
(1817)Sur quoi fonder les jeux d’un amour libre et partagé sinon sur la possibilité d’inventer en commun des règles que chacun demeure à tout moment libre d’accepter, de transformer ou de refuser?
(1816)Impossible de pénétrer, ne serait-ce qu’un instant, ce labyrinthe que l’autre continue d’explorer à tâtons et parfois même les yeux fermés. Tout juste en pouvons-nous longer les parois, suivant tant bien que mal des indications trop souvent parcellaires ou confuses
(1815)De l’étirement ou de l’écartement, de la superposition ou de l’entrecroisement des fils d’une imprévisible et déroutante signification continuera toujours de surgir, le plus souvent à l’improviste, l’esprit d’irréductibles et Généreuses Majuscules!
(1814)Les masques de la sincérité finissent toujours par s’approcher d’un peu trop près de la sincérité du masque!
(1813)Chacun devrait pouvoir, au moins de temps à autre, partir à l’aventure pour suivre l’itinéraire de son choix par les chemins les plus inattendus mais sans jamais oublier d’emporter sur son dos, légère et toujours prête à être montée puis démontée rapidement, l’indispensable et lumineuse tente du Bonheur…
(1812)Car c’est vers l’Ailleurs qu’il nous faudra toujours à nouveau lancer les épineux grappins d’un abordage qui ne promet jamais rien que les innombrables tours et détours du Paysage sans Nom
(1811)L’Impossible du Grand Amour ne l’est jamais vraiment et chaque fois que d’une Seule, Unique et incomparable rencontre
(1810)L’intense et parfois même fiévreuse activité se déployant incessamment jusqu’au cœur indéfiniment déplacé d’un formidable réseau d’innombrables neurones enchevêtrés n’a donc pas fini de lancer ces fugaces étincelles qu’il nous arrive même parfois de saisir au vol!
(1809)On ne saurait réussir durablement à naviguer au plus près de l’Ultime et bienveillante Sagesse avant d’avoir pu réaliser en soi l’heureuse et délicate cohabitation entre une continuelle disponibilité à faire preuve du plus grand sérieux et l’art de la plus folle et de la plus fantaisiste des improvisations!
(1808)Le despote n’éclairera jamais qu’entouré d’une nuit qui va s’épaississant et où il se plait à enfermer tous ceux qu’il réussit à capturer, à dominer ou à contrôler le plus étroitement possible…
(1807)Chacun n’a-t-il pas le droit le plus naturel de posséder une cabane, même modeste mais à son goût, suffisamment solide et résistante pour qu’il puisse y mettre à l’abri de regards et d’oreilles indiscrètes un inestimable trésor d’imprévisibles et secrètes fantaisies?
(1806)On ne saurait se préparer sérieusement pour l’Ultime, insaisissable et saisissante Vérité en imaginant qu’on pourrait se contenter de l’approcher à petits pas comptés.
(1805)Aux jeux de l’impossible et Grand Amour les pièces dont l’un dispose peuvent à tout moment devenir à tout celles dont l’autre dispose…
(1804)Il est tout à fait recommandé d’introduire dans le choix, la distribution ou la répartition des Majuscule juste ce qu’il faut de malice ou d’inattendu pour troubler les attentes d’un éventuel et pourquoi pas très généreux lecteur
(1803)Le jeu du langage avec ses propres règles permet d’aller du sérieux de la règle aux fous rires d’un jeu qui n’ignore pas le sérieux de ses propre enjeux!
(1802)La substitution, au sacrifice bien réel d’une victime animale ou humaine bien vivante d’une représentation ou de tout autre mode de figuration symbolique est une avancée de la culture dont les enfants, sans nécessairement en avoir encore bien conscience, continuent de nous rappeler l’enjeu !
(1801)Le capitalisme mondialisé transforme volontiers l’homo-touristicus moderne, qui se prend volontiers lui-même pour un aventurier mondialisé, en spectateur ébahi et surtout solvable d’un paysage devenu lui-même une marchandise encombrée d’innombrables autres marchandises!

(1800)L’art du jeu, soumis à des formes et à des règles changeantes et variées, ouvert aux stratégies les plus aventureuses ou les plus osées permet d’explorer ou de provoquer, d’échanger même ou de partager l’inattendu de nos labyrinthes respectifs…
(1799)A l’heure du capitalisme mondialisé les rituels anciens se retrouvent rapidement caricaturés, bientôt complètement vidés de leur véritable sens et pour finir, en tant que marchandises, transformés en spectacles clinquants ou pittoresques dont les acteurs deviennent alors les indispensables marionnettes!
