
(1907)Les iconoclastes et autres insoumis de tout bord et de toutes tendances n’ont-ils pas déjà plus d’une fois fini bien rangés et en bon ordre derrière l’image adulée, flatteuse et déjà victorieuse d’un apprenti dictateur?
(1906)N’y aurait-il pas, et plus souvent qu’on n’est tenté de le croire, plus de véritable Générosité dans le silence et l’abstention que dans une parole qu’on s’imagine la plus exactement pesée, la mieux intentionnée voire encore la plus inspirée?
(1905)Le prix du style, qui est aussi sa récompense, est toujours à chercher dans la rencontre indéfiniment renouvelée de ces croisements et bifurcations, écarts ou retournements dont il lui revient à chaque fois de saisir, d’apprécier et de faire fructifier les insoupçonnables possibilités…
(1904)L’art de la pantomime, du burlesque ou de la bouffonnerie nous offrira toujours une réjouissante et très accessible possibilité de singer la mort: tout aussi bien et tout aussi souvent qu’une indispensable résurrection!
(1903)Et l’écriture de nous conduire et de nous reconduire encore et toujours au Seuil de ce Seul Grand Silence qui ne l’aura donc toujours entourée et habitée que pour mieux l’engloutir en l’effaçant
(1902)Pour tout être vivant humain, pris en charge dès le tout début de son existence, il est légitime de parler d’un développement de diverses facultés rapidement orienté par l’éducation de telle sorte que certaines de ces facultés pourront se déployer aux limites de leurs propres potentialités et parfois au détriment de certaines autres. Lorsque cet être se rapproche de sa fin naturelle il s’agira alors plutôt de parler d’une capacité de résistance à l’amoindrissement de ces facultés et à la désorganisation de leur ensemble et cela même si l’amoindrissement des unes peut,, certes provisoirement, favoriser un développement tardif et comme miraculeux de certaines autres…
(1901)Concernant ce fameux libre-arbitre auquel nous tenons tant et qui, s’il existe, devrait justifier que nous nous considérions constamment comme entièrement responsables de chacun de nos actes, de chacune de nos pensées, de chacune de nos acrobaties mentales il semble bien que nous ayons été, et ceci depuis le début, condamnés à ne cesser de lui courir après…
(1900)Nombreux ceux pour se lancer dans d’interminables joutes, y faisant montre d’une surprenante habileté à manier les paradoxes les plus subtils, les plus inattendus, et cela avec d’autant plus d’impudence et même de rage que le véritable enjeu de ces mêmes joutes leur apparaît peu à peu plus vide, plus vain et donc plus insensé!
(1899)On ne devient vraiment soi-même qu’après avoir éprouvé, goûté et traversé la tentation répétée de se perdre dans l’autre labyrinthe
(1898)L’art si précieux du raffinement s’affirme comme un art subtil de la différenciation, du contraste ou de la variation qui peut tout aussi bien servir les desseins de notre indispensable et généreuse bonté que ceux, beaucoup plus inquiétants, d’une très sombre, très fidèle et très calculatrice méchanceté!
(1897)Les inestimables et généreux élans de l’intuition ne cessent d’offrir à la raison de nouveaux horizons et de nouvelles perspectives pour y projeter le dessein de ses admirables constructions tout autant ou bien s’y perdre en de très surprenantes et parfois aussi très inquiétantes monstruosités!
(1896)Quels que soient son étendue comme son degrés de profondeur ou de générosité, et toujours selon des circonstances qu’il ne nous appartient pas de savoir anticiper avec certitude, notre ignorance peut tantôt se retrouver du côté de notre inestimable bonté et tantôt et sans même s’en rendre compte faire le jeu d’une très sombre, très avare et très calculatrice méchanceté
(1895)La raison ne parvient à consolider ses formidables constructions théoriques qu’en bridant par la règle et le compas l’élan créateur qui en a inspiré les plus folles acrobaties!
(1894)Les formules et propositions mathématiques ne s’utilisent hors du langage formalisé pour lequel elles ont été conçues que pour s’intégrer à ces constructions théoriques dont on espère qu’elle permettront de tester, relativement à un domaine bien défini de la réalité qu’elle permettent d’objectiver, les hypothèses qu’elles permettront de formuler.. En dehors de ces usages formels et strictement mathématique d’une part, théoriques et associés à la possibilité d’expériences rigoureusement menées d’autre part, elle ne peuvent prendre qu’un sens essentiellement poétique ou métaphorique dans le cadre de telle ou telle interprétation du Monde et de ses innombrables, interminables et formidables métamorphoses…
(1893)Chaque intuition nouvellement conçue pour être soumise aux contraintes d’une langue formelle éprise de cohérence restera néanmoins comme l’aboutissement d’un élan ou d’une impulsion issue des régions les plus profondes ou obscures d’un inextricable et foisonnant réseau de neurones enchevêtrés
(1892)Une construction théorique et mentale peut-elle être considérée comme objectivement exacte et vraie autrement qu’au prix d’une approximation dont l’importance relative ne peut que croître à mesure que cette même construction approcherait d’une Ultime et très Originaire première Vérité?
