A l’affiche!

(2286)N’ayant pu qu’ouvrir des portes donnant accès chacune à un espace vide et fermé ils décidèrent d’en choisir un au hasard pour s’y installer et, peu à peu, se convainquirent qu’ils y trouvaient tout ce qu’ils étaient venus chercher…

(2285)Nous pourrions appeler négativité cette réserve d’énergie en puissance qui, tant sur le plan de la matérialité signifiante du signe que sur celui, probablement plus souple et plus insaisissable, de sa signification comme du Sens auquel celle-ci s’accroche, permet de bousculer l’espace apparemment figé et clos de la phrase pour l’ouvrir sur de nouvelles perspectives mentales ou spirituelles aussi surprenantes qu’inattendues…

(2284)Il se pourrait bien que ce petit mot de Tout soit à lui tout seul et surtout par écrit l’aphorisme idéal, le comble de l’aphorisme, celui qu’on a toujours cherché: léger, maniable, facilement transportable ou dissimulable il ne s’accommode d’aucune ponctuation superflue… Sa signification se contenant et se comprenant elle-même, se contentant d’elle-même, n’en absorbe pas moins l’infini des choses dans le même temps que son Sens, totalement désorienté, se met à tourner et tourner indéfiniment sur lui-même…

(2283)Dans le domaine de l’écriture et tout particulièrement de l’écriture alphabétique une absence de ponctuation en fin de phrase ferait directement place au blanc de la page comme signe ou indice incontestable d’un Vide qui, indéfiniment, continuera d’accueillir en l’absorbant toute phrase, tout signe et toute ponctuation!

(2282)Le point, placé en bout de phrase comme une borne, une sorte d’obstacle à franchir ou un signal d’arrêt peut apparaître beaucoup plus impressionnant et plus infranchissable encore surmonté du trait vertical de l’exclamation! Il est aussi possible de placer deux de ces mêmes points exactement l’un au-dessus de l’autre comme pour annoncer la suite et focaliser l’attention du lecteur. Mais revenons au simple point qu’on dit parfois final: il est en effet possible de le surmonter d’une sorte de crochet signant alors le caractère interrogatif de la phrase qu’il achève. Dans le meilleur des cas un tel point dit d’interrogation n’ouvre-t-il pas alors la voie pour toutes sortes de réponses possibles, des plus fantaisistes au plus sérieuses et sûres d’elles-mêmes? Enfin et pour finir rappelons qu’une salve de trois points se suivant à la queue leu-leu en lieu et place du seul point final permet assurément de clore la phrase concernée sur l’heureuse et très prometteuse perspective d’un nombre incalculable de nouvelles phrases possibles…

(2281)Et tout ça pour que l’Attente, s’effaçant elle-même sans que nous nous en rendions compte, nous délivre enfin de toute promesse et de tout espoir comme de toute crainte et de tout regret

(2280)Se pourrait-il que, placés comme par hasard au bon endroit de certaines phrases appropriées, certains mots puissent fonctionner comme des trous noirs absorbant toute signification à mesure qu’elle se présenterait tandis que d’autre apparaîtraient comme d’inépuisables puits lumineux d’où, constamment, pourraient jaillir d’imprévisibles et toujours nouvelles significations?

(2279)Chaque phrase n’est-elle pas comme la matrice possible d’un nombre infini de parcours mentaux ou spirituels dont l’ensemble pourrait finir par dessiner la forme d’un formidable labyrinthe?

(2278)L’idéal serait de s’y préparer pendant suffisamment de temps et avec une telle application qu’à force l’idée même de ce pour quoi on continue de se préparer finirait par nous échapper

(2277)Ce qui ne cesse d’échapper dans l’infiniment petit est-il si différent de ce qui nous aura toujours déjà échappé dans l’infiniment grand?

(2276)La Dispersion généreuse anticipe déjà les bonheurs du rassemblement qui vient tandis que la concentration, toujours aussi nécessaire, préfigure bientôt les ivresses de l’étirement, de l’émiettement ou de l’éparpillement à venir…

(2275)Quel infime écart ou décalage qui n’ouvre immédiatement l’insaisissable Présence aux infinies perspectives de l’Attente, de la crainte ou du regret?