(1798)Le sérieux de la loi ne précise pas toujours quoi faire des filous, tricheurs et autres manipulateurs!
(1797)Il y a au fur et à mesure de l’exploration parfois tâtonnante de l’indispensable et double labyrinthe qui nous a été donné il y aura toujours la possibilité d’inventer les règle d’un ou de plusieurs jeu, de les partager même au risque de tous les tricheurs, filous et autres manipulateurs!
(1796)Le Sens n’indique-t-il pas la direction pour une flèche qui emportera d’un coup le plus tournoyant, le plus fascinant et le plus bigarré des empennages?
(1795)Et pourquoi ne pas voir chaque phrase comme l’interprétation d’une improbable figure géométrique dans l’espace des transformations croisées et recroisées du sens et de la signification?
(1794)L’Ivresse ou le Vertige ne sont jamais si proches ni si sûrs ou tangibles que lorsque, fermant les yeux, on se sent soudain tourner et tournoyer presque sans fin comme un dé jeté sur le tapis d’une inexorable Nécessité
(1793)La mise en œuvre de l’intelligence humaine ne saurait être totalement indépendante ni d’une sensibilité à la douleur ou au plaisir, ni d’une participation aux sentiments de la tristesse ou de la joie, ni d’une capacité à percevoir immédiatement et à interpréter chez tout autre être vivant d’éventuels signes de cette sensibilité ou de cette participation pour y réagir d’une manière si possible appropriée. Cette non séparabilité implique donc que la mise en œuvre de cette intelligence soit, en principe, toujours accompagnée d’une conscience réflexive et morale des possibilités de la méchanceté comme de celles d’une indispensable et très Généreuse Bonté.
(1792)Le souffle qui porte et qui emporte est aussi celui qui écarte, balaye, disperse ou éparpille au risque de l’épuisement du souffle
(1791)La très subtile et surtout très attirante séduction du rien ne saurait véritablement exercer toute son charme sans l’étroite collaboration du plus grand, du plus profond et du plus Généreux des Silences
(1790)Le meilleur du Nouveau peut-il côtoyer durablement le meilleur de l’Ancien sans en subir quelque altération ou quelque corrosion? Et combien de temps faudra-t-il encore pour que cette altération ou cette corrosion du nouveau rejoigne la patine de l’ancien?
(1789)Il y a une sorte de pantin qui nous habite et nous ressemble étrangement et auquel nous nous identifions d’autant plus volontiers que nous n’avons aucune envie de savoir qui tire les ficelles et pourquoi…
(1788)A l’appropriation, à l’uniformisation et à l’exploitation toujours grandissantes d’un espace toujours plus encombré d’une multitude de marchandises toutes plus rapidement obsolètes les unes que les autres ainsi que de toutes sortes de déchets plus ou moins toxiques sachons opposer l’anarchie d’un regard qui, inlassablement, s’égare, se retrouve puis s’égare à nouveau dans l’ouverture du Paysage sans Nom
(1787)Le touriste moderne ou post-moderne se prend volontiers pour un aventurier, fort d’une puissance mécanique dont il fait volontiers parade, se complaisant à dégrader un paysage que, par ailleurs, il prétend admirer sans pourtant prendre le temps de le regarder vraiment!
(1786)Pourrait-on aller jusqu’à penser le rien comme l’insaisissable clin d’œil d’un inconcevable Néant?
(1785)Autrui peut sûrement venir frapper de derrière la paroi de notre indispensable et double labyrinthe dans l’idée de se faire ouvrir un passage mais que lui dire alors sinon qu’il lui reste encore plus d’une porte à ouvrir lui-même à l’intérieur de son propre, imprévisible et double labyrinthe à Ciel Ouvert et à Claire Voie?
(1784)Tous les engins motorisés provoquent immanquablement chez la plupart de ceux qui les conduisent un sentiment de puissance et de supériorité accompagné de la certitude enivrante d’être soudain devenus propriétaires de la portion d’espace mobile qu’ils occupent chacun en se déplaçant dans les airs ou sur Terre, sur l’eau ou dans les profondeurs aquatiques. Notons que l’usage d’une simple paire de chaussures peut aussi provoquer en marchant, bien que plus rarement, et surement de façon moins intense, un tel sentiment de puissance et d’appropriation!
