A l’affiche!

(2055)Toute Forme, et ceci quel qu’en soit le dessin ou les contours, à peine esquissée sur l’Eternité silencieuse du Vide, y accueille déjà tous les possibles de la couleur

(2054)La Vraie Musique, qui est aussi celle du vent et de l’eau qui s’écoule, du feu qui crépite et du cri de l’oiseau ne se laisse entendre avec bonheur que lorsque se sont tues ces voix qui nous habitent et nous encombrent encore alors même que nous croyons leur avoir échappé…

(2053)Il n’est pas exclu que la dispersion à venir, bien qu’annoncée de longue date puisse nous surprendre au point de ne pas même nous laisser le temps de la voir arriver; il est également possible qu’elle se fasse attendre au point de nous obliger à prendre les devants!

(2052)Il est rarement judicieux de se précipiter pour déclarer la guerre à n’importe quel ennemi mais il l’est toujours de s’y préparer avec un maximum de constance et de discrétion.

(2051)Car dans l’échange et le partage d’interminables et brûlantes caresses que se tiennent déjà les irremplaçables promesses de l’Impossible et Grand Amour…

(2050)Les plus heureuses virgules, qui sont aussi les mieux placées, savent apparaître comme un hommage discrètement adressé au souffle de l’inspiration…

(2049)L’esprit des Majuscules ne tiendrait-il pas aussi et même pour beaucoup de l’Esprit de la Magie?

(2048)La perspective ouverte sur un Horizon d’Irréversibles Catastrophes ne peut que donner une légère mais décisive touche humoristique aux innombrables péripéties, rebondissements et autres coups de théâtre qui se préparent déjà pour nous dans les insondables réserves du plus Grand et du plus Généreux des Hasards

(2047)Lorsque les temps sont agités, troublés et que l’apparente stabilité des choses sur lesquelles on a l’habitude de s’appuyer semble menacée certains, en quête, de reconnaissance et de puissance, rivalisent de fausses prophéties et autres visions apocalyptiques pour attirer et manipuler à leur profit les esprits les plus fragiles ou les plus désorientés…

(2046)A trop vouloir réduire la part du style on risque de finir par faire la part belle au style du refus!

(2045)Les ressorts intimes de l’énergie qui pousse n’importe quelle conviction à s’exprimer avec force sont toujours très éloignés des raisons dont ces mêmes convictions se parent pour leur propre justification quand ce n’est pas leur propre glorification. Ceux-là cependant ne tirent-ils pas toujours très discrètement les ficelles de celles-ci?

(2044)Suffirait-il de continuer à jouer innocemment avec de petits cailloux ou de minuscules osselets pour que nous soit un jour révélé le Chiffre du plus Grand, du plus Généreux et du plus Inconséquent des Hasard?

(2043)Car c’est du décalage persistant entre les souhaits ou les intentions des hommes et des femmes d’une part et ce qu’ils ou ce qu’elles obtiennent d’autre part, que continueront de renaître pour chacun d’entre eux ou d’entre elles, inlassablement, d’indispensables et parfois très différentes ou divergentes raisons d’espérer…

(2042)Qu’est-ce que l’Horizon sinon ce qui ne cesse de s’enrouler puis de se dérouler, de se refermer puis de s’ouvrir pour nous dans l’illimité d’innombrables et fuyantes perspectives?

(2041)Le plus résistant, le plus durable et le plus généreux de ce que nous laisserons derrière nous habite déjà le cœur indéfiniment déplacé et comme constamment reformulé d’un inachèvement longuement prémédité…

(2040)Qu’est-ce qu’un territoire sinon ce qui s’offre à nous comme possibilité de s’y déplacer le plus librement possible, y dressant parfois et parfois même à l’improviste la tente d’un inaccessible bonheur, y bâtissant bientôt et pour un temps la cabane ou l’abri de notre fantaisie?

(2039)Ce que nous appelons « âme » n’est pas seulement le résultat d’un tri purificateur rendant possible une maitrise certaine du corps et de ses impulsions mais encore la mise en œuvre d’une constante confrontation entre de multiples sources ou appartenances et une imprévisible succession de chances à saisir…

(2038)Une civilisation qui, au nom de ce qu’elle appelle fièrement et peut-être abusivement la liberté, ne propose comme dernier cri d’une distraction technologiquement assistée que de se projeter en toute sécurité dans un monde virtuel pour jouer à tuer ou à se faire tuer tout en ressuscitant à la demande ne sèmerait-elle pas des graines qui, à terme, risquent bien de provoquer sa propre désagrégation ou dislocation?