(2274)L’intelligence humaine qui tantôt se démène, s’obstinant dans les sombres galeries de son propre labyrinthe et tantôt se soulève, se hisse et se métamorphose en de très spirituelles et très folles arabesques n’est-elle pas tout à la fois l’origine, la conséquence et l’expression d’un irrémédiable et néanmoins très fructueux déséquilibre…

(2273)Ce que nous continuons d’appeler synchronie est l’inaccessible d’une Présence dont les effets ne cessent de se faire sentir jusqu’aux extrémités les plus lointaines ou subtiles d’innombrables et toujours très arborescentes diachronies.

(2272)Certains s’efforcent de glisser entre les mots comme d’autres s’efforcent de passer entre les gouttes: dans l’espoir un peu fou de ne pas trop se mouiller!

(2271)Le Dieu dont nous ne saurions parler qu’en nous taisant ne serait-il pas comme la matrice Originaire, aléatoire et silencieuse de tant d’interminables bégaiements, imprévisibles écarts et autres indispensables errements?

(2270)L’esprit de la Question a toujours su faire preuve de la plus grande souplesse à défaut de la plus grande discrétion, capable de se plier ou de se déplier lui-même, de se tordre aussi et en tous Sens, toujours prêt à changer instantanément de forme tout en restant parfaitement lui-même.

(2269)Décoïncider, certes, mais pour s’ouvrir à la possibilité de tant de nouvelles, imprévisibles et toujours si réjouissantes coïncidences!

(2268)L’irremplaçable, inépuisable et très imprévisible Grand Danse du plus Grand des Hasards ne peut que coïncider à chaque instant et le plus parfaitement possible avec l’Accueil que ne cesse de lui réserver l’Eternelle, Omniprésente et Généreuse Indifférence du Seul Grand Vide qui puisse véritablement compter

(2267)L’Origine ne pouvant que demeurer hypothétique et conditionnelle la Fin ne devra-t-elle pas se contenter et probablement encore pour longtemps du futur antérieur?

(2266)L’esprit de décoïncidence Seul pour ouvrir la pensée aux perspectives croisée de l’écart, du zigzague et de la bifurcation…

(2265)Dénoncer le méchant ou celui qu’on croit tel est-ce nécessairement le bien? Mais en dire du bien n’est-il pas à l’évidence prendre le risque du mal? C’est assurément avec la plus grande fermeté mais souvent aussi dans la plus grande prudence ou discrétion, qu’il convient de s’opposer au Mal et à tous ceux qui s’en font les propagandistes ou les agents!

(2264)Et pourquoi ceux qui prétendent être en quête de l’Ultime et bienveillante Sagesse seraient-ils les seuls à pouvoir espérer en posséder un jour ne serait-ce qu’une ébauche ou qu’une simple esquisse?

(2263)Car c’est en se prolongeant encore et encore dans la plus grande et la plus heureuse Spontanéité que l’Acte Originaire et Créateur ne cesse de s’ouvrir lui-même à la perspectives de ses propres, inépuisables et irréversibles métamorphoses…

(2262)Rien n’interdit de penser que l’Acte Originaire et Créateur aurait pu, en son tout premier Commencement, coïncider avec un infime plissement ou un minuscule étirement affleurant à même l’Omniprésente et très indifférente Présence d’un Seul, Unique et Éternel Grand Vide

(2261)Seuls les mots pour aggraver tout autant que pour adoucir l’écartèlement de l’esprit…

(2260)L’Acte Originaire et Créateur ne cessera jamais de s’accomplir lui-même dans le renouvellement de son inépuisable, inconséquente et irréversible Promesse…

(2259)Pourquoi aller là où déjà tu te trouves si ce n’est pour te surprendre toi-même?

(2258)L’Éternelle, Omniprésente et très Généreuse indifférence du Seul Grand Vide comme Accueil à la hauteur d’un Univers aux innombrables, inépuisables et formidables métamorphoses!

(2257)On peut bien inventer de nouvelles opérations mentales et autres arabesques spirituelles on ne le fera jamais sans la contributions de ces chiffres, de ces lettres, de ces voyelles ou consonnes grâce auxquelles d’anciennes et précieuses significations parviennent encore à remonter le cours inexorable de l’effacement et de l’oubli

(2256)Les Hommes n’adoreront jamais personne aussi passionnément que celui ou celle qu’ils ont d’abord pu humilier et tourmenter sinon même détruire… L’adoration est ce génial retournement grâce auquel, comme par magie, la faute, la honte et la culpabilité se transforment en une jouissance contagieuse et démonstrative à laquelle l’individu s’abandonne avec enthousiasme pour se perdre en s’oubliant

