LAMPES DE POCHE

(203)Car c’est assurément comme inépuisable réserve d’imprévisibles Surprises que, toujours et partout dans l’Espace et le Temps se déplie pour nous l’interminable, énergique et Capricieuse Danse du plus Grand et du plus Généreux des Hasards …

(204)Continuant à lutter vaillamment contre de top nombreuses superstitions et autres préjugés la science, ayant déjà remporté nombre de victoires semble pourtant devoir inévitablement engendrer ses prêtres et ses dévots, ses tartuffes et ses inquisiteurs!

(205)Et Dieu merci le Hasard, au moment Crucial, eut la main qui tremblait.

(206)Pouvons-nous toujours distinguer entre cette interminable et zigzagante chasse au bonheur dont tout porte à croire que nous la poursuivrons jusqu’à notre dernier souffle et tout ce que nous tentons avec plus ou moins de succès et toujours avec la même obstination pour échapper à d’inévitables et parfois redoutables voire catastrophiques coups du sort!

(207)L’insaisissable Omniprésence d’un Vide aussi infiniment accueillant qu’éternellement indifférent aura bien été l’Une des rares conditions véritablement nécessaires pour que puisse surgir, dans un Espace-Temps à la mesure de ses indispensables métamorphoses, l’inépuisable Danse du plus Grand et du plus Généreux des Hasards!

(208)Un Dieu bon et généreux ne pourrait que garder le Silence car, de tout ce qu’il pourrait avoir à leur dire les hommes finiraient immanquablement par tirer les plus fâcheuses conséquences…

(209)Ce n’est assurément qu’à un infime tremblement du Hasard que nous devons notre irréductible part de Chance.

(210)Le prolongement de plus en plus assisté, médicalisé d’une vieillesse de plus en plus affaiblie et déprimés constitue pour l’Humanité une perspective dont on peut affirmer sans grand risque de se tromper qu’elle est d’ors et déjà promise à un brillant avenir…

(211)Pourrions-nous être tout à fait nous-mêmes autrement qu’à l’affût d’une vérité qui ne nous nargue et ne nous fait signe que pour mieux nous attirer, nous entraîner et nous projeter vers l’horizon de ses propres métamorphoses…

(212)Pour espérer saisir un jour la véritable et authentique valeur du Grand et Généreux Hasard il nous faudrait d’abord savoir contrôler un tant soi peu en nous un irrépressible besoin d’être entendu et compris, définitivement rassuré et consolé!

(213)Quelles que soient les circonstances exactes de leurs différentes mises en oeuvre les accents circonflexes ne manquent jamais d’introduire jusque dans les recoins les plus reculés de notre labyrinthe d’écriture à Ciel Ouvert un indispensable et malicieux petit air de fête.

(214)Car c’est bien comme constante actualisation de lui-même que le Grand et Généreux Hasard est tout autant à l’Origine d’une implacable, victorieuse et Sombre Nécessité qu’à Celle d’un imprévisible et toujours très spectaculaire renouvellement de ses propres apparences

(215)Seul celui qui parvient à faire en lui une place au Vrai et Grand Silence pourrait assurément en reconnaître l’indicible valeur mais nos voix intérieures sont bien souvent plus insistantes, plus bruyantes et plus bavardes que les plus bavards de nos interlocuteurs!

(216)Cette poursuite obstinée d’une Vérité qui ne cesse de nous échapper ne serait-elle pas et avant tout conditionnée par un irrépressible désir de revanche et de gloire tout de même que notre exigence quasi compulsive de justice le serait par le souvenir encore à vif de très anciennes et très blessantes humiliations?

(217)C’est toujours à la Source du Grand et Généreux Hasard qu’il faudrait pouvoir puiser l’Énergie de nos grandes comme de nos plus violentes indignations!

(218)Car c’est au nom d’une Curiosité aussi généreuse qu’enthousiaste que nous écartons d’emblée et pour toujours la déprimante hypothèse d’Un Éternel Retour…

(219)L’imprévisible, énergique et Capricieuse Générosité du plus Grand des Hasards ne nous offrira jamais rien de plus enthousiasmant ou de plus enivrant que la folle perspective d’un interminable et vertigineux renouvellement de ses propres apparences

(220)En supprimant toute douleur, des plus insupportables jusqu’à celles qui viennent mourir en s’effaçant à deux doigts du plaisir ne risque-t-on pas de tarir la source de nos plus spectaculaires comme de nos plus improbables acrobaties mentales ou spirituelles?

(221)Dans la mesure où l’espace encore disponible se voit toujours plus encombré d’un nombre croissant de marchandises ainsi que d’une quantité toujours plus grande de résidus ou déchets il va nous falloir apprendre à circuler toujours plus subtilement ou plus astucieusement et cela jusqu’à ne plus pouvoir bouger que dans noter seule tête…

(222)C’est tout autant pour ses colères, ses angoisses ou ses chagrins que pour son inépuisable capacité d’étonnement et d’émerveillement qu’il nous faut préserver l’enfant qui, en nous, continue ses jeux intrépides, turbulents et capricieux!

(223)Pourrait-il y avoir une entrée plus excitante dans la possibilité du bonheur qu’une acceptation joyeuse, immédiate et sans réserve du plus Grand, du plus Généreux et du plus Capricieux des Hasards?

(224)L’extension indéfinie et généralisée du capitalisme marchand, répondant avec empressement à la quête universelle d’un bonheur domestique et domestiqué ne peut qu’entrainer une angoissante prolifération de petites boites bon marché, plus ou moins habitables et toutes parfaitement interchangeables…

(225)C’est en cherchant à gagner à tout prix du temps qu’on finira par le perdre; c’est en acceptant de la perdre qu’on conservera toutes nos chances d’en gagner plus qu’il n’en faut et souvent sans même s’en rendre compte

(226)S’efforçant de saisir en lui l’Ouverture sur un inépuisable Au-delà de tous les Horizons possibles ou impossibles l’esprit, toujours aussi imprévisible et capricieux n’y parvient jamais mieux qu’en s’oubliant lui-même, s’élançant aussitôt dans de nouvelles et surprenantes cabrioles, pirouettes et autres improbables acrobaties!

(227)Quel Autre du Grand et Généreux Hasard sinon ce Grand Vide qui, toujours et partout et toujours avec la même heureuse Indifférence ne cesse d’en accueillir toutes les imprévisibles métamorphoses?

(228)Quoi qu’elle puisse tenter pour prendre de la hauteur, voire atteindre au Firmament notre laborieuse pensée ne saurait rompre totalement les liens qui, depuis le tout début et jusqu’à une ultime et féconde dispersion l’auront attachée à un inextricable et très labyrinthique réseau de neurones enchevêtrés…

(229)L’Originaire, Capricieuse et très énergique Puissance créatrice du plus Grand et du plus Généreux des Hasards a été, est et restera jusqu’au bout la Seule et inépuisable Réserve de tous les Horizons possible ou impossibles…

(230)Car c’est bien dans l’Idée même d’absence d’idée que la conscience pourrait bien finir par se laisser engloutir et non sans en éprouver alors l’indicible frisson d’une toute dernière jouissance