
(2104)Certains, projetant sur la société qui les entoure la décrépitude qui les guette finissent par lui donner le sens d’un déclin de civilisation dont ils se mettent alors à traquer les symptômes, à rassembler les indices, à amasser et à brandir de prétendues preuves avec l’acharnement d’un procureur aux abois!
(2103)Tandis que l’art des mathématiques en revient toujours à nouveau à la synchronie de leurs graphes, symboles ou algorithmes pour y débusquer de fulgurantes trajectoires l’art poétique, rassemblant les éléments d’une synchronie linguistique insoupçonnée en déroule bientôt d’imprévisibles mélodies, correspondances et autres indispensables harmoniques…
(2101)Continuer à chercher et à y croire même si on ne sait pas exactement ce que l’on cherche et tout en sachant qu’on n’en trouvera jamais, et sans forcément en prendre clairement conscience, que des morceaux, bribes ou fragments…
(2100)L’Acte Créateur Originel surpassant infiniment tous les prolongements et autres avatars de son propre Accomplissement ne cesse de s’y plonger jusqu’aux limites indéfiniment repoussées d’un Espace-Temps toujours déjà traversé de part en et en tout point par l’Omniprésence d’un Vide aussi infiniment accueillant qu’éternellement Indifférent
(2099)Ceux qui se plaisent à dénoncer une supposée décadence culturelle du temps ne veulent pas voir que cette dénonciation pleine d’aigreur pourrait bien en fait elle-même déjà partie, préférant continuer à y voir la marque d’une conscience lucide et courageuse. Ils tentent ainsi de se donner le change sur la perspective de leur propre décrépitude annoncée, suivant par là une impulsion aussi primaire qu’inévitablement destructrice.
(2098)Car c’est comme Ultime garant d’un Accueil aussi infiniment Ouvert qu’éternellement indifférent que le Vide reste et restera le Comble de toute Générosité
(2097)La raison partie en quête des raisons de la souplesse ne saurait sans dommage négliger trop longtemps l’entretien de son propre assouplissement…
(2096)Pour une pensée partie comme malgré elle en quête de son propre Vide cette quête n’est-elle pas déjà et en elle-même un leurre plein d’indispensables ressources?
(2095)Qu’est-ce que l’esprit, qu’est-ce qu’un esprit sinon, d’abord et avant tout, l’auto-révélation d’une sensibilité qui, consciemment ou non, nous aura donc plus d’une fois conduit et même poussé vers tant d’arabesques linguistiques et autres improbables acrobaties mentales ou spirituelles?
(2094)Puisque nous sommes indéniablement le fruit d’une rencontre toute particulière et assez fortuite nous pouvons parfaitement nous considérer, tantôt comme l’aboutissement en devenir d’un singulier entrecroisement de causes et d’effets, et tantôt comme l’éphémère et tout aussi singulière matérialisation d’une incomparable Chance!
(2093)Quand on traduit d’une langue dite naturelle vers une autre prétendument naturelle on ne peut éviter d’avoir à franchir cette passe d’où, d’une langue à une autre, toutes les autres sont encore possibles et bien d’autres
(2092)Ce qu’en toute bonne foi et de façon quelque peu arbitraire nous nommons Néant, comprenant par là une négation radicale de toute forme d’être ou d’existence, est assurément et tout en ne l’étant pas une négation de toute représentation possible de cette même négation
(2091)Sitôt reçue et avant même d’être comprise la parole adressée peut déclencher une tension psychique et provoquer cette réponse et cet appel dont il appartient à l’autre de se faire plus qu’un simple échos: le partenaire bienveillant et attentif.
(2090)Le processus complexe des identifications psychiques conscientes ou inconscientes d’où résulte notre personnalité profonde, durable et déterminante s’origine dans l’intériorisation de traits, marques, figures dont les effets n’auront cessé de se prolonger, se croisant et se recroisant en d’imprévisibles et parfois très subtils prolongements…
(2089)Il se pourrait bien que la Nature, s’offrant de plus ou moins bonne grâce aux entreprises de l’humaine curiosité, se laisser progressivement peler mais sans qu’on puisse jamais en dégager le véritable noyau ou premier fondement. Que font les apparences en effet sinon se recouvrir indéfiniment elles-mêmes au milieu de ce Seul Grand Vide qui, depuis le Tout début, les aura enveloppées d’une Éternelle, Omniprésente et Généreuse indifférence?