(2255)L’une des plus précieuses vertus des Chefs-d’Oeuvres du Grand Art est de nous offrir la possibilité de nous tenir toujours avec le même ravissement à bonne distance des illusions de notre propre profondeur…

(2254)Les larmes couleront encore longtemps là où la parole ne peut aller pour y exprimer dans le Silence de leur transparence liquide ce que cette parole n’aurait jamais pu ni chanter, ni hurler, ni même murmurer…

(2253)Aphorismes ajourés, aphorismes brisés ou disloqués, aphorismes jetés à la poursuite d’un Sens qui, toujours à nouveau, ne pourra que leur échapper

(2252)L’Éternelle, Omniprésente et silencieuse Indifférence du Vide nous aura donc bien été donnée comme Seul et Unique horizon possible, indéfiniment renouvelé et partagé et de toute attente comme de tout regret et de toute promesse

(2251)Lorsqu’un automate, ordinateur ou robot nous parle, répond à nos questions, finit même par nous confier ses goûts et ce qu’il aime ou n’aime pas est-il vraiment possible de lui faire confiance au point de croire qu’il croit que nous allons le croire?

(2250)Savoir si l’autre croit vraiment à ce à quoi on pense ne pas croire soi-même et pouvoir s’en assurer est un perpétuel défi pour une compréhension qui devrait toujours rester prudente face aux hypothèses et aux schémas fournies par une pensée qui n’en finit pas de s’expliquer avec elle-même…

(2249)La rumination mentale, le ressassement spirituel sont des voies possibles et légitimes pour se préparer au véritable Saut dans l’inconnu

(2248)Aphorismes sculptés, aphorismes ajourés, aphorismes déconstruits ou décousus pour laisser place à cette incommensurable et fascinante Blancheur annonciatrice du Seul grand Vide qui ne pourra pas ne pas finir par les absorber

(2247)L’Idée du Grand Vide, qu’on peut à bon droit qualifier de métaphysique, voire d’hyper-métaphysique, n’a rien à attendre des sciences de la nature: ni pour argumenter sa possible Présence, ni pour en écarter l’hypothèse hautement spéculative. Cette idée qui est aussi l’idée la plus Vide ne cesse pourtant d’apporter à ces mêmes sciences, toutes résolument tendues vers une délimitation toujours plus précise de leurs objets respectifs, la possibilité d’un recul ou d’un élargissement de leur horizons propres, croisés et partagés…

(2246)Lorsqu’elles se révèlent et de préférence à l’improviste certaines majuscules heureusement disposées provoquent immédiatement une irrésistible jouissance à l’origine de laquelle une discrète symétrie n’est pas toujours étrangère…

(2245)La lecture médiatiquement provoquée et continuellement entretenue sinon même forcée d’improbables best-sellers ou livres-culte ayant remplaçant peu à peu celle des Grandes œuvres et des Textes sacrés la fréquentation régulière et comme ritualisée des librairies, bibliothèques et autres médiathèques ne remplacerait-elle pas elle-même peu à peu celle des Églises, Temples et autres lieux de culte, de recueillement et de prière?

(2244)Le Blanc de la page sur lequel les lettres écrites apparaissent une à une et si possible en bon ordre ne nous offre-t-il pas une occasion Unique, inespérée et toujours renouvelée de nous laisser séduire, attiré et peut-être même absorber par ce Grand Vide dont un tel Blanc constitue, à l’évidence, un représentant ou un ambassadeur particulièrement approprié et zélé?

(2243)La métaphore, substituant un signe linguistique à un autre pour en rendre la signification plus concrète ou plus palpable, ouvre ainsi et en grand l’horizon des significations de la phrase où elle a pris place sur un nouvel hors-champ ou un nouvel hors-cadre de ce même horizon…

(2242)L’Humanité semble avoir toujours manifesté un goût particulier pour la miniature et la miniaturisation. Elle s’est, par exemple, très tôt distinguée par la fabrication de jouets ou de modèles-réduits à offrir aux enfants, aux dieux, où encore à accompagner les morts dans un supposé voyage vers l’Ailleurs.. De nos jours c’est ce même goût de la miniaturisation qui s’est manifestement investi, pour ne pas dire engouffré, dans la possibilité de miniaturiser presque à l’infini les outils et autres artefacts technologiques rendant possibles la création de ces mondes virtuels grâce auxquels il est possible de se projeter en continuant à jouer, à se faire la guerre et à ressusciter les morts…

(2241)Pour qu’une simple phrase puisse être considérée comme l’équivalent d’un bloc compact et fermé sur lui-même ne faudrait-il pas que l’enchaînement des signes qui la constituent puisse se refermer le plus exactement possible sur son propre commencement? Or, si les signes du commencement et ceux de la fin peuvent être choisis à l’identique, leurs significations respectives ne peuvent ne pas subir, et ceci même à chacune des lectures successives qui peuvent en être faites, un léger décalage résultant de leurs places différenciées et successives dans le déroulement du texte. Pourtant une telle phrase ne nous offre-t-elle pas la possibilité, à travers une suite appropriée de lectures successives, de faire indéfiniment le tour d’un centre en perpétuel déplacement?