(2037)Réglons toujours nos dettes avec Générosité et bonne humeur et sans jamais accepter de mettre en gage un seul morceau, trait ou fragment d’un esprit toujours aussi imprévisible et capricieux!

(2036)La bêtise est assurément le soutient le plus efficace d’une ignorance qui, d’abord et avant tout ignorante d’elle-même, risque bien de ne pas nous lâcher de si tôt!

(2035)L’Omniprésente et très Généreuse Inconséquence du plus Grand des Hasards est dors et déjà la signature anticipée de nos futurs écarts, prochaines divagations et autres fertiles égarements

(2034)Le Vrai Doute pourrait-il, sans se renier lui-même, cesser d’examiner systématiquement toute prétendue certitude qui se présente pour, toujours à nouveau, interroger, questionner, traquer jusque dans ses moindres recoins la plus modeste contradiction, le plus infime paralogisme, la plus légère inconséquence ?

(2033)L’indispensable et précieuse Cabane d’où nous nous réjouissons d’observer à loisir l’incessant ballet d’apparences saisonnières souvent éblouissantes sera toujours et toujours en même temps le plus sûr abri d’un inestimable et précieux Jardin des Secrets

(2032)La transcendance du Sujet ne s’ouvre au Monde que pour mieux y retrouver le chemin de ses propres traces; celle du Monde n’enveloppe le Sujet que pour mieux l’entraîner dans le tourbillon de ses propres métamorphoses

(2031)Certaines heureuses questions résistent bien mieux que d’autres à cette avalanche de réponses qui ne manquent jamais de encercler et de les assiéger pour mieux les étouffer et les faire disparaître corps et biens

(2030)Le philosophe authentique ne serait-il pas celui qui, après avoir échangé le plus souvent, le plus longuement et le plus librement possible avec les un.e.s et avec les autres ne s’adresserait ensuite qu’à lui-même, s’interrogeant, s’écoutant, se contredisant ou se répondant parfois mais toujours dans la plus grande prudence et la plus grande discrétion?

(2029)La Générosité de toute langue est bien de ne cesser de nous offrir de nouvelles Occasions d’aller là où il serait enfin possible de s’en passer

(2028)Une interminable partie de ping-pong reste bien à ce jour l’image la plus appropriée pour une non moins interminable et très réjouissante chorégraphie de la Question!

(2027)La capacité de l’esprit de toujours pouvoir à nouveau rebondir sur n’importe laquelle de ses propres traces ne cesse de l’ouvrir aux innombrables perspectives d’un imprévisible et très inépuisable Au-delà de tous les possibles de l’Horizon

(2026)La Vraie et Grande musique Seule pour prolonger en nous l’écho de l’indicible et vertigineux Silence

(2025)Les questions les plus profondes, qui sont aussi les plus vraies ou les plus sincères, se passent d’autant plus volontiers de toute réponse possible qu’on les verra portées et bientôt emportées par le chant d’une Seule et Grande Musique

(2024)En insistant sur l’énormité de la tâche à venir le philosophe, plus malin qu’on ne le croit, s’autorise à coup sûr le plus astucieux mais aussi le plus insolent des raccourcis!

(2023)Parcourir une seconde fois notre interminable et double labyrinthe à Ciel Ouvert et à Claire voie nous donnerait-il la possibilité de franchir ne serait-ce qu’une fois, ne serait-ce qu’un instant le seuil de l’autre labyrinthe?

(2022)Prêts à rire ou à pleurer ce n’est jamais sans appréhension que nous nous apprêtons à accueillir les messagers tantôt si sombres et abattus et tantôt si enthousiastes d’une très chères et très ancienne mélancolie…

(2021)La capacité naturelle si précoce de varier et moduler les valeurs expressives du cri en fonction d’impressions sensibles ressenties comme agréables ou désagréables n’est que le prémisse de l’invention et de la mise en oeuvre des langues qui seront dites naturelles ainsi que de la tâche infinie de leurs descriptions, analyses et traductions ou transcriptions les unes dans les autres…

(2020)La linéarité apparente de n’importe quel message formulé dans n’importe quelle langue dite naturelle ne saurait faire oublier qu’à peine un tel message formulé la structure qui le sous-tend le propulse d’un seul coup dans un univers symbolique et grammatical, sémantique et signifiant dont le nombre de dimensions ou de paramètres reste à ce jour impossible à déterminer!

(2019)La libre réciprocité d’une authentique intersubjectivité équitablement distribuée et partagée constitue pour toute véritable Délibération l’Horizon indéfiniment reculé d’une irremplaçable Terre promise

(2018)Tenterions-nous longtemps de déchiffrer n’importe quel ensemble de signes supposés sans l’hypothèse qu’un tel ensemble constitue une suite et que celle-ci n’aurait jamais pu être ni conçue ni formulée sans un espoir, même minime, qu’elle puisse être un jour entendue ou comprise?

