A l’affiche!

(1864)Au bout de chaque phrase il y aura toujours cette immédiate et insaisissable présence du Silence et du Vide, immanquablement accompagnée de l’incontournable tentation d’y lancer un cri!

(1863)Le sentiment intérieur de notre liberté, surgissant volontiers à l’improviste, ne nous inspire jamais de fruits plus doux ni plus excitants qu’une célébration toute spirituelle, joueuse et légèrement mélancolique des Révoltes de l’éternel enfant!

(1862)La science et l’idéologie ont ceci en commun que l’une comme l’autre visent à la simplification. Quand la simplification visée par l’une passe par la reconnaissance d’une complexité qu’elle cherche d’abord à décrire, puis à traverser afin de l’expliquer en la réduisant à ses éléments premiers celle à laquelle parvient souvent l’idéologie et ceci quelle que soient son orientation signifie plutôt une mise à l’écart ou un refus, voire un véritable refoulement de l’idée même qu’une telle complexité puisse seulement être possible!

(1861)Nous restons très attachés à notre bêtise, et même reconnaissant, bien que nous ne puissions faire mieux que de lui tourner le dos, tout à fait comme l’avers et l’envers d’une médaille dont l’une des faces porterait l’emblème flatteur de nos époustouflantes acrobaties mentales ou spirituelles!

(1860)Surgissant d’un inextricable et foisonnant réseau de neurones enchevêtrés nous parvient, tantôt tout proche, tantôt semblant venir de loin, l’écho ô combien excitant d’une très stimulante dispute intérieure!

(1859)En acceptant de participer ne serait-ce qu’à demi-mot ou du bout des lèvres à l’universelle médiatisation ne doit-on pas abandonner aussitôt toute prétention à conserver la moindre prise, le moindre contrôle sur la propagation possible des effets parfois très surprenants de cette même participation?

(1858)Il arrive que certaines figures ou inscriptions découvertes sur l’une ou l’autre des imprévisibles parois de notre indispensable et double labyrinthe à Ciel-Ouvert et à Claire-Voie fassent immédiatement penser qu’elles auraient pu être tracées ou gravées sur les immenses voûtes depuis longtemps écroulées d’anciennes et vertigineuses cathédrales

(1857)C’est toujours à nouveau dans l’étirement des caresses que se dessine, s’éprouve et se partage l’évidence de l’Impossible Présence

(1856)Certaines Lampes de Poche resteront comme un hommage aussi discret que convaincant rendu au plus généreux, au plus accueillant et au plus profond des Silences

(1855)La figure du martyr en souffrance d’un côté, celle, terrifiante, du bourreau de l’autre sont les deux extrêmes complémentaire d’une condition à laquelle l’Humanité ne semble pouvoir échapper que dans la contemplation des lumineux énigmes navigant au-dessus de sa tête

(1854)Nommons poésie cet élan du langage parvenant à se glisser en dansant, pirouettant et tourbillonnant entre les mailles de son propre filet…

(1853)Rendons grâce une fois de plus pour toute cette formidable Énergie dont les tourbillonnantes vibrations ne cessent de nous entourer, de nous traverser pour mieux nous consumer en nous emportant jusqu’aux Ultimes confins d’un Univers aux incalculables métamorphoses!

(1852)Quand la peau de l’Impossible et grand Amour s’offre, ne serait-ce qu’un moment, comme l’interminable paroi de notre propre labyrinthe alors comment ne pas y chercher aussitôt les signes oubliés d’une langue perdue mêlés aux signes inconnus d’une langue à venir?

(1851)Nos hésitations, tâtonnements et autres bégaiements sont des chapelets égrenés dans les marges de l’Avenir

(1850)Chaque langue dite naturelle, vivante ou déjà morte, est dotée d’une inépuisable réserve de ponts et passerelles, raccourcis et autres passages secrets permettant à qui veut l’entendre d’y cultiver avec grâce tout autant l’art de s’y perdre soi-même que celui d’y égarer les autres…

(1849)Et pourquoi devrions-nous choisir entre le flou opaque et vaporeux de la brume et la pointe acérée du stylet?