(2240)Parcourant la Suite des Lampes de Poche serait-il possible, à l’image des cailloux du Petit Poucet, d’y reconnaître une progression? un Sens? Un chemin à suivre dans un sens ou dans un autre?

(2239)La grammaire nous donnant les règles de construction de la phrase il semble tout à la fois juste et judicieux de les laisser apparentes et à l’air libre, évitant de les masquer sous d’inutiles ornements.

(2238)Est-il bien raisonnable de vouloir distinguer pour les opposer la phrase et le récit quand tant de phrases sont des récits en puissance ou bien déjà des récits en herbe ou en miniature?

(2237)Certaines phrases paraissent taillées à la serpe et d’autres architecturées comme des palais! Beaucoup tiennent du logement fonctionnel quand d’autres s’apparentent à de simples cabanes… Aucune de comparable à l’une ou à l’autre de ces caverne sur les parois desquelles nos ancêtres laissèrent le témoignage éblouissant de leurs envoutements…

(2236)La Nature, omniprésent accueil de ses propres dispersions, est aussi est tout à la fois la Source et l’objet d’un émerveillement qui continuera encore longtemps d’inspirer l’élan de nos acrobaties les plus folles, les plus inattendues ou les plus risquées!

(2235)Les significations qui se croisent et se recroisent, se traversent, se superposent au cœur de certaines phrases choisies sont toujours aussi la Source d’un Ouverture constamment maintenue sur le hors-sol, le hors-cadre ou le hors-champ de ces mêmes, tournoyantes et très étourdissantes significations…

(2234)Si l’on observe de suffisamment près et avec suffisamment d’attention n’importe quel rocher ou simple pierre on y descellera toujours d’infimes lézardes, de minuscules failles ou fissures annonçant déjà les prochaines brisures, futurs éclatements et autres morcellements à venir…

(2233)Magnifique jusqu’à l’arrogance ou bien, au contraire, pleine de modestie et de réserve la majuscule qui débute Chaque phrase est peut-être bien d’abord et surtout un signe amicalement adressé par elle à l’intention de toutes ces autres phrases qui l’ont déjà précédée, attendue et peut-être même anticipée!

(2232)La métonymie, réalisée par la substitution d’un signe à un autre, substitution fondée sur la contiguïté observée entre les objets ou référents respectifs de ces deux mêmes signes, n’introduit-elle pas dans l’univers linguistique et sémantique de la phrase une perspective très inédite sur d’éventuels sous-sols, sous-terrains ou soubassements…

(2231)Certaines Majuscules semblent ne pouvoir échapper à une sorte de réserve ou de modestie naturelles qui leur donnent immanquablement l’air de vouloir rester en retrait tandis que d’autres, à l’évidence beaucoup plus fières ou conquérantes, arborent immédiatement un air de suffisance et de Victoire!

(2230)La Colère authentique comme la rage qui l’accompagne sont un don qu’il ne convient ni de gaspiller, ni de laisser sans emploi et qui semble provenir d’une inépuisable réserve! N’arrive-t-il pas en effet que cette Colère ou cette rage se laisser séduire et aveugler par une méchanceté qui tente alors de les rabaisser au niveau d’un pâle et triste ressentiment? Cette Colère pourtant de donne jamais autant une vraie mesure d’elle-même que lorsque l’Occasion lui est donnée de se dresser, de s’enfler et de se maintenir face à l’éternelle et Omniprésente indifférence du Grand Vide

(2229)L’Éternelle Omniprésence du Vide Seule pour donner tout autant que pour retirer son Sens à la dispersion qui vient…

(2228)La totalité de la matière se dispersant indéfiniment dans le Vide d’un Espace infini. tendrait immanquablement à réaliser la limite d’un Monde Vide et ceci quelles que soient les conditions de départ d’un tel processus. Le même ensemble de matière se concentrant indéfiniment en un lieu ponctuel quelconque du même Espace et du même Vide tendrait immanquablement à réaliser la même limite d’un Monde tout aussi Vide et ceci d’une manière toute aussi indépendante des conditions de départ…

