(50)Dieu merci il sera toujours possible de voir l’Univers comme une immense enveloppe Vide sur laquelle nul n’aurait jamais écrit la moindre adresse!
(49)S’efforçant de devenir toujours plus lucide, plus aiguë ou plus tranchante la conscience ne risque-t-elle pas d’en devenir également plus aigre ou plus toxique, plus sournoise ou dissimulatrice?
(51)Ce n’est jamais sans éprouver le frisson d’une insupportable et douce appréhension que nous évoquons l’énergique, et très imprévisible Inconséquence du plus Grand et du plus Généreux des Hasards!
(50bis)C’est seulement après avoir suffisamment tenté de penser l’impensable que la pensée, ne cessant se heurter à elle-même, finit par se couper elle-même l’herbe sous les pieds!
(52)La résonance poétique de chacun des mots pris dans l’ensemble des langues dites naturelles, résonance qui, selon les circonstances, peut nous attirer au point de nous hypnotiser, est une aura changeante, toute intérieure et secrète
(53)L’Intuition de l’Infini n’entraîne-t-elle pas celle, Vertigineuse et sensuelle, d’un perpétuel décentrement?
(54)L’écriture est bien cette coquille suffisamment dure et résistante que l’esprit secrète inlassablement autour de lui pour s’y réfugier ou s’y cacher; elle est aussi la trace qui, toujours à nouveau, lui permet d’habiter son propre labyrinthe…

(56)L’Art exprime l’indiscutable sérieux de la vie tout en jouant le plus librement possible avec l’expression de ce même sérieux et c’est justement pour ce jeu et pour cette fantaisie que nous prenons l’Art au sérieux!
(55)La puissance créatrice de notre faculté d’illusion est telle que, grâce à elle, il arrive que la pire des souffrances devienne, comme par magie, la promesse d’un incommensurable bonheur
(57)L’Angoisse ne viendrait-elle pas surtout de sentir à quel point l’implacable Nécessité qui nous entoure et nous assiège, nous habite et nous emporte, reste elle-même suspendue aux moindre souffles d’une très imprévisible et très inconséquente Contingence aux multiples Visages…
(58)Le Chef d’œuvre de l’Inachèvement reste et restera jusqu’au bout cet Impossible dont nous n’aurons cessé de poursuivre, en tous sens et sous tous les Horizons, la stimulante illusion!
(59)Puisqu’il est sûr maintenant que la course au bonheur ne saurait s’achever alors pourquoi ne pas tenter de la ralentir ou même de l’interrompre: ne serait-ce que pour un court moment, ne serait-ce que pour le soulagement de pouvoir enfin reprendre son souffle
(60)Une irrésistible attraction ne cesse d’habiter le cœur en expansion d’un Univers qui ne nous entoure, ne nous habite et ne nous entraîne que pour mieux nous projeter vers un avenir d’interminables, imprévisibles et toujours très spectaculaires métamorphoses!
(61)N’importe quelle lecture de n’importe quel texte, à haute et intelligible voix ou bien, au contraire, toute silencieuse et intériorisée libère une parole qui, comme par miracle, semble ressusciter de son cadre embaumé.
(62)Chacune de ces soudaine et fugitives intuitions d’un infini qui excéderait toute limite concevables est bien, et à chaque fois, un nouvel, irremplaçable et authentique don de Soi du Plus Grand et du plus Généreux des Hasards se manifestant soudain en nous comme Ouverture sur l’Au-delà de tous les possibles
(63)Pour concevoir n’importe quelle Vérité comme éternelle il faut et il suffit de vider progressivement son signe de tout contenu significatif possible de telle sorte qu’à la fin ce Vide devienne pour nous le symbole même de l’Éternité
(64)De la plus insignifiante ou de la plus absurde des questions l’esprit pourra toujours tirer l’impulsion d’une improbable et très déroutante suite de sauts, pirouettes, cabrioles et autres subtiles métamorphoses…
(65)Quels que soient les efforts qu’on pourrait entreprendre pour lui donner une signification un tant soit peu positive ou tangible c’est l’idée même du Vide qui, immédiatement et à chaque fois, ne manquerait pas de rendre ces efforts totalement insensés, absurdes et vains.
(66)Car c’est bien un Même, Unique et Seul grand Amour dont les insatiables et chatoyantes illusions nous entraînent tantôt vers d’incomparables moments de bonheur et tantôt vers d’insupportables angoisses!
(67)L’Humanité, désirant inévitablement s’approprier ce dont elle espère obtenir l’oubli de trop nombreuses craintes, craignons surtout d’avoir à en prédire l’inéluctable renforcement d’une très contagieuse et très étourdissante consommation de ces innombrables stimulants, drogues et autres stupéfiants tous très opportunément et complaisamment mis en circulation sur un marché remarquablement florissant.
(68)Ce ne sont pas seulement les multiples nuances ou variations de la signifiance poétique de chacun des mots entendus ou prononcés qu’il faudrait à chaque fois pouvoir identifier, saisir et apprécier mais encore l’ensemble des résonances que celles-ci ne manquent jamais de provoquer sous les voûtes d’une immense, très secrète et très intime cathédrale intérieure.
(69)N’est-ce pas faute d’avoir appris notre langue dite maternelle comme on aurait pu le faire d’une langue étrangère que nous n’en pourrons jamais vraiment goûter toutes les indicibles harmonies, toutes les indicibles saveurs?
(70)Nos plantes de pieds sont incontestablement un autre et double visage, un autre et double visage muet mais beaucoup plus sensible et sincère, un autre et double visage trop souvent caché, humilié et même piétiné!
(71)L’heureuse intuition de l’Infini est l’intarissable Source à laquelle l’esprit, toujours aussi acrobatique, imprévisible et capricieux, continuera encore longtemps de puiser l’inspiration de ses innombrables sauts, cabrioles et autres improbables métamorphoses…
(72)L’incomparable et formidable Don de Soi du plus Grand et du plus Généreux des Hasards n’est rien sinon le fait constamment renouvelé que ce soit cet Univers ci qui ait lieu et non l’un ou l’autre de ceux qui auraient tout aussi bien pu avoir lieu et ceci sans autre justification qu’un Originaire, inconcevable et magnifique Caprice…
(73)Les sauts ou franchissements que l’esprit Seul est capable d’effectuer d’une langue vers l’une ou l’autre des innombrables autres langues naturelles ne se font jamais que d’un Seul bond!