(1601)Nul ne saurait progresser avec plus de grâce en direction de ses propres métamorphoses que celui qui se distingue déjà par une maitrise aussi assurée qu’innovante de l’art ancien du pas de deux, du pas de côté ou du pas de travers!
(1602)Elle-même solidement fixée et depuis toujours aux ailes d’une Omniprésente et très inconséquente Contingence aux multiples visages l’aveugle et aveuglante Nécessité qui nous entoure, nous habite et nous et nous emporte pourrait-elle éviter de se voir elle-même emportée, secouée et ballottée jusqu’aux Ultimes confins d’un Univers aux innombrables expansions?
(1603)Aussi aisé que puisse se présenter l’accès à l’une ou à l’autre des innombrables galeries de notre indispensable et double labyrinthe à Ciel-Ouvert et à Claire-Voie il ne nous sera jamais possible de déterminer à l’avance et avec certitude qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle impasse ou d’un nouveau cul-de-sac!
(1604)L’écriture étant assurément une arme à double tranchant il convient d’être particulièrement vigilant chaque fois qu’on en aiguisera la lame!
(1605)L’impossible de la pure Présence Seul pour accueillir l’Ombre qui éclaire dans la Seule lumière de l’Obscurité qui vient
(1606)Il arrive que la Joie soit une si soudaine et si intense concentration de l’insaisissable Bonheur qu’elle ne peut alors éviter de disparaître au plus vite et sans laisser le moindre indice, la moindre trace
(1607)Les seule certitudes possibles méritant d’être traitées avec tous les égards dus à leur rang sont avant tout celles qui se montrent déjà prêtes à se voir périodiquement renversées ou retournées, violemment écartées voire carrément piétinées!
(1608)L’heureuse illusion du libre-arbitre est une ressource particulièrement bienvenue pour qui s’apprête à jouer, à ruser, à tricher même face aux inquiétants soubresauts d’un énigmatique et implacable destin.

(1609)L’immense et vorace Univers hésitera-t-il ne serait-ce qu’une infinitésimale fraction de seconde avant d’engloutir d’un coup et pour toujours une humanité tout à coup absorbée et comme anéantie dans un formidable ballet d’innombrables et tournoyantes galaxies?
(1610)L’impitoyable et fidèle méchanceté qui nous habite et que nous nous efforçons chaque jour de contrôler ou tout au moins de neutraliser n’aura donc jamais rien tenté sans arrières-pensées, sombres calculs et autres funestes préméditations…
(1611)L’inspiration de nos plus folles acrobaties mentales ou spirituelles ne proviendrait-elle pas de cette première et très tenace conviction que le Sol pourrait bien un jour, subitement, sans crier gare, se dérober sous l’énergique impulsion d’un Ultime et indispensable pied d’Appel?
(1612)Il ne faut croire ni qu’il soit possible de fuir en se débarrassant de son propre destin, ni, et alors quel que soit le courage dont on pense pouvoir faire preuve, qu’on pourrait lui résister en lui faisant face: Seule compte notre capacité à jouer avec les vents et les courants et ceci quelles que soient leurs forces ou leurs direction…
(1613)Car c’est de bien au-delà des interminables parois de notre indispensable et double labyrinthe à Ciel-Ouvert et à Claire-Voie que continuerons encore longtemps de nous parvenir les échos de nos sempiternelles hésitations…
(1614)Aucun mot fut-il le mieux choisi, ne peut masquer durablement l’insaisissable Présence de ce Grand et Généreux Silence qui, quoi qu’on en pense, quoi qu’on en dise, pourrait bien n’être que l’impossible préfiguration d’un impossible Néant
(1615)De l’inachèvement qui vient s’agirait-il donc d’en faire le tour?
(1616)Le Tout premier lancé de dés aura bien été et depuis le Tout début la Seule, irremplaçable et Unique Source de tous ne coups de tête, coups de force et autres coups de Chance!
(1617)Voués au multiple nous n’en conservons pas moins le goût de l’Un, assujettis à l’Un nous n’en chérissons pas moins les perspectives du multiple…
(1618)Les porteurs de Questions sont-ils généralement là lorsqu’il s’agit de trier ou classer toutes ces invraisemblables réponses dont ils ne manquent jamais de provoquer l’incontrôlable et cacophonique prolifération?
(1619)Quand la question se fait trop pressante il est toujours tentant de se précipiter vers toutes sortes d’accoutrements, masques ou déguisements dans l’espoir fou de se tirer rapidement d’affaire!
(1620)A l’égard de cette insistante et parfois très stupéfiante bêtise qui semble ne pas vouloir nous lâcher pourrions-nous ne pas finir par éprouver une sorte de fascination doublée d’une attirance aussi irrésistible qu’indiscutablement agaçante?
(1621)Quand on n’a plus rien à dire alors c’est sur ce rien qu’il faut s’appuyer et en toute confiance!