LAMPES DE POCHE

(1032) – Une distribution régulière et de quelques majuscules choisies est une pratique préventive qui a fait ses preuves et reste très efficace face à cet incroyable et joyeux gaspillage de lettres, de signes et de mots qui menace constamment de nous étouffer!

(1033) – Quels que puissent être nos excès de sérieux ou bien, au contraire, de folle fantaisie nous ne nous exprimerons jamais mieux ni avec plus de conviction que suspendus au-dessus d’un Vide aussi infiniment accueillant qu’éternellement Indifférent

(1034) – L’Originaire et très léger tremblement du plus Grand et du plus Généreux des Hasards continue de faire la Différence: une Différence infiniment diversifiée, infiniment fragmentée, infiniment dispersée ou disséminée…

(1035) – Quoiqu’il en soit des carrefours, croisements et autres bifurcations qui nous attendent nous continuerons à interroger nos propres limites, à les tester, à les éprouver pour finir immanquablement par les confondre avec les interminables parois de notre indispensable et double labyrinthe à Ciel Ouvert et à Claire voie!

(1036) – Toute apparition, aussi lumineuse et prometteuse puisse-t-elle paraître peut tout aussi bien et tout aussi naturellement être vue comme le négatif ou l’envers d’une disparition concomitante

(1037) – Le nœud qui nous serre et nous enserre et grâce auquel nous nous voyons comme suspendu au-dessus d’un Vide aussi infiniment accueillant qu’éternellement indifférent doit être réglé avec art et de telle sorte que l’énergie qui le traverse puisse le faire le plus librement possible et toujours avec un maximum de fluidité…

(1038) – Peut-on sérieusement envisager de franchir dans un sens ou dans l’autre et toujours avec grâce et légèreté la frontière séparant notre labyrinthe intérieur de notre labyrinthe extérieur autrement qu’en caracolant, sautant et virevoltant autour des mots, entre les mots et jusqu’au cœur de chacun d’entre eux?

(1039) – Face aux incessantes tentatives de manipulation de notre temporalité intérieure la plus secrète l’art de perdre son temps le plus agréablement et le plus souvent que possible constitue dors et déjà une remarquable technique de résistance et de contre-attaque!

(1040) – La science, étendant méthodiquement son territoire, l’examinant et le mesurant avec toujours plus de précision repousse constamment cette frontière au-delà de laquelle continuerons de s’échapper, se bousculant et se chevauchant d’indispensables lignes de fuite

(1041) – Car c’est bien sur l’impossible représentation d’une interminable Conclusion que n’aura cessé de rebondir l’inspiration de tant d’inimitables et spirituelles acrobaties!

(1042) – Les perpétuelles oscillations ou variations de nos humeurs ne sont ni plus ni moins nécessaires ou prévisibles que celle d’une barque légère livrée sans défense aux sempiternels entêtements du ressac comme aux incessants caprices du vent…

(1043) – Mais pourquoi la Nuit qui enveloppe nos jours serait-elle plus noire, plus profonde ou plus inquiétante que celle qui ne manque jamais d’accueillir nos rêves les plus inattendus, les plus fous comme les plus scabreux?

(1044) – L’injustifiable et très énergique Générosité du plus Grand et du plus Généreux des Hasards n’est-elle pas toute entière déjà logée dans l’excès d’un Don qui, jusqu’à preuve du contraire, semble n’avoir cessé de tout emporter jusqu’Au-delà des possibles de l’Horizon…

(1045) – La vraie, Ultime et bienveillante Sagesse ne se révélera jamais mieux ou avec plus d’authenticité que surmontée et même couronnée d’un irréductible Silence

(1046) – Impossible vraiment de détailler par le menu tous les coins et recoins du Paysage sans Nom!

(1047) – Nous n’inventerons jamais qu’en croisant et recroisant d’innombrables perspectives ne cessant d’échapper vers tous les possibles de l’Horizon.

(1048) – Soyons sûrs que le premier débordement contenait déjà tous nos rires et même les plus fous comme toutes nos larmes et surtout les plus amères.

(1049) – La vérité ne blesse jamais plus sûrement et douloureusement qu’en frappant directement au cœur d’une très sombre et très aveuglante méchanceté de galérien!

(1050) – L’attraction amoureuse ne fait-elle pas de chacun d’entre nous un amateur éclairé et parfois même un collectionneur compulsif de toutes ces séduisantes illusions qui, de jour comme de nuit viennent rehausser les parois de notre indispensable et double labyrinthe à Ciel Ouvert et à Claire-Voie?

(1051) – Prolongés suffisamment longtemps ou suffisamment loin les points de suspension pourraient bien finir par nous mener au Seuil de l’imprononçable Question…

(1052) – Nous obstinerons-nous encore longtemps à poursuivre jusque dans les moindres recoins de notre indispensable et double labyrinthe les signes avant-coureurs d’une Joie qui, pourtant, ne nous prendra jamais que par surprise?

(1053) – Pas d’Oeuvre digne de ce Nom qui ne s’achève au Cœur d’un inachèvement longuement prémédité