(2088)Rien de mystérieux derrière le jeu des apparences sinon cette formidable architecture de formes qui en constituera et jusqu’au bout l’incorruptible et changeante structure!

(2087)La Seule véritable et inépuisable Générosité du Grand Vide aura donc été l’Omniprésence d’un Accueil aussi infiniment Ouvert qu’éternellement indifférent
(2086)On entend dire que tous ceux qui partent en quête du Paradis sur Terre finissent par se perdre en chemin… Mais ne sommes-nous pas tous toujours déjà en chemin et tous toujours bientôt désorientés ou perdus?
(2085)L’entretien des caresses est le souci partagé d’une discussion dont l’Horizon n’en finit pas de s’enrouler autour de l’Impossible et Grand Amour!
(2084)Il faut croire que, la curiosité humaine étant ce qu’elle est, dans toute société humaine plus ou moins bien organisée il y aura toujours des hommes ou des femmes pour s’autoriser à vous demander qui vous êtes, ce que vous faites là, d’où vous venez et tout ceci sans que l’inverse leur semble même simplement envisageable. Exigeons donc sans tarder que cela ne puisse se faire que de façon civile et dans le cadre d’une réciprocité définie et approuvée par la Délibération continuée, légitime et légitimante.
(2083)L’indispensable spontanéité de l’inspiration reste nécessairement et à tout moment directement branchée sur l’imprévisible jeu de sa propre synchronicité.
(2082)Nous offrons chacun jour à la nature diverses déjections autres rejets plus ou moins naturels qu’elle se charge d’absorber, de transformer et souvent même de faire fructifier. Dans le même temps nous étouffons cette même nature sous les innombrables déchets que génère une consommation toujours plus massive de marchandises issues d’une production industrielle massive. Pour finir, chaque jour et sans même nous en rendre compte, nous livrons les multiples traces électroniques de nos comportements à la curiosité vorace de machines ou de robots pour qu’elles soient immédiatement récupérées par ceux qui les utiliseront pour mieux cibler cette production et rendre cette consommation toujours plus addictive…
(2081)Notre meilleur(e) ennemi(e) est bien évidemment celui ou celle dont nous savons déjà que, pour l’affronter avec quelque chance de succès, il nous faudra mobiliser à fond et jusqu’au bout l’essentiel de nos ressources!
(2080)L’autre Sujet serait-il, dans l’Horizon de l’impossible et Grand Amour, cette secrète signature, Unique et partagée au cœur indéfiniment déplacé du Paysage sans nom?
(2079)Volés ou non, mérités ou non, les moments du bonheur sont à chaque fois l’unique et passagère récompense d’une semaison dors et déjà tombé dans les réserves d’un nécessaire oubli
(2078)Que l’autre Sujet continue d’être pour nous, dans le Paysage sans Nom, cette Ouverture sur l’inattendu de ses propres transformations!
(2077)Purement naturelle ou technologiquement assistée qu’est-ce qu’une conception sinon, pour la vie même, la plus prometteuse, la plus fragile et la plus fertile des agrégations?
(2076)La définition tente de capturer la métaphore pour la fixer d’équerre et de compas quand, déjà, la voilà qui s’enfuit, déployant de flamboyantes ailes emplumées!
(2075)Est-ce notre ombre qui, inlassablement, nous suit ou nous qui, trop dépendants et comme subjugués, la suivons et de beaucoup trop près?
(2074)Tandis que la signification d’un mot dépend tout à la fois de la nature réelle ou imaginaire de son référent comme de la place qu’un tel mot occupe dans le lexique de la langue à laquelle il appartient, le Sens, quant à lui, renvoie d’abord à l’intention expressive de l’énoncé dans lequel cette même signification se trouve insérée. La possibilité du Non-sens, irrémédiablement liée à celle du Sens, dépendra donc avant tout du rapport entre la signification, l’intention expressive et le contexte dans lequel le Sens comme le Non-sens trouve la possibilité d’une énonciation. La dimension poétique pourra ainsi apparaitre comme une heureuse ressource permettant de faire jouer, dans l’énoncé, la dimension de la signification avec celle du Sens comme avec celle, toujours présente, toujours possible, d’un incontournable et joyeux Non-sens!
