(1466)A l’instant où un nombre inimaginable d’inconcevables possibles furent définitivement écartés un nombre non moins inimaginable de non moins inconcevables autres possibles furent choisis, mis en œuvres et leurs innombrables chances continuent et continueront encore longtemps d’être distribuées, sans réserve ni calcul
(1467)A ce nœud qui nous attache, nous serre et nous enserre, menaçant toujours à nouveau de nous étrangler il nous appartient de conserver tout le jeu nécessaire pour que la partie puisse continuer dans les meilleures conditions possibles: toujours aussi imprévisible, toujours pleine de surprises, rebondissements et autres retournements, toujours follement disputée au beau milieu d’un Vide aussi infiniment accueillant qu’éternellement indifférent
(1468)Il faut tout de même savoir offrir de temps à autre, quelques petites satisfactions à notre indispensable et fidèle méchanceté: ne serait-ce que pour lui éviter de sombrer tout-à-fait dans la mélancolie, ne serait-ce que pour lui éviter de finir en s’acharnant trop violemment contre elle-même!
(1469)La contingence qui ne cesse de nous entourer et de nous traverser, de nous habiter et de nous entraîner, emportant à sa suite une toujours aussi aveugle et aveuglante Nécessité est bien le Seul, véritable et inépuisable Don de l’Originaire, énergique et très inconséquente Générosité du plus Grand des Hasards
(1470)Quelle part du feu qui ne soit déjà notre part de Chance?
(1471)Les formes logiques ou mathématiques, si désincarnées, pures et parfaites qu’on puisse les concevoir ne représente au fond que la structure tantôt profondément dissimulée et tantôt à peine voilée d’une implacable Nécessité qui, bien qu’extraordinairement efficace n’en reste pas moins entièrement prise, ballottée et emportée dans l’incessante et tourbillonnante actualisation d’une inépuisable et Généreuse Contingence aux multiples visages…
(1472)Bien que nous ne puissions tenir compte avec exactitude et en temps réel du changement constant d’innombrables circonstances tant intérieures qu’extérieures ne pouvons-nous pas tout de même et à tout moment échanger un peu de ce qui nous attache, nous entrave et nous pèse contre ce qui , déjà, nous porte et nous emporte au-delà de tous les possibles de l’Horizon?
(1473)L’inépuisable Générosité du plus Grand et du plus inconséquent des Hasards, toujours à nouveau rassemblée et concentrée puis de nouveau fragmentée et dispersée ne cesse de nous livrer déjà vivants, encore vivants, tournant et tournoyants, à l’insondable de ses propres métamorphoses…
(1474)Les nombreux raffinements érotiques si astucieusement conçus, mis en oeuvre puis transmis et perfectionnés par l’Homme lui ont ouvert nombre de perspectives sur les échanges possibles d’un corps trop pesant mais souple avec un esprit qui, toujours aussi imprévisible et capricieux, ne cesse de l’habiter et de le traverser pour mieux s’en évader

(1475)Au Seul esprit du Jeu de savoir pratiquer avec brio l’art subtil et décisif de reculer à temps pour mieux sauter et cela toujours au-dessus d’un Vide aussi infiniment accueillant qu’éternellement indifférent
(1476)L’inépuisable et très insondable Générosité du plus Grand des Hasards n’ayant à l’Origine pas d’autre forme prendre que celle d’un interminable et joyeux Jaillissement n’en a pas moins immédiatement constitué la Seule, imprévisible et très irremplaçable Source de toute forme comme de toute mise en forme
(1477)Car c’est assurément dans les innombrables failles, fissures et autres minuscules interstices que présentent les parois de notre imprévisible et double labyrinthe à Ciel-Ouvert et à Claire-Voie que se seront toujours déjà tenus les germes de nos futurs écarts, retournements et autres pirouettes mentales ou spirituelles!
(1478)L’Originaire, inconséquente et très irréversible Générosité du plus Grand des Hasards continuera encore longtemps d’exécuter pour nous, en nous et tout autour de nous cette inépuisable et formidable Danse qui, toujours déjà riche des imprévisibles des imprévisibles et joyeuses surprises de l’Avenir tout autant que de celles, non moins imprévisible et tout aussi joyeuses d’un insondable et vertigineux passé, n’aura donc cessé de nous époustoufler!
(1479)Pour continuer à nous élever et dans les meilleures conditions possibles au-dessus de nous-mêmes vers un Ciel toujours aussi lointain n’est-il pas indispensable de pousser toujours à nouveau un peu plus loin nos racines en direction d’un improbable fond?
(1480)Dans le contexte d’une crise avérée de l’Église, de ses rites et de ses pompes la technocratie médicale a tout de même réussi à mettre au point et à rendre accessible au plus grand nombre ce qu’on peut parfois considérer comme un véritable calvaire médicalement assisté…
(1481)La Seule et Unique transcendance du plus Grand et du plus Généreux des Hasards est donc toujours déjà venu se loger en nous et en notre esprit mais ceci sans jamais oublier de repartir aussitôt aussitôt et à chaque instant vers un inépuisable et très imprévisible au-delà de tous les possibles de l’Horizon
(1482)Car c’est bien en s’attardant dans les moindres recoins ou impasses de notre indispensable et double labyrinthe à Ciel-Ouvert et à Claire-Voie qu’on finit par y entendre résonner l’écho d’un Appel qui n’aura donc cessé de nous être adressé d’un Seul et même au-delà de tous les possibles de l’Horizon
(1483)L’illumination qu’on dira volontiers négative n’éclaire jamais rien mieux ni plus complètement que ce Seul Grand Vide sans lequel nulle Danse, fut-elle du plus Grand et du plus Généreux des Hasards, n’aurait pu voir le Jour
(1484)Il existe un art particulièrement subtil et précieux d’entretenir l’illusion qui est une façon fort excitante et quelque peu frivole de continuer la partie, cultivant le Doute et côtoyant le Vide