LAMPES DE POCHE

(1322)Car c’est du plus haut des plus impressionnants monuments de la pensée que l’Esprit, toujours aussi imprévisible et capricieux, faisant soudain face à un Vide aussi attirant qu’éternellement indifférent, peut désormais s’élancer pour nous offrir un véritable feu d’artifice d’improbables et stupéfiantes acrobaties

(1323)L’heureuse imprévisibilité du plus Grand, du plus énergique et du plus Généreux des Hasards n’aura donc cessé de donner au Monde qui nous entoure, nous enchante et nous emporte le Sourire énigmatique et changeant d’une Seule, Originaire et capricieuse Contingence aux multiples visages…

(1324)Le nœud qui nous serre et nous enserre, ne cessant de passer et de repasser d’une dimension à l’autre de notre indispensable et double labyrinthe à Ciel Ouvert et à Claire Voie ne nous en entraîne que plus sûrement à travers l’interminable succession de ses improbables et toujours très prometteuses bifurcations!

(1325)Une omniprésente communication, rendue constamment possible grâce à un réseau de plus en plus serré de bornes ou de relais engendre dors et déjà une véritable cacophonie verbale et mentale composée d’un indéchiffrable mélange de problèmes ou de questions mal posées et de réponses ou de solutions impossibles à identifier clairement

(1326)Chacun des irremplaçables Chefs-d’oeuvres du Grand Art, si tôt connu et reconnu, rassemblant tout l’Horizon à l’intérieur de son propre cadre nous offre une occasion Unique d’y tracer nous-mêmes la perspective multiple et foisonnante de nos propres égarements…

(1327)L’Omniprésente Présence d’un Vide aussi éternellement accueillant qu’infiniment indifférent est une Nécessité sans nécessité, une incommensurable Chance offerte au-delà de toutes celles que ne cesse de nous réserver l’2nergique et très inconséquente Générosité du plus Grand des Hasards!

(1328)D’impertinentes étoiles continuent de jeter leurs derniers feux là où la Nuit ne nous devancera jamais que pour mieux nous attirer, nous envoûter et finir par nous absorber sans laisser le moindre indice

(1329)N’y aurait-il donc d’équilibre possible, d’équilibre concevable qu’entraîné dans l’inexorable et vertigineux passage d’un déséquilibre à l’autre?

(1330)Face à l’irréversible, face à l’inéluctable de l’écoulement du Temps ne pourrait-on, plongeant dans l’immédiateté de son passage en nous, saisir ne serait-ce que le temps d’un éclair l’Eternelle Présence d’une indispensable et souveraine Vacuité?

(1331)L’Ultime Générosité de l’écriture ne serait-elle pas toute toute entière déjà logée dans la silencieuse et labyrinthique promesse de son effacement prochain?

(1332)Pourquoi vouloir s’approcher toujours plus près de l’Ultime et bienveillante Sagesse si ce n’est dans l’espoir fou d’échanger un peu d’une ancienne et vénérable mélancolie contre l’étonnement d’un tout premier matin?

(1333)Que l’énergique et folle Générosité du plus Grand, du plus Dansant et du plus inconséquent des Hasards ne cesse d’élargir pour nous, en nous et tout autour de nous les improbables limites d’un Univers aux innombrables expansions!

(1334)Une Seule, Unique et indispensable Nuit aura donc suffi pour rassembler en nous et tout autour de nous l’écho de tant de lumières éparpillées…

(1335)Aimons sans retenue, chérissons même sans fausse modestie notre incomparable bêtise et faisons lui sans tarder une place à part, une place de choix aussi éloignée que possible des infâmes manigances d’une très sombre, très intime et très coriace méchanceté!

(1336)Gageons que notre conviction apparemment la mieux ancrée pourrait bien nous apparaître un jour comme la conséquence involontaire et somme toute assez inattendue d’une très improbable suite d’invraisemblables coups de bluff!

(1337)Certaines lectures, et non des moindres, ne nous mettent-elles pas progressivement et même à notre insu dans la peau d’un enquêteur découvrant peu à peu les indices d’un crime dont il aurait été le principal témoin à défaut d’en avoir été le véritable auteur?

(1338)Chacune des perspectives successives généreusement Offertes à mesure de notre progression au cœur de l’indispensable et double labyrinthe à Ciel-Ouvert et à Claire-Voie répercute en nous l’irrésistible Appel d’un très prometteur et très imprévisible Au-delà de tous les possibles de l’Horizon

(1339)Au Seul, irrépressible et incontrôlable Fou-rire de nous emporter d’un seul coup d’un seul bien au-delà de nos interminables tremblements, indispensables craintes ou incoercibles angoisses…

(1340)Énergique Hasard est bien le Nom qu’il faut donner à ce formidable débordement qui ne nous aura donc soulevé, secoué et emporté que pour mieux nous consumer et nous disperser aux quatre coins d’un Univers aux formidables expansions!

(1341)Et chaque frontière d’être un nouveau masque pour une ribambelle d’insaisissables et foisonnantes limites

(1342)Comment ne pas vouloir, ne pas espérer que l’Ultime et insaisissable Vérité ne finisse par céder aux avances de ceux qui ne reculent ni devant la rapine, ni devant le coup de main?