(2017)Et de l’Écart à nouveau ce jaillissement d’imprévisibles différences, irremplaçables dissonances ou improbables divergences!

(2016)L’intensification du sentiment de plaisir et sa transformation en jouissance seules pour en révéler le caractère essentiellement spirituel

(2015)Ce n’est pas le mépris du plaisir que l’on réussit à prendre qui nous aidera à mieux supporter la douleur mais bien plutôt l’idée que cette même douleur en relève déjà le prix!

(2014)Un même Silence n’est-il pas la réponse la plus Ouverte et la plus Généreuse possible à donner tant aux questions les plus folles ou les plus absurdes qu’à celles dont l’apparente profondeur nous fascine autant qu’elle nous absorbe?

(2013)Que la dispersion de celui ou celle dont l’inachèvement nous faisait face soit l’occasion d’une célébration de cet inachèvement même qui déjà nous pousse et nous entraine vers notre propre dispersion…

(2012)Le fin du fin n’est ni le fin mot de tout ni le mot de la fin mais peut-être bien le plus hésitant des mots-à-mots indéfiniment hanonnés dans l’Ouverture sur l’Au-delà de toute question

(2011)Car c’est du cœur même d’un indispensable et joyeux Non-sens que d’imprévisibles significations n’auront cessé de jaillir en quête d’un Sens qui n’en risque pas moins de continuer à leur échapper

(2010)Nous ne saurions sans arrogance prétendre avoir pris la mesure, même approximativement, d’une ignorance qui nous suit autant qu’elle nous précède et toujours pour mieux nous prendre à revers…

(2009)Les chemins parcourus dans nos Seules têtes ne sont pas moins nombreux ni moins surprenants que ceux sur lesquels nous n’avons pas fini de trébucher en y mettant le pied…

(2008)Bienheureux le chasseur qui parvient à tourner indéfiniment autour de sa proie!

(2007)Car c’est en ne cessant d’errer dans son propre désert que l’esprit finira immanquablement par retrouver l’énergie de ses plus folles acrobaties!

(2006)Et l’esprit, toujours aussi imprévisible et capricieux, de s’élancer une nouvelle fois pour sauter, tourner et tournoyer avec grâce au-dessus comme au-dessous des abîmes d’un Vide dont il n’est surement pas prêt d’avoir fait le tour

(2005)Toute lumière, et ceci quels qu’en soient l’intensité, la vitesse du rayonnement ou l’étendue du spectre n’éclairera jamais que l’une ou l’autre des facettes d’une ignorance dont la profondeur continuera de lui échapper

(2004)Les Chefs-d’Œuvres du Grand Art ne le sont jamais vraiment que grâce à cette touche ou à cette manière qui, en eux et parfois même contre eux, résiste vaillamment à toute explication comme à toute justification!

(2003)Et ce n’est pas la moindre des folies de l’impossible et Grand Amour que de prolonger sans fin pour nous une interminable suite de généreux points de suspension…

(2002)L’Ouverture sur l’infini de l’Horizon Seule pour nous permettre d’approcher en dansant, avec autant de grâce que de légèreté le plus minuscule des grains de poussière ou des éclats de la lumière…

(2001)L’autre comme Sujet est toujours déjà l’accueil possible de la Seule, Unique et Généreuse question qui puisse être vraiment partagée dans l’Horizon de l’Ultime et insaisissable Vérité

(2000)Il est assuré que la simplicité de l’Un viendra encore plus d’une fois tout compliquer, comme il est tout aussi assuré que la complexité du multiple ne demeurera pas longtemps étrangère à toute simplification

(1999)L’Ouverture intérieur est toujours déjà l’Accueil possible d’un Infiniment grand qui n’est jamais aussi loin ou aussi distant qu’on le croit de l’infiniment petit!

(1998)Les choses ne sont comparables que sur le fond de ce qui leur demeure incomparablement proche et terriblement étranger

(1997)Pour celui qui offre la question en l’énonçant toute réponse devient la source possible d’innombrables nouvelles questions chacune susceptible d’engendrer non moins innombrables réponses susceptibles chacune d’être à la source de non moins innombrables nouvelles questions…

(1996)Le Sujet peut-il être totalement sûr de lui, de son existence ou de sa vocation autrement qu’au risque de son effacement?

