le dire...
L'amour étroit des hirondelles ne tient-il qu'à ce fil?
Comme un bateau qu'à marée basse
la mer a planté sur sa quille
l'inspiration me grille
Quand le soir a pris soin des volets attentifs
l'habitude aveuglante des lampes
écarte le Silence
L'humanisme des poissons rouges manque de poésie
leur optimisme est de commande
Savent-ils si le bocal est rond?
Les yeux au centre du paysage
les mains dans la lumière
nous atteignons la qualité optimale