(1891)Et le Même de surmonter avec toujours plus de panache et de conviction sa propre division ou fragmentation, sa propre dispersion ou dissémination!
(1890)Dans l’interminable parcours de notre imprévisible et double labyrinthe à Ciel Ouvert et à Claire Voie c’est bien la langue qui, avec tout ce qui a déjà été dit ou écrit et surtout avec tout ce qui n’a pas encore été ni dit ni écrit nous aura donc et jusqu’au bout réservé l’inépuisable et généreuse surprise d’un nombre incalculable d’irremplaçables et déroutantes bifurcations!
(1899)La techno-science mondialisée ne se représente plus l’incontournable caducité de l’existence que comme un perpétuel défi à relever de telle sorte que cette incontournable et féconde limitation se présente plus que comme l’étirement crépusculaire, désespéré et désespérant d’une dégradation indéfiniment prolongée
(1898)Chacune des deux dimensions de notre indispensable, imprévisible et double labyrinthe à Ciel Ouvert et à Claire Voie est d’abord et avant tout la possibilité d’un Seul et Unique Horizon où elles pourraient se rejoindre pour se nouer l’une avec l’autre en finissant même par se fondre l’une dans l’autre…
(1897)Que l’amour savamment entretenu, contrôlé et manipulé d’un chef prétendument protecteur et bienveillant fasse place aux risques, aux audaces et aux égarements de l’Imprévisible et Providentielle Rencontre!

(1896)Grand est l’Amour qui, indéfiniment, qui, inlassablement, reprend ses marques au creux de l’Impossible!
(1895)Vraie ou fausse, fondée ou non, qu’est-ce qu’une idée vraiment neuve sinon la probabilité qu’ait pu s’établir quelque part dans l’inextricable réseau de nos neurones enchevêtrés tel ou tel nouveau branchement pour tel ou tel nouveau circuit conduisant immanquablement et toujours très rapidement vers de nouvelles, imprévisibles et fructueuses bifurcations?
(1894)Nous mesurant toujours à nouveau aux contraintes sonores, sémantiques et syntaxiques d’une langue qui nous a été réservée bien avant que nous ayons eu notre mot à dire nous ne cessons d’y explorer de nouveaux passages ou de nouvelles issues vers l’improbable suite de nos indispensables acrobaties mentales ou spirituelles…
(1893)Dans un contexte mondialisé qui semble devoir échapper toujours plus à tout contrôle humain un tant soit peu raisonnable différentes théories complotistes ne peuvent pas ne pas éclore, se développer et finir par s’agréger pour former bientôt un ensemble composite, interactif et bien évidemment fortement médiatisé dont la dimension défensive et paranoïaque se nourrit avidement de tous les signes ou indices susceptibles de conforter une position déjà acquise!
(1892)Nombre de questions ne pourront que demeurer indéfiniment dans l’attente d’une réponse tout à la fois exhaustive, évidente et sûre tandis que, de son côté, toute description ne peut éviter de se maintient indéfiniment en quête de ce qui serait son ultime élément, dernier mot ou dernier coup de crayon…
(1891)L’ordre despotique et totalitaire Seul pour ignorer jusqu’au bout toute forme de reconnaissance, de dignité morale et de consentement au profit d’un système de manipulation, d’exploitation et d’asservissement par la seule force.
(1890)Le comble de la réussite amoureuse est la solution trouvée et immédiatement partagée de deux problèmes distincts mais convergents et complémentaires qui, jusque là, n’avaient pas même été ni formulés, ni même conçus!
(1889)Il ne faut pas se priver de goûter aux charmes subtils et vénéneux de la mélancolie, toujours avec tact, subtilité mais surtout avant qu’il ne soit trop tard même pour celui des regrets
(1888)Quel meilleur conseil donner aux Sisyphe de la lecture que de se contenter plus souvent de la Seule table des matières?
(1887)Quand celui qui, ayant longtemps cru à l’existence d’un Dieu Tout-puissant, Consolateur et Providentiel voit cette cette foi s’affaiblir, se lézarder jusqu’à menacer même de s’écrouler quel autre choix possible qu’entre un ultime et terrible blasphème ou le silence mortifié?
(1886)Certaines Majuscules feront toujours de l’ombre à Celles qui auraient été tentées de trop les approcher…
(1885)Pourquoi renoncer au Sourire énigmatique des anges si ce n’est que pour perdre son temps à guetter en vain les signaux d’improbables extra-terrestres perdus dans quelque recoin de l’Immense et tournoyant Univers?
(1884)Les meilleurs lecteurs seront toujours ceux qui savent lire entre les lignes, entre les mots et même entre les lettres s’il le faut!