(1995)La gymnastique du corps provoque, stimule et entretient celle, nettement plus audacieuse et parfois même provocante d’un esprit toujours aussi imprévisible, acrobatique et capricieux…

(1994)Dans l’art du questionnement il ne s’agit pas tant d’interroger pour saisir enfin quelques morceaux ou fragments d’un savoir aussi abstrait qu’impersonnel et froid que de s’offrir une chance de mieux se connaître ou se reconnaître et pourquoi pas de se réinventer!

(1993)Et si la plus grande générosité des mots était de nous épargner le plus longtemps possible l’épreuve de l’Ultime et insaisissable Vérité?

(1992)C’est de l’autre comme autre Sujet que nous sommes en droit d’attendre qu’il nous renvoie l’imprévisible caché au cœur indéfiniment déplacé de nos propres questions comme de nos propres réponses…

(1991)Ecrire comme on les découperait les mille et une pièces d’un immense puzzle pour que chacun puisse, un jour, tenter d’en reconstituer l’image inachevée

(1990)L’Ouverture intérieure et assurément aussi ce Vide par où viennent à nous, comme en apesanteur, les lettres d’une interminable phrase

(1989)Notre chère mélancolie nous ballade et nous balance de telle sorte que nous voilà tantôt assailli par les sombres perspectives d’un inexorable crépuscule et tantôt soulevé par l’enthousiasme débridé d’un matin de Grand Soleil!

(1988)Car c’est en contemplant les Chefs d’œuvres du Grand Art que nous avons cru y déceler la source d’une très légère mais pourquoi pas aussi très féconde modification du Cours du Monde…

(1987)Ce que nous nous nommons si généreusement libre-arbitre, qui nous mettrait bien au-dessus de tout autre animal, nous flattant nous-mêmes d’en bénéficier par nature ou selon le décret d’une improbable toute puissance divine, n’est au fond qu’une hypothèse assez folle et à jamais invérifiable de pouvoir échapper, mais toujours en y mettant le prix, aux implacables décrets d’une aveugle Nécessité tout autant qu’aux incessants caprices du plus Grand et du plus inconséquent des Hasards.

(1986)La mise en oeuvre de l’éthique de soi comme Sujet n’est possible que comme éthique de l’autre comme Sujet toujours possible!

(1985)Les lois, constamment et légitimement réexaminées, réévaluées ou repensées par la Délibération continuée assurent la continuité d’un cadre pour la liberté d’un Sujet qui, Seul, peut en reconnaître l’Horizon comme le véritable fondement.

(1984)Ceux qui s’écoutent parler se réservent toujours la meilleure place, au premier rang et dans leur Seule tête, non contents d’y occuper déjà le devant de la scène!

(1983)La possibilité de l’intersubjectivité comme de l’interlocution qui l’accompagne en la vivifiant est tout à la fois le fondement technique et l’enjeu moral de la Démocratie et de sa Délibération tandis que la possibilité de cette même Démocratie et de cette même Délibération en est l’indispensable horizon politique commun…

(1982)Qu’aurait de véritablement précieux l’Omniprésente Générosité du plus Grand des Hasards s’il n’y avait eu et depuis le tout début cette possibilité offerte de partir en Quête de l’Unique, imprononçable et irremplaçable Question?

(1981)Mais que se cache-t-il donc derrière le tu sinon l’adresse d’un nombre indéterminé de questions possibles ainsi que la source d’un nombre non moins indéterminé de réponses possibles chacune d’entre elles source d’un nombre tout aussi indéterminé de nouvelles et imprévisibles questions possibles?

(1980)Il n’y a de dispersion envisageable que dans la perspective du prochain rassemblement; il n’y a d’assemblage ou de montage concevable que dans la perspective du démontage à venir; il n’y a d’écart possible de dans la perspective d’un futur rapprochement

(1979)La philosophie réduite à l’état de marchandise en promotion ne risque-t-elle pas de décourager toute tentative sincère de partir en quête des traces, fragments ou simples échos de l’Ultime et insaisissable Vérité?

(1978)Poursuivant l’exploration tantôt hésitante ou tâtonnante et tantôt très excitante de l’interminable réseau des innombrables galeries de notre indispensable et double labyrinthe à Ciel Ouvert et à Claire Voie il nous arrivera encore plus d’une fois de nous imaginer en reconnaître un passage, semblant le parcourir à nouveau dans un sens ou dans l’autre mais sans jamais pouvoir en obtenir une preuve un tant soit peu convaincante…

(1977)Qu’appelons-nous Ouverture sinon cette possibilité constamment renouvelée pour le Sujet de se voir lui-même tout entier projeté, tournant et tournoyant au-dessus d’un Vide aussi infiniment Généreux qu’éternellement Indifférent?