(1848)Un écho de L’Ultime et insaisissable Vérité ne cesse de se répercuter de chaque langue dite naturelle vers chacune des autres pour s’y réfléchir à chaque fois comme dans un immense miroir brisé dont il nous appartiendrait alors d’assembler indéfiniment les fragments éparpillés…

(1847)Parcourir l’imprévisible réseau des innombrables et toujours si surprenantes galeries de notre indispensable et double labyrinthe à Ciel Ouvert et à Claire Voie comme aventurier au jour le jour ou un explorateur sans lendemain!

(1846)Ce qu’on appelle savamment méthode n’est souvent guère plus qu’une béquille de fortune, pas toujours très droite et encore moins solide, permettant de continuer d’avancer tant bien que mal sans être étouffé par la crainte ou paralysé par le découragement.

(1845)Le sujet ne se soumet ou n’obéit souvent que comme s’il avait tout à coup décidé librement de se soumettre ou d’obéir et pouvait encore à tout moment revenir sur cette décision…

(1844)Nous suivons la trace pleine d’inattendus d’une inscription qui passera encore plus d’une fois au travers des mailles d’un filet qu’il nous appartiendra encore longtemps de lancer et de relancer à la recherche du Trésor caché!

(1843)Certaines Majuscules ne sont-elles pas comme un signe de reconnaissance adressé à tous les Noms possibles, égarés ou perdus, d’une Seule, Unique et Omniprésente Contingence aux multiples Visages…

(1842)Arrivé au bout de chaque phrase ou croyant l’être qu’espérer sinon l’apparition prochaine de quelques signes avant-coureurs d’une phrase encore en gestation?

(1841)La structure logico-grammaticale de chaque phrase permet la rencontre et le croisement ou l’entrecroisement d’une diachronie signifiante, tantôt mélodique et rythmée et tantôt plus grinçante ou heurtée avec une synchronie tantôt harmonieuse et tantôt plus discordante…

(1840)La géométrie des caresses est l’Utopie qui nous attend à l’Horizon de l’impossible et Grand Amour…

(1839)La culture, correspondant en grande partie à ce que les hommes instaurent sous la forme de comportements réglés auxquels s’ajoutent les productions matérielles et intellectuelles issues de ces comportements, étant elle-même en grande partie soumise au déterminisme et aux enchaînements inhérents aux processus naturels, n’en est pas moins toujours aussi et dans le même Temps l’inépuisable fruit d’une non moins inépuisable Générosité du plus Grand, du plus énergique et du plus inconséquent des Hasards

(1838)L’Ouverture sur cet Horizon d’Universalité concrète qui tout à la fois libère et oriente pour nous la perspective d’une vérité objectivement et rationnellement fondée est bien ce qui nous aura permis de penser la Nature comme ce qui, déterminé au moins en partie par l’implacable nécessité de ses propres enchaînements, a longtemps préexisté à l’apparition des hommes et aux interventions de ceux-ci pour en modifier durablement le cours. Cette Nature est donc pensable et anticipable comme ce qui, bien évidemment, continuera d’évoluer en se transformant après la disparition annoncée de ces mêmes humains, entrainant avec elle toutes les conséquences bonnes ou mauvaises de leurs interventions.

(1837)Les souvenirs d’anciennes péripéties ayant accompagné l’improbable et au fond très excitant parcours resurgissent parfois comme autant d’images ou de séquences sur la paroi de notre indispensable et double labyrinthe à Ciel-Ouvert et à Claire-voie, éclairant soudain d’un jour nouveau l’une ou l’autre de nos improbables acrobaties mentales ou spirituelles.

(1836)L’implacable Nécessité qui nous entoure, nous assiège et nous emporte ne se voit-elle pas elle-même et depuis le Tout début immédiatement entraînée dans les tourbillonnantes métamorphoses de l’énergique et capricieuse Générosité du plus Grand des Hasards?

(1835)Il semblerait que certaines Majuscules, lorsqu’elles ont la Chance d’avoir été particulièrement bien placées, se retrouvent immédiatement dotées d’une force d’attraction dont l’origine reste, à ce jour, impossible à déterminer…

(1834)Dans l’échange et le partage d’imprévisibles et brûlantes caresses la peau de l’autre, toujours aussi douce, élastique et souple, s’offre immédiatement comme paroi de notre propre labyrinthe dans le même temps que notre propre peau, tout aussi souple ou élastique, s’offre elle-même immédiatement comme paroi de l’autre labyrinthe…

(1833)La mauvaise foi nous renvoie l’image déformée, grimaçante et pour tout dire inversée d’une liberté toute intérieure à laquelle chacun peut croire avec d’autant plus d’enthousiasme et de conviction qu’il réussit à improviser sur sa propre partition!