(2073)La connaissance scientifique des phénomènes naturels est aujourd’hui telle qu’elle permet d’anticiper avec un maximum de précision sur le déroulement futur des phénomènes de l’infiniment petit comme de ceux de l’infiniment grand et ceci même pour une très longue durée, mais toujours de façon générale, globale, ou de façon statistique. C’est ainsi que cette science peut déjà anticiper, pour la Terre dont le destin cosmique est irrémédiablement lié à celui du Soleil, une Ultime et irréversible Catastrophe ou Dispersion. Les hommes, auteurs de cette science admirable, sont donc en mesure d’anticiper tout en les relativisant nombre de catastrophes à venir, dont celle de la Terre qu’ils habitent, mais sans jamais oublier que cette même science ou que cette même connaissance admirable ne cesse de progresser tout en se rectifiant et toujours dans des limites qui ne n’auront cessé de la reconduire au Seuil de l’Incommensurable Univers!
(2072)Lorsque les inventions techniques s’inspirent des processus naturels ou tentent de les imiter elles ne peuvent que rester très en-deça de l’infinie complexité de ces mêmes processus. Ces inventions en effet s’appuient sur des constructions et modélisations théoriques procédant elles-mêmes d’une abstraction simplifiante ou schématisante. Ce caractère de simplification ou de schématisation reste vrai pour les mathématiques les plus complexes qui, dès lors qu’on les applique à l’interprétation de la réalité naturelle la plus immédiate, ne peuvent qu’impliquer une marge non négligeable d’approximation. C’est ainsi qu’une expérience de réalité dite virtuelle ou augmentée, si complexe ou spectaculaire puisse-t-elle paraître, ne peut dépasser en incitations sensibles, émotives ou intellectuelles, la riche complexité de ce que peut offrir et en toute saison une Seule, simple et modeste ballade en forêt…
(2071)Le Silence qu’on croit percevoir peut être vécu ou ressenti comme un manque ou un défaut relativement à la possibilité de percevoir n’importe quel bruit ou n’importe quel son. Pour l’esprit toujours en quête de nouvelles acrobaties et autres pirouettes ce Silence peut aussi être perçu comme l’Accueil possible d’un appel qui répondrait à ce même Silence et à ce même Accueil
(2070)Certains outils préservent bien mieux que d’autres la capacité gestuelle du corps de varier, parfois même très finement, le moindre de ses mouvements. Ainsi en est-il de certains de ceux dont on dit qu’il prolongent la main comme, par exemple le pinceau dans celle du peintre ou l’archer dans celle du musicien. La canne à pêche, lorsqu’elle reste rudimentaire, ne semble pas mal placée non plus! C’est également vrai de certains outils ou machines servant eux-mêmes à fabriquer d’autres outils ou artefacts comme, par exemple et entre autres, le tour du potier qui associe si étroitement à la gestuelle de chacune des mains celle, différenciée, de chacun de leurs dix doigts…
(2069)Ne faudrait-il pas voir le comble de la bêtise dans l’impossibilité de pouvoir la cacher derrière un masque et ceci sans qu’il ne soit jamais possible d’en prendre conscience?
(2068)ans la mesure où la plupart des outils, machines et autres robots peuvent être vus comme des prothèses plus ou moins perfectionnées que l’Homme aurait réussi à inventer pour son propre compte et compte tenu de ce que ces prothèses sont toujours plus nombreuses et performantes alors pourquoi ne pas considérer ce même Homme, volontiers si fiers de lui, comme le champion toutes catégories confondues de la maladresse et du handicap!