(2227)Il y a en chacun de nous un avare et un généreux qui se disputent interminablement, une canaille prête à toutes les fourberies et un philanthrope idéaliste, un tortionnaire en herbe et un Saint en puissance, un lâche prêt à toutes les compromissions et un héro d’autant plus admirable qu’il sait ne pas l’être autant qu’on croit qu’il l’est…

(2226)N’oublions pas que l’esprit des majuscules prend sa Source à deux doigts de celle d’un esprit d’insolence qui est aussi celui de l’irrévérence ou de l’impertinence!

(2225)Car c’est dans l’évidence verticale du Grand Amour que nous tracerons l’exquise et interminable perspective de tant de caresses croisées, de tant de caresses tressées, de tant de caresses entrelacées…

(2224)Dans la cabane où nous mettons volontiers à l’abri les élans les plus secrets de notre fantaisie il y aura toujours une petite place où trouver, bien rangée, bien pliée et prête à l’emploi l’indispensable, très souple et très légère tente du bonheur

(2223)L’Idée du Seul Grand Vide concevable est et restera pour nous le comble de l’Idée: l’Idée la plus pure, la plus immatérielle et la plus Vide

(2222)Les menhirs et autres monolithes, péniblement et victorieusement dressés par nos lointains ancêtres, furent-ils, relativement au Ciel, ce que les abris, grottes et autres cavernes magnifiquement ornées sont encore et relativement au Centre de la Terre

(2221)Et l’équilibre introuvable d’osciller indéfiniment entre attirance et répulsion, opposition et complémentarité…

(2220)Les modestes virgules seraient-elles un moyen d’alléger discrètement la phrase en économisant les mots?

(2219)L’imprévisible et si généreuse Intuition qui parfois nous visite aura bien été et à chaque fois la saisie d’une synchronicité dont le discours tentera bientôt de déplier les multiples traces… La pensée peut assurément attribuer cette synchronicité ou structure toujours plus ou moins stable à l’objet dont elle s’efforce d’explorer les multiples caractéristiques, elle peut aussi la reconnaître comme sa propre synchronicité ou structure, également plus ou moins stable, toujours déjà à l’œuvre dans cette même et interminable exploration…

(2218)Qu’est-ce donc que le Vide sinon le Seul, éternel et véritable Accueil à la mesure de tout ce qui n’y est déjà plu comme de tout ce qui n’y est pas encore et n’y sera peut-être jamais

(2217)L’humanité, animée depuis le tout début d’une insatiable et merveilleuse curiosité, continue de braquer ses étincelantes antennes jusqu’aux confins de l’Immense Univers, y recueillant nuit et jour une multitude de données et de chiffres pour tenter de s’en faire une représentation. Et malgré cela la l’Ultime donnée, l’ultime chiffre, toujours à nouveau caché derrière ces innombrables chiffres et représentations, n’aura cessé de se glisser jusqu’à l’extrême pointe de ces mêmes et toujours très étincelantes antennes…

(2216)Rien de tel que le Silence offert par la Seule lecture pour ressusciter l’écrit, le croisant et le recroisant avec Celui, volontiers teinté de nostalgie, d’anciennes et parfois très intimes ou très secrètes paroles

(2215)Le Silence qui se donne ou se perçoit comme simple absence de réponse n’est-il pas bien moins effrayant que celui qui se tiendrait au-delà même de toute possibilité de réponse concevable?

(2214)L’écrit n’aura donc cessé de nous attendre, entourant de Silence l’indéchiffrable mausolée de tant de paroles perdues, de tant de paroles oubliées, de tant de paroles effacées…

(2213)Le Seul Vide qui puisse se montrer à la hauteur de l’incommensurable et très inconséquente Générosité du plus Grand des Hasards n’est en aucune façon séparable d’un Silence qui, aussi infiniment accueillant qu’éternellement Indifférent, se tiendra toujours très au-delà comme très en-deça des possibilités du Sens comme de celles d’un inséparable et très joyeux Non-sens

(2212)Se pourrait-il que le Nom du Dieu dont on ne sait s’il existe ou non se maintienne résolument caché dans l’impossible logé au cœur même de chacune de ces langues dites naturelles dont nous ne cessons, les traversant, les retourner, les disséquant pour mieux les habiter, de découvrir les possibilités les plus inattendues?