(1883)Mais quel lecteur faut-il être et de quel livre pour ne jamais se sentir gagné par un formidable désir de prendre la fuite?
(1882)La liberté de l’écrivain ne se gagne qu’au cœur des nécessités d’une langue qui ne nous retient que pour nous permettre de nous échapper en nous réinventant…
(1881)Il faut désirer la victoire tout en chérissant la lutte et savoir jouir de la paix dans la perspective même des combats à venir…
(1880)Ce qui nous est apporté de l’extérieur et que nous tentons de nous approprier comme ce que l’intérieur nous livre et que nous nous efforçons de saisir viennent à parts égales inspirer et nourrir une lutte dirigée tout autant vers cet extérieur qui menace de nous submerger que que vers cet intérieur qui, sans cesse, menace de nous résorber en nous aspirant
(1879)Cultivons nos propres écarts, plongeons résolument dans nos propres abîmes, explorons méthodiquement nos propres gouffres au risque d’y rencontrer tantôt le monstre et tantôt le Génie!
(1878)Entendre parler une langue dont on ignore le code est une Chance offerte d’entendre de nouvelles sonorités et des mélodies inédites, Chance qu’il ne faudrait surtout pas gâcher par un désir immodéré d’apprendre pour comprendre et tenter de se faire comprendre…
(1877)Plus l’Humanité se verra proche de cette Ultime, inévitable et irréversible dispersion dont elle ne saurait pourtant déterminer par avance le véritable commencement et plus sera grande pour elle la tentation de s’offrir à elle-même le spectacle de sa propre caricature ou parodie!
(1876)Dans chacune des langues dites naturelles le mot qui en est venu à se substituer au véritable et imprononçable Nom du Dieu dont nous ne parlerons pas y est toujours aussi le signe de l’absence, dans cette même langue, de chacun des signes qui, dans l’ensemble des autres langues dites naturelles, se sont substitués à ce même, imprononçable et véritable Nom
(1875)La perspective d’une inévitable dispersion devrait inspirer à l’Humanité une vue plus juste de la grandeur de son incontestable petitesse comme de la puissance d’une non moins incontestable fragilité bien plutôt que cette irrépressible envie de se livrer sans retenue aux spéculations les plus débridées à propos de l’existence possible ou non de très providentielles Planches de Salut!
(1874)La connaissance des lois qui, pour l’Humanité Terrestre, déterminent par avance une Ultime, irréversible et très solaire dispersion permet tout de même et dans le même temps d’espérer l’existence possible, dans quelque recoin perdu de l’immense Univers, d’organismes vivants à peu près similaires, merveilleusement sensibles et terriblement intelligents!
(1873)C’est par l’écriture, pour l’écriture et dans l’écriture que les innombrables souvenirs du Paysage sans Nom ont pu trouver un cadre à la mesure de l’émerveillement qu’ils continueront encore longtemps de susciter
(1872)Quels que soient le point de vue adopté comme l’angle sous lequel on s’efforce de la contempler la maison du Dieu dont nous n’avons pu parler, Ouverte à tous les vents, composée de matériaux venus des quatre coins de l’Horizon, s’intègre parfaitement et depuis le Tout Début aux moindres aspects du Paysage sans Nom
(1871)Le véritable nom du Dieu dont nous ne parlons pas ne se prononce que dans une langue qui nous restera jusqu’au bout parfaitement inconnue. Et il se pourrait bien que pour cette langue la combinaison des signes de ce Nom change constamment pour tenir compte en temps réel de l’incroyable diversité des situations……
(1870)La maison du Dieu dont nous ne parlons pas a toujours eu de nombreuses pièces dont plus d’une destinées aux hérétiques et bien d’autres encore réservées aux athées les plus convaincus et autres esprits forts!
(1870)Le mépris que nous affichons volontiers pour ceux qui nous ont contrariés n’est bien souvent qu’une simple projection, conséquence automatique du sentiment fort désagréable et désobligeant de notre propre insuffisance.
(1869)L’Originaire, capricieuse et très inconséquente Générosité du plus Grand des Hasards, prolongeant chaque jour les interminables échos d’un insondable passé, n’en continue que plus allègrement à enrichir les sources d’un Avenir aux innombrables et stupéfiantes métamorphoses…
(1868)Que l’étirement de l’ennui nous conduise en douceur jusqu’à l’extrême bord du Vide
(1867)L’ennui n’est-il pas d’abord et avant tout une Chance de pouvoir enfin s’ouvrir à l’étonnante et chatoyante profondeur des surfaces?
(1866)Mais comment résister durablement à la tentation de rester une énigme pour les autres et surtout pour soi-même?
(1865)Qu’ajouter au Monde de véritablement nouveau, authentique et généreux sinon la marque d’un style éparpillé dans les plis et replis d’une errance aux multiples visages, d’une errance aux multiples bifurcations, d’une errance aux multiples interrogations?