(2067)Certaines machines, avec l’accroissement continu de leurs performances, tendent à asservir l’esprit de façon particulièrement insidieuse, soumettant le corps tout autant que l’esprit à leurs processus mécanisés toujours plus rapides et complexes, réduisant d’autant la capacité de réaction, d’invention et d’accomplissement naturel et coordonné de ce même corps et de ce même esprit. Car c’est bien du corps et de sa dynamique, de sa gestuelle, de sa chorégraphie que proviennent toutes ces sensations, émotions ou impressions qui, après distillation, nourrissent l’esprit, le fortifient, le disposent pour de nouvelles acrobaties mentales qui, elles-mêmes, serviront d’inspiration pour de nouvelles et très corporelles chorégraphies…
(2066)De quelque langue qu’il provienne n’importe quel mot, à peine prononcé, à peine lancé et partagé, est déjà un rythme, une mélodie, une harmonie en quête d’autres mélodies, d’autres rythmes et d’autres harmonies…
(2065)Qu’est-ce donc qu’un Sujet pour nous sinon la possibilité d’inventer ou de trouver et de lancer d’improbables nouvelles questions dans l’Ouverture offerte sur une perspective partagée d’innombrables autres nouvelles questions possibles?
(2064)Mais pourquoi cesserions-nous d’habiter en dansant, sautant et virevoltant l’Impossible d’une insaisissable et Irremplaçable Présence?
(2063)L’invention constante de techniques mises systématiquement au service d’une mondialisation industrielle, financière et commerciale toujours plus vorace engendre une uniformisation et une standardisation grandissantes du comportement humain et ceci alors même que l’Horizon d’Universalité concrète qui oriente et fonde les sciences dont ces techniques sont directement issues reste le Seul Horizon nous permettant de comprendre pleinement et d’apprécier à leur juste valeur la richesse, la diversité et les particularités sensibles infiniment variable de ces mêmes comportements humains…
(2062)Ce que nous appelons Europe est un puzzle ou une mosaïque constituée d’une imbrication de nations aux frontières parfois récentes ou de régions dont l’identité repose sur une interaction jamais achevée entre leurs différentes natures géographiques et leurs histoires respectives. L’ensemble complexe de ce puzzle ou de cette mosaïque ne réalisera donc jamais que très imparfaitement et d’une manière toujours instable l’unité toujours menacée d’un idéal politique commun. Certaines parties de cet ensemble évolutif peuvent en effet se métamorphoser, certaines semblant aller vers leur propre effacement dans le même temps que d’autres prennent de l’ampleur ou se voient dotées d’un nouvel élan. Il est donc à espérer que cette unité politique idéale et partagée soit toujours suffisamment marquée et incarnée pour demeurer non seulement la source des prochaines transformations ou métamorphoses de cet ensemble mais encore son indispensable Horizon intellectuel, politique et moral…
(2061)Tout style trouvera toujours à se loger quelque part entre l’uniformité de la redondance et le vertige de la plus grande diversité et du plus grand écart. C’est donc entre ces deux bords ou limites que la singularité de chaque style particulier déclinera pour elle-même la variation continue d’une tension entre sa propre uniformisation et sa propre diversification ou ses propres écarts…
(2060)L’insaisissable Présence du présent dans le Temps est l’indice indéfiniment renouvelé et déplacé de cette Éternité d’un Vide qui ne nous échappera jamais que pour mieux nous attirer, nous accueillir et nous absorber
(2059)L’interminable sens dessus-dessous du Sens avec son inséparable et joyeux Non-sens est l’inépuisable source où l’esprit, toujours aussi imprévisible et capricieux, puisera encore longtemps l’indispensable énergie de ses futures et stupéfiantes acrobaties!
(2058)Parvenus tout au bout d’une impasse il est toujours possible de faire volte face et, sur le chemin du retour et avec un peu de chance, de voir danser des ombres neuves sur les parois de notre indispensable, imprévisible et double labyrinthe à Ciel-Ouvert et à Claire-Voie.
(2057)A la vue de certaines majuscules habilement disposées on peut en éprouver une irrésistible jouissance à l’origine de laquelle une certaine mais discrète symétrie n’est pas toujours étrangère…
(2056)Nostalgie d’Ancien Régime: le fou du Roi pouvait tout se permettre à condition de le faire rire tandis que, de nos jours, les clowns de la modernité médiatique, s’adressant à tous et à toutes, semblent également pouvoir tout se permettre mais finiront peut-être aussi par ne plus faire rire personne!