LAMPES DE POCHE

(178)C’est pour n’avoir jamais cessé de lui ouvrir de nouvelles perspectives que l’inlassable et généreuse Bonté finit toujours par remercier l’intelligence; c’est pour n’avoir jamais hésité à lui ouvrir de nouveaux horizons que l’intelligence n’en finira jamais de louer cette même, toujours aussi inlassable et toujours aussi généreuse bonté…

(179)L’heureuse réciprocité d’imprévisibles, impatientes et brûlantes caresses habitera toujours au cœur indéfiniment déplacé des jeux de l’impossible et Grand Amour avec l’inépuisable, inconséquente et Capricieuse Générosité du plus grand des Hasards

(180)Tout porte à croire que cet Infini dont la vertigineuse intuition ne nous attire, ne nous aspire et ne nous engloutit que pour mieux nous échapper reste et restera jusqu’au bout la Seule, Unique et inconcevable mesure de toute Chose

(181)L’indifférence du Hasard restera le désordre de sa Générosité!

(182)Une indispensable et Généreuse Colère navigue souvent dans les mêmes eaux que la méchanceté!

(183)Si on a du mal à y croire alors c’est à ce mal qu’il faut croire et sans tarder

(184)Car c’est bien jusque dans les plus anciennes humiliations de l’enfance que plongent les racines d’une méchanceté et d’une volonté de vengeance qui n’ont pas manqué de croître et de se propager et dont les effets se seront fait sentir jusque dans les pires horreurs de la plus infâme des barbaries!

(185)C’est tout autant comme Origine de toute rencontre, de toute alliance ou de tout rassemblement que comme inépuisable Puissance de division, de séparation et de dispersion qu’il nous faut remercier l’énergique et Capricieuse Générosité du plus Grand des Hasards.

(186)Si l’Ultime et bienheureuse dispersion ne peut que finir par nous dépouiller et de la tête aux pieds alors pourquoi attendre plus longtemps pour devenir plus fins et plus légers, plus volatil et bientôt tout à fait transparents?

(187)Dans l’Univers en expansion il y a sûrement bien moins de vrai Silence que de bruits sans écho…

(188)On se préparera d’autant mieux et d’autant plus efficacement pour la dispersion qui vient qu’on réalisera en nous, pour nous et tout autour de nous l’Alliance de l’Ouverture et du retrait

(189)Les Chefs d’œuvre du Grand Art nous sont d’autant plus précieux que leurs feux continueront encore longtemps de briller au Ciel d’un irréversible Crépuscule…

(190)Du Néant qui ne se donne ni ne se refuse rien n’est à craindre, pas même le rien!

(191)Car c’est très probablement par la Seule et silencieuse lecture qu’il nous arrivera encore de satisfaire au mieux et avec un minimum d’effort à une très insatiable, très jalouse et très contagieuse demande de compréhension.

(192)La très Originaire, très imprévisible et très capricieuse Contingence du plus Grand et du plus Généreux des Hasards reste et restera jusqu’au bout le Seul et insaisissable Horizon de notre Commune et assurément très excitante Solitude!

(193)L’écriture, s’enroulant indéfiniment autour de ses propres traces ouvre déjà pour nous la perspective de ses prochaines métamorphoses…

(194)La conservation, la préservation et la transmission des Chefs d’œuvres du Grand Art ne cessent d’offrir à notre sagacité la possibilité de toujours nouvelles, toujours très éphémères et toujours aussi acrobatiques victoires de l’interprétation sur l’inévitable fugacité de l’expression!

(195)Tandis que l’inconcevable du Néant persévère comme Néant de sa propre pensée la Chance du Grand et Généreux Hasard continue d’être tout autant la Chance de la pensée que la pensée de sa propre Chance.

(196)Face aux développement toujours plus affirmé et pressant de la mondialisation médiatique, publicitaire et commerciale notre incorrigible et insatiable désir d’expression, de compréhension et de reconnaissance est comme pris dans le tourbillon d’un irrésistible et formidable vertige.

(197)La folle générosité de l’écrivain ne s’accomplit jamais mieux que lorsqu’elle réussit à ouvrir de nouvelles perspectives, lignes de fuite ou lignes de Chances vers un Horizon partagé d’innombrables et définitives lectures possibles…

(198)Ne s’agit-il pas de s’opposer sans tarder et avec toute la conviction nécessaire à la perspective totalement déprimante d’une anesthésie générale, aussi complète que totalement et définitivement irréversible?

(199)Ce qu’il y a d’effrayant dans le fait de nous imaginer à la merci d’un Dieu tout puissant et aux desseins impénétrables n’est-ce pas surtout le caractère imprévisible et redoutablement capricieux de notre propre imagination?

(200)Le temps qui nous traverse, nous emporte et déjà nous disperse est d’un sable bien trop fin pour que, voulant à tout prix le retenir, il suffise de fermer les poings!

(201)L’Éternelle, Omniprésente et généreuse indifférence du Grand Vide n’est rien sinon le Comble de l’Accueil

(202)Nous ne nous approchons pas plus d’une Ultime et irréversible Conclusion que nous nous éloignons d’un insaisissable et définitif premier Commencement