(1832)Les différentes et parfois assez savoureuses théories complotistes sont le complément grossièrement affublé, vaguement rationalisé et devenu parfois très populaire d’une mauvaise foi à laquelle ceux qui y ont succombé finissent par s’accrocher avec d’autant plus de conviction et de virulence qu’un écho médiatique et complaisant ne manquera pas de les soutenir en les amplifiant

(1831)Généreuses inconséquences du Grand Hasard: Axe de nos doutes, oscillations de la certitude...

(1830)Quel sens chacun peut-il donner à sa liberté sinon celui d’espérer pouvoir prolonger encore un peu, tantôt tâtonnant et trébuchant, tantôt tournoyant et virevoltant en d’improbables acrobaties mentales ou spirituelles l’imprévisible parcours d’un indispensable et double labyrinthe à Ciel Ouvert et à Claire Voie?

(1829)Car c’est devant chacune des innombrables bifurcations qui nous attendent encore à chaque détour d’un indispensable et double labyrinthe à Ciel Ouvert et à Claire Voie que nous exécuterons encore, et même parfois les yeux fermés, de nouveaux et toujours très irrésistibles pas de danse

(1828)Les architectes, bâtisseurs et autres urbanistes renonceront-ils un jour à ce fantasme qui les habite de toute puissance et de maitrise totale pour lui préférer la perspective zigzagante de réalisations plus aléatoires, plus informelles ou indécises mais dans le même temps plus ouvertes, tout autant à ce dépérissement naturel auquel nul vivant n’échappe, qu’à cette capacité de renouvellement, de métamorphose et d’invention dont chacun de ces mêmes vivants est lui-même une expression singulière et particulièrement authentique?

(1827)Heureux ceux qui nous auront préparé pour l’accueil et le déchiffrement, l’intelligence ou la compréhension de tous ces signes venus le plus souvent sans crier gare des quatre coins d’un Univers aux innombrables expansions…

(1826)Que l’abri de nos racines le soit aussi de notre fantaisie!

(1825)Continuant de nous faire signe, de nous de nous narguer même à l’occasion pour mieux nous attirer avant de nous filer entre les doigts l’Ultime, intraitable et insaisissable Vérité restera jusqu’au bout tout autant et tout à la fois l’impossible point de départ et l’impossible point d’arrivée d’une Ultime et bienveillante Sagesse

(1824)L’Omniprésence du Grand Vide est le Seul avenir d’un Oubli qui nous fuit tout autant qu’il nous attend…

(1823)N’évitons surtout pas d’affronter ce qui, directement ou non, menace déjà d’affaiblir ou de saper, voire de ruiner complètement ces quelques convictions soigneusement entretenues grâce auxquelles nous conservons l’espoir de danser encore un moment au beau Milieu d’un Vide aussi infiniment accueillant qu’éternellement Indifférent?

(1822)Aux Aveuglantes Générosités du Grand Amour de savoir accueillir joie et reconnaissance toutes les épreuves que lui réserve déjà l’imprévisible et très inconséquente Générosité du plus Grand des Hasards

(1821)La part inconsciente des incessantes activités de notre inestimable cerveau fonctionne si rapidement et d’une façon si parfaitement synchronisé que, pour la partie consciente des activités de ce même et toujours aussi inestimable cerveau, il semble bien que le mieux soit de réussir l’enchaînement d’une suite ininterrompue de glissades, tête-à-queues et autres vols planés!

(1820)L’avenir de notre identité intellectuelle, mentale ou spirituelle ne tient-il pas déjà tout entier dans la cartographie d’un Vide qui ne nous aura entouré et habité que pour mieux nous effacer en nous absorbant?

(1819)L’Horizon d’Universalité concrète qui oriente les zigzagantes avancées d’une science aux multiples facettes, aux multiples ramifications ne cesse de lui offrir la possibilité de sauter dans le Vide à la rencontre des imprévisibles et stimulants Caprices du plus Grand, du plus inconséquent et du plus Généreux des Hasards

(1818)Le Don renouvelé d’une suite d’amoureuses, interminables et très inventives caresses est comme l’énoncé d’un message improvisé dans une langue inconnue et dont la signification nous apparaîtrait en même temps qu’elle nous échapperait