(1783)C’est en se soumettant les yeux fermés aux contraintes profondes de la langue qui nous gouverne alors même que nous pensons volontiers lui avoir imposé nos règles sinon même notre pensée qu’on se donne la meilleure Chance d’en explorer avec un maximum de liberté et de profit les surprenantes, imprévisibles et très labyrinthiques possibilités…
(1782)Mieux vaut s’exposer aux chicanes, retournements et autres imprévisibles zigzags d’un multiple aux innombrables bifurcations qu’étouffer dans l’atmosphère raréfiée de l’Un; mieux vaut garder un œil sur l’Un que de s’abandonner les yeux fermés aux turbulences et tourbillons d’un Multiple aux innombrables débordements!
(1781)L’Horizon d’Universalité concrète qui oriente et stimule les efforts d’une Science qui ne cesse d’en redessiner les imprévisibles contours ne vaut vraiment que par rapport à cette insondable et généreuse Contingence dont cette même Science tente inlassablement d’éclairer pour nous les fragments éparpillés…
(1780)La lutte à mener contre un mal tantôt terriblement brutal et tantôt aussi séducteur que manipulateur est assurément aussi une lutte à mener contre celui qui, en nous, est déjà prêt à céder ou à pactiser, à se retourner ou à trahir…
(1779)Le mal, qui nous entoure et nous assiège autant qu’il nous habite déjà sait avoir les yeux impersonnels et froids de cette implacable, aveugle et aveuglante Nécessité qui ne nous commande que pour nous précipiter plus surement vers l’inévitable de la dispersion annoncée…

(1778)L’ultime et inévitable dispersion, annoncée toujours plus proche, ne devrait être attendue et comprise ni comme le coup d’envoi d’une heureuse reconnaissance posthume, ni encore comme le tout début d’un irrémédiable oubli, ni enfin comme l’approche d’un redoutable et dernier jugement mais bien plutôt comme l’occasion d’un inachèvement qui déjà nous habite, nous traverse et nous ouvre aux inépuisables surprises que n’aura donc cessé de nous réserver le plus Grand, le plus inconséquent et le plus Généreux des Hasards…
(1777)Car c’est dans la musicalité de chaque phrase, dans ce rythme, dans cette harmonie et cette mélodie entrecroisées, étirées ou contractées, échappant pour finir à tout calcul, que se tiennent et se retiennent les sources et les ressources d’une expression qui ne cesse d’échapper, tournant et tournoyant à la poursuite de ses propres échos…
(1776)Le rien de rien n’ajoute ni n’enlève rien à rien ni à quoi que ce soit et c’est parfois déjà beaucoup!
(1775)Il arrive que ce que nous nommons le rien puisse être vu tour à tour comme la disparition d’un risque ou comme le signe d’une chance possible!
(1774)Face au caractère parfaitement facultatif et contingent de certaines majuscules celles-ci ne nous apparaissent-elles pas immédiatement alors beaucoup plus aimables, riantes et finalement convaincantes?
(1773)Les soins que nous devons aux enfants frappant à la porte de notre labyrinthe sont-ils différents si de ceux que nous devons à celui qui, en nous, continue à marcher avec enthousiasme dans les flaques d’eau et à oublier de refermer les portes derrière lui?
(1772)Le nuancier de l’Irréversible est l’Insondable ressource d’une nostalgie dont la Musique n’aura cessé de prolonger et de répercuter en nous et pour nous les insaisissables échos
(1771)L’opposition logique, univoque et binaire, basée sur la négation absolue ou radicale, n’est assurément qu’une des heureuses distinctions dont la possibilité intellectuelle et morale nous est constamment offertes par l’incommensurable et souvent très subtile Générosité du plus Grand et du plus inconséquent des Hasards!
(1770)C’est en disparaissant au beau milieu de ses propres traces que l’auteur se fait enfin le héraut d’une langue qui ne l’aura entouré que pour mieux l’habiter et ne l’aura habité que pour recueillir en les dispersant ces mêmes et incomparables traces…
(1769)L’Énergique Générosité du plus Grand des Hasards ne se montre véritablement elle-même qu’en se maintenant toujours juste au-delà des implacables engrenages de cette aveugle et aveuglante Nécessité qui, jusqu’au bout et à chaque instant, lui aura permis de s’affirmer victorieusement face aux insaisissables esquives d’un inconcevable néant
(1768)Un dessein d’interminables et généreuses caresses serait-il donc la Seule et Unique tangente à l’Horizon de l’impossible et Grand Amour?